Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Message du prieur

  • Message du prieur du 27 octobre 2018

    Devant la recrudescence d'actes homophobes et transphobes et ce que traverse l’Eglise catholique, notre frère prieur, Jean-Michel, réagit :

    En exagérant l'amour, je me vengerai.

    2018-10-27-Jean-Michel-Dunand.jpgMoi, Jean-Michel, j'ai 13 ans, je viens d'entrer en quatrième, ce matin-là, je vais encore faire l'expérience de la méchanceté gratuite.
    « Pédale, tapette, enculé… ! », je rejoins ma classe située au deuxième étage de mon collège, « La Combe de Savoie » à Albertville, sous les insultes.
    Jamais, je n'ai oublié la violence de ces mots qui me tétanisent.
    La haine commence toujours par des mots.
    La force des mots haineux laissent, encore aujourd'hui, en moi, une trace indélébile de vulnérabilité.
    Comment oublier ce parcours de la honte, cette absence de confiance en moi, ce désir éperdu de reconnaissance, ces difficultés scolaires… ?
    J'ai souvent pensé à me venger.
    J'ai découvert très tôt que là n'était pas mon chemin de vie, considérant la vengeance comme une violence reproduite presque à l'infinie.
    La vie m'a offerte une revanche :
    Depuis plus de 25 ans, je travaille dans l'Enseignement Catholique, au service de la Pastorale scolaire.
    Au cœur de l'Évangile que je souhaite vivre et rayonner dans « mon » lycée, résonne l'appel au respect de chaque personne.
    Un rêve, une illusion ? : que jamais un jeune qui est confié à ma mission pastorale n'ait à vivre ce que j'ai vécu à son âge.
    Là est mon combat quotidien, un combat d'une brûlante actualité lorsque l'on sait les ravages du harcèlement chez les jeunes quelque soit leur milieu social…
    Devant la recrudescence d'actes homophobes et transphobes, je me battrai toujours.
    Notre Communion Béthanie lutte par la prière d'intercession et par une parole claire, sans compromis, devant cette vague de violence, d'où qu'elle vienne.
    Je reçois ce matin un message d'une toute jeune personne transgenre : « Je vous remercie grandement pour votre bienveillance à mon égard et pour votre présence. »

    En exagérant l'amour, je me vengerai.

    Moi, Jean-Michel, j'ai 21 ans, écartelé, entre mon vif désir de donner ma vie à Jésus le Christ, à Son Église et mon homosensiblité qui s'exprime par des actes sexuels, une recherche intense de tendresse.
    Je me confie à un frère, dans une communauté dite nouvelle.
    Il m'invite à lire certains versets bibliques relatifs, selon lui, à l'homosexualité et me rappelle avec forte conviction la doctrine de l'Eglise. Il m'invite à lire la lettre aux évêques du cardinal Joseph Ratzinger, sur la pastorale à l'égard des personnes homosexuelles.
    Cette lettre vient d'être publiée le 1er octobre 1986.
    Ce frère va me dire, ce jour-là et à de nombreuses reprises, au nom de Dieu, ce que je dois vivre, ce que je dois penser.
    Comment oublier ces années où j'ai été victime des abus de pouvoir d'hommes et de femmes d’Église ?
    Comment sortir des griffes des dérives sectaires… ? C'est, me semble-t-il, le chemin de ma vie, mon chemin de libération.
    Aujourd'hui, je ne vous cache pas ma colère, un sentiment profond d'injustice et de trahison.
    Au moment où je vous écris, ce frère a été jugé et condamné pour des actes de pédophilie.
    J'ai rencontré de nombreuses personnes au discours parfaitement « dans les clous ! » qui sont aujourd'hui face à la justice civile et à celle de l'Eglise.
    Je prie pour elles mais vous ne pourrez pas m'interdire de me poser cette question criante :
    Comment ont-elles pu être dans une telle incohérence de propos et d’actes ?
    Devant tous les abus de pouvoir, la violence des mots, les postures suffisantes, dans l'Eglise, je me battrai toujours.
    Notre Communion Béthanie lutte pour être un espace de croissance et de liberté où chacun-e marche avec Jésus le Christ, dans le respect absolu de sa singularité.
    « N'étant ni une association de fidèles, ni une communauté nouvelle et encore moins une communauté religieuse, la Communion Béthanie n'a donc aucun compte à rendre sur la vie privée de ses membres. Il n'y a pas de hiérarchie, mais seulement un prieur et seule une charité active et concrète tient lieu de règle et d'ascèse » cf. « à propos » sur notre site.

