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Message du prieur

  • Lettre de notre prieur du 20 mars 2019

    Confidences...

    Aujourd'hui, je souhaite vous partager plusieurs « confidences »...

    Je lirai l'ouvrage de Frédéric Martel, « Sodoma », dans six mois...!!!
    Pourquoi?
    Car, je suis fatigué par « ce flot de pus ».

    2019-03-20-ruisseau.jpgJe désire, sans être dans le déni, retrouver un peu d'air pur, boire à la source vive.
    J'ai soif de l'Évangile. L'Évangile, qui, comme une source, chante la sobriété de la vie, le partage, la fraternité, la paix, la bonté, la réconciliation, le don sans retour..., l'horizon éternel...

    Ma lecture de Carême est « La sagesse d'un pauvre » du frère franciscain Eloi Leclerc. Depuis mes 14 ans, je lis ce livre chaque année!
    Il conte une étape fondatrice dans la vie de saint François d'Assise. Plongé dans ses ténèbres intérieures, face à de nombreuses difficultés fraternelles, François devient disponible pour le grand voyage. Celui qui consiste à passer des ténèbres à la lumière. Il se laisse dépouiller et entre ainsi dans la densité, dans la légèreté de son être. Il devient l'homme fraternel que la création désire...

    D'autre part, je suis aussi fatigué de lire des commentaires de commentaires!
    J'attends des actes.
    Depuis longtemps déjà, je sais que des personnes homosensibles ont parfois de grandes responsabilités dans l'Église. Je reçois de nombreuses confidences de religieuses, de religieux, de pasteurs, de diacres, de prêtres, d'évêques...
    A quoi bon savoir tout cela si je ne fais rien ?
    Ces personnes sont, pour la plupart, de belles servantes, de beaux serviteurs de l'Évangile.
    Ces personnes sont, pour certaines, murées dans la peur, dans la culpabilité. Elles vivent parfois une double, une triple vie ! Elles sont parfois séropositives au VIH. Elles tiennent parfois un double, un triple discours...
    A ma modeste place, je m'engage à prier pour ces sœurs, ces frères.
    Prier pour, c'est, me semble-t-il, recevoir, peu à peu, le Regard de Jésus sur tous les êtres.
    La prière est une rencontre qui transfigure.
    Il me semble arrivé le temps où, dans nos communautés, il nous faut prier pour les prêtres... homosensibles, voir même pour ceux qui se posent des questions sur leur identité de genre.
    « Rien n'est plus responsable que de prier », disait souvent Frère Roger de Taizé.

    A ma modeste place, j'essaye d'offrir aussi une qualité d'écoute.
    Que d'heures consacrées à tout simplement écouter !
    Il me semble arrivé le temps de promouvoir, de créer, dans nos communautés, des espaces d'écoute, de paroles, de non-jugement, de vrais dialogues.
    La prière, l'écoute, ça ne sert à rien ?!
    J'assume le fait de ne servir à rien!

    Dans « mon livre de Carême » cité plus haut, nous voyons aussi saint François d'Assise accueillir en son âme des entrailles maternelles, une bonté universelle.
    Ici, je me souviens d'un extrait de la chanson « Une mère » de Linda Lemay : « Une mère ça fait ce que ça peut, ça ne peut pas tout faire... Mais ça fait de son mieux ».

    2019-03-20-Jean-Michel.jpgDans l'Église de ce temps, je m'engage à faire de mon mieux...


    Jean-Michel +, frère prieur de la Communion Béthanie.

  • 5 mars 2019, début du Carême

    2019-03-05-Paysage-suisse.jpg

    Sœurs, frères, ami-es,

    Nous voici au seuil de ce Carême 2019.

    40 jours pour écouter notre intérieur...
    40 jours pour offrir une juste place à l'autre, l'autre qui me déplace toujours...
    40 jours pour redécouvrir l'émerveillement et l'étonnement devant la nature, du minuscule à l'infiniment grand...
    40 jours pour redécouvrir la joie libératrice de l'ascèse...

    Libre, je veux être libre pour goûter la liberté de Pâques!

    Nos sœurs religieuses, dominicaines de Béthanie, nous accompagneront cette année.
    Au fil des dimanches de ce temps, elles nous donneront d'entrer plus avant dans le charisme du bienheureux Père Lataste.
    Gratitude vers elles et action de grâce!

    Il y a quelques semaines, j'ai été touché par la violence multiforme :
    vol de mon portefeuille dans le métro à Paris, assassinat d’Alain, un de mes cousins, décès de Myriam, une ancienne élève, dans l'incendie criminel de la rue Erlangert (Paris 16ième).

    Alors que je partageais ce drame familial à mes proches, une amie de notre Communion Béthanie m'a écrit.
    Je me permets, avec son accord, de vous partager ces mots de Valérie.
    Je vous les offre pour la route de ce Carême 2019.
    Qu'ils vous portent comme ils me portent...!

    « La colère, laisse-là monter, laisse-là s'exprimer, ne la fait pas taire
    Hurle-là au ciel et le vent l'emportera.
    Hurle-là dans la forêt et les arbres l'emmèneront sous la terre.
    Écris-là sur des feuilles de papier et mets-y le feu ; les flammes la consumeront.
    Hurle-là sous la douche et l'eau t'en lavera.
    Alors, la place sera faite pour la compassion, pour le pardon.

    Si ces mots ne sont pas pour toi, peut-être sont-ils pour l'un de tes proches, durement touché par ce deuil.

    Devant la violence d'un tel geste, devant la violence de voir une vie ainsi arrachée sans qu'on puisse y mettre le moindre sens, comment ne pas perdre la boussole ?
    Tourbillon de violence
    Tourbillon de colère
    Tourbillon d'incompréhension.
    Puisse cette tempête te laisser désarmé, comme le doux agneau.
    Le cœur nu se laisse mieux caresser et réchauffer qu'un cœur sous armure et bouclier.

    Puisse la tendresse du Père vous prendre tous dans ses bras. »

    Avec Valérie, je nous souhaite un Carême fécond.
    Avec cet extrait d'une hymne de Didier Rimaud, je vous quitte sans vous quitter...!
    « ...ton printemps s'est réveillé dans mes sarments à bout de sève, pour que je sois cet étranger brûlant de Pâques. »

    Jean-Michel+, frère prieur de la Communion Béthanie

     

  • Message fraternel de notre prieur contre l’antisémitisme, le 16 février 2019

    Actes antisémites et incohérences dans l'Église catholique.

    « Recherche et poursuis la paix » Psaume 33

    2019-02-16-Magen-David.jpgIl m'arrive parfois la tentation de vouloir fuir dans un ermitage…!
    Ce matin, face à la haine contre nos sœurs, frères Juifs, face aux incohérences de mon Église catholique, j'ai éprouvé à nouveau cette tentation.

    Lorsque cela m'arrive je me replonge dans des textes fondateurs, qui à la fois, m'inspirent et me relancent dans mon service pastoral.

    Dans le silence, j'ai relu avec attention la déclaration du Concile Vatican II sur les relations de l'Église avec les religions non chrétiennes : Nostra Aetate.
    En m'inspirant de ce texte lumineux, je condamne les haines, les persécutions et les manifestations d'antisémitismes, qui, quels que soient leur époque et leurs auteurs ont été dirigées contre les Juifs.
    J'exprime à mes ami-es Juifs ma profonde et réelle proximité.

    Dans le silence, ces questions récurrentes sont aussi remontées : Pourquoi tant d'hypocrisie ?
    Pourquoi tant de condamnation de mon Église catholique en face de la vie intime, affective, sexuelle des personnes, en particulier des personnes homosensibles et transgenres ? Pourquoi tant de mépris là où devrait rayonner l'estime, la tendresse du Regard de Jésus ?
    Comme englué dans ce tourment intérieur, voici que me tombe sous les yeux une citation de Frère Roger de Taizé (un prophète pour l'Église de ce temps, me semble-t-il) :

    « Dans cette communion d'amour qu'est le corps du Christ, son Église, s'introduisent parfois des inconséquences. Elles font beaucoup souffrir. Alors allons-nous fuir ? Non, jamais ! Nous ne pouvons qu'accourir pour soutenir un renouveau dans le peuple de Dieu »

     

    2019-02-16-Jean-Michel.jpg

    Je ne fuirai pas. Non, jamais!
    Je laisserai l'Esprit-Saint faire du neuf en moi pour l'Église, pour le monde de ce temps.
    Avec les artisans de paix, je veux travailler à faire reculer la violence, la haine et le mépris.