    2018-10-27-notre-dame-de-Tamié-2.jpgAlors que l'Eglise catholique vit un véritable tsunami, je regarde souvent cette photo prise à l'Abbaye Notre-Dame de Tamié.
    Depuis ma prime jeunesse, seule la Vierge-Marie peut dire mon vécu, devant cette statue !
    Les mains de l'humble servante de Nazareth « racontent » toute ma vie spirituelle, tout mon désir dans l'Eglise.
    Cette Église que j'aime tant, à qui je veux offrir mes mains…

    « Pour qu'une vie soit belle, il n'est pas indispensable d'avoir des capacités extraordinaires ou de grandes facilités : il y a un bonheur dans l'humble don de sa personne » frère Roger de Taizé.

    En exagérant l'amour, je me vengerai.

    Jean-Michel+ Dunand
    frère prieur de la Communion Béthanie

     

  • Pause prière - pause regard du 6 septembre 2018

    La prière est une magnifique respiration…
    Celle d’un cœur qui aime.

    Nous reprenons, aujourd’hui, nos « Pause prière - pause regard » hebdomadaires avec sa prière et ses intentions de prières.
    Savez-vous qu’en vous inscrivant à la « Newsletter » ci-contre, vous recevrez un message à chaque nouvelle parution ?

    2018-09-06-RND.JPGCette semaine nous vous proposons l’émission « Ecclesia Magazine » du 5 septembre sur « Quelle pastorale pour les homosexuels dans l’Eglise ? » avec Nathalie de Wiliancourt, cofondatrice d’Homovox et notre prieur Jean-Michel Dunand. Voici le lien pour le podcast : https://radionotredame.net/emissions/ecclesia_magazine/05-09-2018/

    Les frères et sœurs de la Communion Béthanie

     

    2018-09-06-La-Source.jpgDans la paix du cœur se dissipent les inquiétudes sur soi-même et tu vas jusqu'à découvrir à quel point tu te réalises dans une vie donnée. Tu t'interroges : mais où est la Source à laquelle puiser un tel élan ? Elle est dans la mystérieuse présence d'un Amour.

    Le plus important pour toi est de découvrir que Dieu t'aime. Là est la Source. Et son Amour est présence et pardon. Il t'aime, même si tu penses ne pas L'aimer. Et viendra un jour où tu Lui diras : « je T'aime, peut-être pas comme je voudrais, mais je T'aime ! »

    Par son Esprit Saint, le Ressuscité traverse, pour le transfigurer, même le plus déconcertant en toi. Les pessimismes que tu portes sur toi-même se dissolvent. Fais la chasse aux impressions sombres que peut secréter l'imagination. Et s'éclaire la paix du cœur.

    Chante mon âme : « je suis au Christ, je suis du Christ ! »

    Imperceptible changement au-dedans, la transfiguration de l'être se poursuit au long de l'existence. Elle donne de vivre dans le moment présent, elle fait de chaque jour un aujourd'hui de Dieu. Déjà sur la terre, elle est le commencement de la Résurrection, le début d'une vie qui n'a pas de fin.

    Pensais-tu qu'en toi le sable d'un désert avait recouvert l'amour ?

    Des déserts intérieurs, il y en a. Mais est-il nécessaire de s'y arrêter ? Sur une terre aride fleurit l'amandier.

    Et s'il y avait moins de déserts qu'on le suppose.

    Ainsi soit-il.

    Frère Roger de Taizé (1915-2005)

    Seigneur, nous te louons pour :
    la splendeur de ta création,0000 2017-01 Prière.jpg
    la grandeur de l'univers,
    notre maison commune, la terre,
    notre sœur l'eau,
    notre frère le feu,
    notre frère le vent,
    les montagnes, le règne minéral,
    le règne végétal,
    le règne animal,
    la femme, l'homme au service de la vie...

    Seigneur, devant toi : M.-P., E., A., C., E., I., P., R., A., A., frère M., nos Églises en quête de cohérence évangélique, les jeunes qui cherchent comme à tâtons ton visage, les personnes âgées qui souffrent de solitude, nos sœurs dominicaines de Béthanie, en ces jours où nous fêtons le bienheureux Jean-Joseph Lataste.

  • Message du frère prieur pour la nativité de saint Jean le Baptiste, le 24 juin 2018

    En la fête de la Nativité de saint Jean le Baptiste 2018,

    Jésus vient nous déranger

    2018-06-24-Grand-Inquisiteur.jpgJe viens de relire avec plaisir le « Grand Inquisiteur » de Dostoïevski.
    En ce temps où l'Inquisition allumait des brasiers innombrables pour éteindre l'hérésie, le Christ revient.
    Non pas pour clôturer les temps, il revient humble parmi les humbles, et tous le reconnaissent.
    Quand il parvient sur la grande place de la cathédrale de Séville en Espagne, aussitôt l'Inquisiteur (vieillard voûté et gris, face au visage de lumière) le repère et fait procéder à son arrestation dans un silence général.
    Le Christ est conduit dans les prisons du Saint-Office, et, la nuit tombée, le vieil Inquisiteur lui adresse un discours qui constitue, par sa pensée politique, une provocation sidérante.
    Il l'accuse d'être venu « déranger », troubler un ordre, une tranquillité, une sécurité que l'Eglise s'était efforcée d'instaurer, de restaurer même dans les cœurs.
    Le Christ reste muet, jusqu'au bout, parce qu'il y a un silence grondant à opposer à ceux qui parlent au nom de Dieu, et qui prennent le pouvoir au nom de leur impuissance.