    « Me voici, envoie-moi » Isaïe 6, 8
    Jean-Michel+, frère prieur de la Communion Béthanie

  • In memoriam - Dom Marcellin (ancien ministre général de l’Ordre des Chartreux ), le 2 janvier 2019

    2019-01-03-Dom-Marcelin.jpgDom Marcellin, moine chartreux, mon ami, mon frère, mon père est parti aujourd'hui sur son chemin d'éternité.
    Jamais je ne pourrai exprimer sur cette terre tout ce que j'ai reçu par lui, tout ce que notre Communion Béthanie a reçu de lui.

    Un moine, un simple et vrai moine.
    C'est tout ce que je peux murmurer de lui ce soir…

    Je me permets de vous confier ce qu'il m'avait un jour écrit et qui demeure intense lumière sur mon chemin :
    « Sois toujours un pauvre qui cherche les traces de l'Amour dans notre monde »

    A tout de suite en Dieu, mon ami, mon frère, mon père Marcellin.
    Jean-Michel+ frère prieur de la Communion Béthanie

  • Vœux 2019 : Pourquoi ?

    2019-01-01-Jean-Michel-180.jpgAu seuil de cette année nouvelle 2019, au risque de grandement vous surprendre, je souhaite, après avoir vécu une expérience singulière, vous partager une question qui me traverse de part en part.

    L'expérience singulière : un ami, prêtre âgé, décède il y a quelques mois. Je me retrouve pour prier près de son corps. C'est à peine si je le reconnais! Fond de teint sur le visage et sur les mains. Laque sur les cheveux… !

    La question qui me traverse de part en part : pourquoi maquiller la mort ? Et cette autre question qui lui est intimement liée : pourquoi maquiller la vie ?

    Pour-quoi ?

    Je nous souhaite de vivre sous le Regard de Dieu, tel que nous sommes.
    Je nous souhaite surtout d'accueillir le Regard de Dieu sur nous, de découvrir la douceur, la délicatesse, la patience... de Son Regard.
    Je nous souhaite de vivre et peut-être de prier ce vers de Jozsef Attila in -Tu m'as rendu enfant- :
    « Je t'aime beaucoup car tu m'as donné la possibilité de m'aimer moi-même ».
    Je nous souhaite, sans tomber dans le déballage impudique, de nous laisser voir par les autres, dans notre réalité toute simple.
    La vulnérabilité partagée est, me semble-t-il, le fondement de la fraternité véritable, de l'amitié profonde, de l'amour authentique.

    Et si en 2019,

    je quittais mon masque, mes masques -on respire si mal derrière un masque!-
    je refusais le maquillage excessif,
    je boycottais les photos retouchées,
    je m'engageais, graduellement mais résolument, sur la route de l'écologie intérieure et donc de l'écologie cohérente,
    je prenais du recul par rapport aux apparences souvent si superficielles,
    je vivais une transfusion de silence.
    Une transfusion de silence, pour ne plus être dans la seule réactivité, mais dans une réflexion qui conduit à l'action durable et juste.

    Alors…,
    j'accueillerai ce que notre frère Philippe avait écrit, il y a quelques années, sur son miroir :
    « Dieu sera ta seule beauté »

    Là, est mon souhait le plus intense pour vous, pour nous :
    Que Jésus le Christ soit notre vérité, notre liberté, notre… beauté!

    Jean-Michel+, frère prieur de la Communion Béthanie.

  • Au lendemain de l’attentat à Strasbourg du 11 décembre 2018

    2018-12-12-Paix.jpgCe matin, je me rappelle la prière des bienheureux moines de Tibhirine : « Seigneur, désarme-les, Seigneur désarme-nous »...

    Seigneur désarme-moi. Communion avec tous les lieux où la violence semble triompher...

     

    Jean-Michel+, frère prieur de la Communion Béthanie

  • Message du prieur du 27 octobre 2018

    Devant la recrudescence d'actes homophobes et transphobes et ce que traverse l’Eglise catholique, notre frère prieur, Jean-Michel, réagit :

    En exagérant l'amour, je me vengerai.

    2018-10-27-Jean-Michel-Dunand.jpgMoi, Jean-Michel, j'ai 13 ans, je viens d'entrer en quatrième, ce matin-là, je vais encore faire l'expérience de la méchanceté gratuite.
    « Pédale, tapette, enculé… ! », je rejoins ma classe située au deuxième étage de mon collège, « La Combe de Savoie » à Albertville, sous les insultes.
    Jamais, je n'ai oublié la violence de ces mots qui me tétanisent.
    La haine commence toujours par des mots.
    La force des mots haineux laissent, encore aujourd'hui, en moi, une trace indélébile de vulnérabilité.
    Comment oublier ce parcours de la honte, cette absence de confiance en moi, ce désir éperdu de reconnaissance, ces difficultés scolaires… ?
    J'ai souvent pensé à me venger.
    J'ai découvert très tôt que là n'était pas mon chemin de vie, considérant la vengeance comme une violence reproduite presque à l'infinie.
    La vie m'a offerte une revanche :
    Depuis plus de 25 ans, je travaille dans l'Enseignement Catholique, au service de la Pastorale scolaire.
    Au cœur de l'Évangile que je souhaite vivre et rayonner dans « mon » lycée, résonne l'appel au respect de chaque personne.
    Un rêve, une illusion ? : que jamais un jeune qui est confié à ma mission pastorale n'ait à vivre ce que j'ai vécu à son âge.
    Là est mon combat quotidien, un combat d'une brûlante actualité lorsque l'on sait les ravages du harcèlement chez les jeunes quelque soit leur milieu social…
    Devant la recrudescence d'actes homophobes et transphobes, je me battrai toujours.
    Notre Communion Béthanie lutte par la prière d'intercession et par une parole claire, sans compromis, devant cette vague de violence, d'où qu'elle vienne.
    Je reçois ce matin un message d'une toute jeune personne transgenre : « Je vous remercie grandement pour votre bienveillance à mon égard et pour votre présence. »

    En exagérant l'amour, je me vengerai.

    Moi, Jean-Michel, j'ai 21 ans, écartelé, entre mon vif désir de donner ma vie à Jésus le Christ, à Son Église et mon homosensiblité qui s'exprime par des actes sexuels, une recherche intense de tendresse.
    Je me confie à un frère, dans une communauté dite nouvelle.
    Il m'invite à lire certains versets bibliques relatifs, selon lui, à l'homosexualité et me rappelle avec forte conviction la doctrine de l'Eglise. Il m'invite à lire la lettre aux évêques du cardinal Joseph Ratzinger, sur la pastorale à l'égard des personnes homosexuelles.
    Cette lettre vient d'être publiée le 1er octobre 1986.
    Ce frère va me dire, ce jour-là et à de nombreuses reprises, au nom de Dieu, ce que je dois vivre, ce que je dois penser.
    Comment oublier ces années où j'ai été victime des abus de pouvoir d'hommes et de femmes d’Église ?
    Comment sortir des griffes des dérives sectaires… ? C'est, me semble-t-il, le chemin de ma vie, mon chemin de libération.
    Aujourd'hui, je ne vous cache pas ma colère, un sentiment profond d'injustice et de trahison.
    Au moment où je vous écris, ce frère a été jugé et condamné pour des actes de pédophilie.
    J'ai rencontré de nombreuses personnes au discours parfaitement « dans les clous ! » qui sont aujourd'hui face à la justice civile et à celle de l'Eglise.
    Je prie pour elles mais vous ne pourrez pas m'interdire de me poser cette question criante :
    Comment ont-elles pu être dans une telle incohérence de propos et d’actes ?
    Devant tous les abus de pouvoir, la violence des mots, les postures suffisantes, dans l'Eglise, je me battrai toujours.
    Notre Communion Béthanie lutte pour être un espace de croissance et de liberté où chacun-e marche avec Jésus le Christ, dans le respect absolu de sa singularité.
    « N'étant ni une association de fidèles, ni une communauté nouvelle et encore moins une communauté religieuse, la Communion Béthanie n'a donc aucun compte à rendre sur la vie privée de ses membres. Il n'y a pas de hiérarchie, mais seulement un prieur et seule une charité active et concrète tient lieu de règle et d'ascèse » cf. « à propos » sur notre site.