    Le Christ-Jésus nous dérange, nous déplace.
    Il nous a appelés des ténèbres à son admirable lumière cf. 1 Pierre 2, 9

    Cette année pastorale qui s'achève aura été pour moi, l'année des déplacements intérieurs.
    Après notre retraite de l'été dernier à la Communauté de La Roche d'Or qui avait pour thème « Les surprises de l'Esprit-Saint », j'ai été embarqué, comme malgré moi, dans des espaces, des passages.
    Je souhaite ici, vous partager quelques-uns de « ces dérangements » ...

    Suis-je davantage dans son admirable lumière aujourd'hui ?
    Suis-je un peu plus éloigné de mes ténèbres ?
    Je ne sais pas.
    A Jésus de juger.
    Ce qui est certain sur cette route de la conversion, c'est qu'il nous faut consentir à toujours commencer et à prier intensément les uns pour les autres.

    2018-06-24-Calendrier.jpg- En janvier dernier, quelques jours après avoir été fragilisé par une intervention chirurgicale (rien de grave !), me voici invité par les jeunes du Refuge pour un Facebook Live, sur le thème : homosexualité et religion.
    Calé dans mon fauteuil, je vais vivre une rencontre limpide avec des jeunes homos et trans, juifs, chrétiens, musulmans…
    Je garde en mémoire cette réaction d'un jeune musulman : « Comment être violent à partir de nos textes ? Nos textes sont si fragiles. Le Coran est si fragile »
    La fragilité de la Parole… Comme un souffle fragile...
    A méditer…

    - Début février, je rencontrais Monseigneur Michel Aupetit, archevêque de Paris.
    Dans les mois précédents et ceux qui suivirent, il m'a été donné de rencontrer la Pasteure Emmanuelle Seyboldt, présidente du conseil national de l'Eglise protestante unie de France, le Pasteur Antoine Nouis, écrivain et journaliste, Monseigneur Michel Santier, évêque de Créteil, le Cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, Monseigneur Jacques Blaquart, évêque d'Orléans, Monseigneur Pierre-Marie Carré, archevêque de Montpellier.
    A quoi bon toutes ces rencontres avec des responsables d'Église ?
    A quoi bon ce temps consacré à ce que certains pourrait juger comme de la diplomatie ecclésiale ?
    Je crois à la gratuité de la rencontre, une rencontre sans enjeu. Une rencontre où l'écoute, la parole jouent la partition d'une fraternité en actes.
    Réenchanter la rencontre…
    « En Eglise, personne n'est obligé d'être ami, mais nul n'est dispensé d'être frère » Cardinal Louis-Marie Billé
    A méditer…

    - Du 26 au 28 février, j'ai été invité par le groupe Pêcheurs d'hommes de David et Jonathan.
    Ce groupe est composé de prêtres, pasteurs, religieux homosexuels.
    Convié à participer à leur retraite, à « l'animer » d'une certaine manière, je ne suis pas sorti « indemne » de cette expérience !
    Très touché par l'accueil des religieuses du Cénacle de Versailles, accueil discret, délicat, bienveillant.
    C'est si beau une communauté qui vit à la fréquence de l'Evangile.
    On y respire à pleins poumons, sans masque. Tant il est vrai que l'on a du mal à respirer derrière un masque !
    Très touché aussi par les échanges authentiques, décapants de ces prêtres entre eux.
    Plus d'une fois, j'ai été déplacé dans ma carte de croyance, j'ai été amené plus loin...
    Ceux qui ont quittés le ministère depuis plusieurs années comme ceux qui sont en plein ministère ont témoignés de « leur être prêtre ». C'était juste bouleversant.
    Souvent durant ces heures me revenait au cœur ce verset de la Parole : « Les hommes regardent l'apparence, mais le Seigneur regarde le cœur » 1 Samuel 16,7.
    A méditer...
    Jésus me dérange : béni soit-il !
    « Qui a connu la pensée du Seigneur ? » Romains 11,34.

    L'Eglise me dérange : bénie soit-elle !
    « L'Eglise catholique est faite de cercles concentriques toujours plus grands » Jean XXIII à Frère Roger de Taizé lors de leur dernière rencontre.