    2018-10-27-notre-dame-de-Tamié-2.jpgAlors que l'Eglise catholique vit un véritable tsunami, je regarde souvent cette photo prise à l'Abbaye Notre-Dame de Tamié.
    Depuis ma prime jeunesse, seule la Vierge-Marie peut dire mon vécu, devant cette statue !
    Les mains de l'humble servante de Nazareth « racontent » toute ma vie spirituelle, tout mon désir dans l'Eglise.
    Cette Église que j'aime tant, à qui je veux offrir mes mains…

    « Pour qu'une vie soit belle, il n'est pas indispensable d'avoir des capacités extraordinaires ou de grandes facilités : il y a un bonheur dans l'humble don de sa personne » frère Roger de Taizé.

    En exagérant l'amour, je me vengerai.

    Jean-Michel+ Dunand
    frère prieur de la Communion Béthanie

     

  • Pause prière - pause regard du 6 septembre 2018

    La prière est une magnifique respiration…
    Celle d’un cœur qui aime.

    Nous reprenons, aujourd’hui, nos « Pause prière - pause regard » hebdomadaires avec sa prière et ses intentions de prières.
    Savez-vous qu’en vous inscrivant à la « Newsletter » ci-contre, vous recevrez un message à chaque nouvelle parution ?

    2018-09-06-RND.JPGCette semaine nous vous proposons l’émission « Ecclesia Magazine » du 5 septembre sur « Quelle pastorale pour les homosexuels dans l’Eglise ? » avec Nathalie de Wiliancourt, cofondatrice d’Homovox et notre prieur Jean-Michel Dunand. Voici le lien pour le podcast : https://radionotredame.net/emissions/ecclesia_magazine/05-09-2018/

    Les frères et sœurs de la Communion Béthanie

     

    2018-09-06-La-Source.jpgDans la paix du cœur se dissipent les inquiétudes sur soi-même et tu vas jusqu'à découvrir à quel point tu te réalises dans une vie donnée. Tu t'interroges : mais où est la Source à laquelle puiser un tel élan ? Elle est dans la mystérieuse présence d'un Amour.

    Le plus important pour toi est de découvrir que Dieu t'aime. Là est la Source. Et son Amour est présence et pardon. Il t'aime, même si tu penses ne pas L'aimer. Et viendra un jour où tu Lui diras : « je T'aime, peut-être pas comme je voudrais, mais je T'aime ! »

    Par son Esprit Saint, le Ressuscité traverse, pour le transfigurer, même le plus déconcertant en toi. Les pessimismes que tu portes sur toi-même se dissolvent. Fais la chasse aux impressions sombres que peut secréter l'imagination. Et s'éclaire la paix du cœur.

    Chante mon âme : « je suis au Christ, je suis du Christ ! »

    Imperceptible changement au-dedans, la transfiguration de l'être se poursuit au long de l'existence. Elle donne de vivre dans le moment présent, elle fait de chaque jour un aujourd'hui de Dieu. Déjà sur la terre, elle est le commencement de la Résurrection, le début d'une vie qui n'a pas de fin.

    Pensais-tu qu'en toi le sable d'un désert avait recouvert l'amour ?

    Des déserts intérieurs, il y en a. Mais est-il nécessaire de s'y arrêter ? Sur une terre aride fleurit l'amandier.

    Et s'il y avait moins de déserts qu'on le suppose.

    Ainsi soit-il.

    Frère Roger de Taizé (1915-2005)

    Seigneur, nous te louons pour :
    la splendeur de ta création,0000 2017-01 Prière.jpg
    la grandeur de l'univers,
    notre maison commune, la terre,
    notre sœur l'eau,
    notre frère le feu,
    notre frère le vent,
    les montagnes, le règne minéral,
    le règne végétal,
    le règne animal,
    la femme, l'homme au service de la vie...

    Seigneur, devant toi : M.-P., E., A., C., E., I., P., R., A., A., frère M., nos Églises en quête de cohérence évangélique, les jeunes qui cherchent comme à tâtons ton visage, les personnes âgées qui souffrent de solitude, nos sœurs dominicaines de Béthanie, en ces jours où nous fêtons le bienheureux Jean-Joseph Lataste.

  • Message du frère prieur pour la nativité de saint Jean le Baptiste, le 24 juin 2018

    En la fête de la Nativité de saint Jean le Baptiste 2018,

    Jésus vient nous déranger

    2018-06-24-Grand-Inquisiteur.jpgJe viens de relire avec plaisir le « Grand Inquisiteur » de Dostoïevski.
    En ce temps où l'Inquisition allumait des brasiers innombrables pour éteindre l'hérésie, le Christ revient.
    Non pas pour clôturer les temps, il revient humble parmi les humbles, et tous le reconnaissent.
    Quand il parvient sur la grande place de la cathédrale de Séville en Espagne, aussitôt l'Inquisiteur (vieillard voûté et gris, face au visage de lumière) le repère et fait procéder à son arrestation dans un silence général.
    Le Christ est conduit dans les prisons du Saint-Office, et, la nuit tombée, le vieil Inquisiteur lui adresse un discours qui constitue, par sa pensée politique, une provocation sidérante.
    Il l'accuse d'être venu « déranger », troubler un ordre, une tranquillité, une sécurité que l'Eglise s'était efforcée d'instaurer, de restaurer même dans les cœurs.
    Le Christ reste muet, jusqu'au bout, parce qu'il y a un silence grondant à opposer à ceux qui parlent au nom de Dieu, et qui prennent le pouvoir au nom de leur impuissance.

    Le Christ-Jésus nous dérange, nous déplace.
    Il nous a appelés des ténèbres à son admirable lumière cf. 1 Pierre 2, 9

    Cette année pastorale qui s'achève aura été pour moi, l'année des déplacements intérieurs.
    Après notre retraite de l'été dernier à la Communauté de La Roche d'Or qui avait pour thème « Les surprises de l'Esprit-Saint », j'ai été embarqué, comme malgré moi, dans des espaces, des passages.
    Je souhaite ici, vous partager quelques-uns de « ces dérangements » ...

    Suis-je davantage dans son admirable lumière aujourd'hui ?
    Suis-je un peu plus éloigné de mes ténèbres ?
    Je ne sais pas.
    A Jésus de juger.
    Ce qui est certain sur cette route de la conversion, c'est qu'il nous faut consentir à toujours commencer et à prier intensément les uns pour les autres.

    2018-06-24-Calendrier.jpg- En janvier dernier, quelques jours après avoir été fragilisé par une intervention chirurgicale (rien de grave !), me voici invité par les jeunes du Refuge pour un Facebook Live, sur le thème : homosexualité et religion.
    Calé dans mon fauteuil, je vais vivre une rencontre limpide avec des jeunes homos et trans, juifs, chrétiens, musulmans…
    Je garde en mémoire cette réaction d'un jeune musulman : « Comment être violent à partir de nos textes ? Nos textes sont si fragiles. Le Coran est si fragile »
    La fragilité de la Parole… Comme un souffle fragile...
    A méditer…

    - Début février, je rencontrais Monseigneur Michel Aupetit, archevêque de Paris.
    Dans les mois précédents et ceux qui suivirent, il m'a été donné de rencontrer la Pasteure Emmanuelle Seyboldt, présidente du conseil national de l'Eglise protestante unie de France, le Pasteur Antoine Nouis, écrivain et journaliste, Monseigneur Michel Santier, évêque de Créteil, le Cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, Monseigneur Jacques Blaquart, évêque d'Orléans, Monseigneur Pierre-Marie Carré, archevêque de Montpellier.
    A quoi bon toutes ces rencontres avec des responsables d'Église ?
    A quoi bon ce temps consacré à ce que certains pourrait juger comme de la diplomatie ecclésiale ?
    Je crois à la gratuité de la rencontre, une rencontre sans enjeu. Une rencontre où l'écoute, la parole jouent la partition d'une fraternité en actes.
    Réenchanter la rencontre…
    « En Eglise, personne n'est obligé d'être ami, mais nul n'est dispensé d'être frère » Cardinal Louis-Marie Billé
    A méditer…

    - Du 26 au 28 février, j'ai été invité par le groupe Pêcheurs d'hommes de David et Jonathan.
    Ce groupe est composé de prêtres, pasteurs, religieux homosexuels.
    Convié à participer à leur retraite, à « l'animer » d'une certaine manière, je ne suis pas sorti « indemne » de cette expérience !
    Très touché par l'accueil des religieuses du Cénacle de Versailles, accueil discret, délicat, bienveillant.
    C'est si beau une communauté qui vit à la fréquence de l'Evangile.
    On y respire à pleins poumons, sans masque. Tant il est vrai que l'on a du mal à respirer derrière un masque !
    Très touché aussi par les échanges authentiques, décapants de ces prêtres entre eux.
    Plus d'une fois, j'ai été déplacé dans ma carte de croyance, j'ai été amené plus loin...
    Ceux qui ont quittés le ministère depuis plusieurs années comme ceux qui sont en plein ministère ont témoignés de « leur être prêtre ». C'était juste bouleversant.
    Souvent durant ces heures me revenait au cœur ce verset de la Parole : « Les hommes regardent l'apparence, mais le Seigneur regarde le cœur » 1 Samuel 16,7.
    A méditer...
    Jésus me dérange : béni soit-il !
    « Qui a connu la pensée du Seigneur ? » Romains 11,34.

    L'Eglise me dérange : bénie soit-elle !
    « L'Eglise catholique est faite de cercles concentriques toujours plus grands » Jean XXIII à Frère Roger de Taizé lors de leur dernière rencontre.

    2018-06-21-Jean-Michel.jpgEt si ma vocation était de déranger, un peu, beaucoup.. ?!
    Et si l'appel de notre Communion Béthanie était de déranger, un peu, beaucoup... ?!
    Mon ministère d'adjoint en pastorale scolaire dans l'Enseignement Catholique, mon ministère de prieur de notre famille spirituel me donne de rencontrer un grand nombre de visages.
    Nous désirons vivre un monachisme intérieur. Un chemin très simple, très pauvre qui peut se résumer par cette phrase extraite de notre prière :
    « Que notre vie contemplative révèle à toute personne sa beauté !
    Tout être est beau puisqu'il vient du désir de Dieu »

    Jean-Michel+, votre frère
    prieur de la Communion Béthanie

  • Journée mondiale de lutte contre l’homophobie, le 17 mai.

    C’est la journée mondiale de lutte contre l’homophobie. Une journée qui se concentre cette année sur les droits des personnes LGBT dans le monde.


    2018-05-17-Jean-Michel.jpgJeudi 17 mai 2018, Jean-Michel Dunand a participé à l’émission de Stéphanie Gallet « Le Grand Invité » de RCF. A cette occasion, notre prieur a déclaré : « les personnes homosensibles ne sont pas en dehors de l'appel de l’Évangile ».



    RCF.jpgRetrouvez la page de l’émission : https://rcf.fr/la-matinale/jean-michel-dunand-les-personnes-homosensibles-ne-sont-pas-en-dehors-de-l-appel-de-l-eva
    Vous pourrez écouter (ou réécouter) la rencontre de 17 minutes.