    2018-06-21-Jean-Michel.jpgEt si ma vocation était de déranger, un peu, beaucoup.. ?!
    Et si l'appel de notre Communion Béthanie était de déranger, un peu, beaucoup... ?!
    Mon ministère d'adjoint en pastorale scolaire dans l'Enseignement Catholique, mon ministère de prieur de notre famille spirituel me donne de rencontrer un grand nombre de visages.
    Nous désirons vivre un monachisme intérieur. Un chemin très simple, très pauvre qui peut se résumer par cette phrase extraite de notre prière :
    « Que notre vie contemplative révèle à toute personne sa beauté !
    Tout être est beau puisqu'il vient du désir de Dieu »

    Jean-Michel+, votre frère
    prieur de la Communion Béthanie

  • Journée mondiale de lutte contre l’homophobie, le 17 mai.

    C’est la journée mondiale de lutte contre l’homophobie. Une journée qui se concentre cette année sur les droits des personnes LGBT dans le monde.


    2018-05-17-Jean-Michel.jpgJeudi 17 mai 2018, Jean-Michel Dunand a participé à l’émission de Stéphanie Gallet « Le Grand Invité » de RCF. A cette occasion, notre prieur a déclaré : « les personnes homosensibles ne sont pas en dehors de l'appel de l’Évangile ».



    RCF.jpgRetrouvez la page de l’émission : https://rcf.fr/la-matinale/jean-michel-dunand-les-personnes-homosensibles-ne-sont-pas-en-dehors-de-l-appel-de-l-eva
    Vous pourrez écouter (ou réécouter) la rencontre de 17 minutes.

  • Un livre : « Chrétiens homosexuels en couple, un chemin légitime d'espérance ».

    Chers toutes et tous,

    Je me permets de vous inviter à lire l'ouvrage de notre ami Michel Anquetil :

    Chrétiens-homosexuels-en-couple,-un-chemin-légitime-d'espérance.jpg« Chrétiens homosexuels en couple, un chemin légitime d'espérance »
    Edition : EDILIVRE

    Cet essai propose la vie de couple comme un choix possible, moralement légitime et exigeant, ouvert à la joie et à l'espérance chrétienne du salut.

    Merci à Michel pour ce remarquable et limpide travail.

    Nous prions pour la fécondité de ce livre.
    Nous prions pour son auteur et pour son compagnon, ami, lui aussi, de notre Communion Béthanie.

    Avec vous, dans l'humble quotidien. Là où résonne le mieux, me semble-t-il, l'alléluia pascal.

    Votre frère, Jean-Michel+, prieur de la Communion Béthanie


     

  • Attentat à Trèbes dans l'Aude du 23 mars 2018

    « Le désarmement extérieur passe par le désarmement intérieur. Le seul vrai garant de la paix est en soi »
    Sa Sainteté le Dalaï Lama

     

    2018-03-23-Croix.jpgNotre prière se fait toute proche des victimes, des familles, des proches de l'attentat qui vient de survenir à Trèbes dans l'Aude.

    Notre Communion Béthanie réaffirme son désir de travailler à la paix sociale dans notre pays, la France et bien au-delà.

    Ce matin, Quentin, un lycéen, me disait croire au dialogue du cœur, à la non-violence comme force intérieure.
    Avec lui, avec vous, je fais mienne cette parole du pasteur Martin Luther-King dont nous célébrons cette année le 50ème anniversaire de la mort.
    « La non-violence est la réponse aux cruciales questions politiques et morales de notre temps »

    En entrant dans la grande et Sainte Semaine, accueillons ensemble, la paix de Jésus le Christ.

    « Heureux les artisans de paix... »
    Matthieu 5, 9

    Jean-Michel+, frère prieur de la Communion Béthanie

     

  • Début du Carême 2018

    Pour ce Carême 2018, j'ai demandé à nos ami(es), sœurs et frères des Églises issues de la Réforme de nous accompagner.
    Ils nous offriront les méditations des dimanches du Carême, des Rameaux et de Pâques.
    Qu'ils en soient vivement remerciés.

    Ici, une parole est prononcée d'une étonnante nouveauté.
    Elle nous libère du hasard, de l'absurde, de toutes les formes de légalisme.
    Elle nous donne la douceur comme tâche...

    Dans la solitude et le silence du cœur, entrer en relation avec le Dieu vivant afin d'être plus présent aux autres et à soi-même.
    Comme j'aimerais que l'on puisse appliquer à notre Communion Béthanie ce verset du Siracide 11,3 :

    2018-02-14-Abeille.jpg« L'abeille est petite parmi les êtres ailés, mais ce qu'elle produit est d'une douceur exquise »

     Médite cette Parole au fil de ce Carême, et...

    Laisse Dieu arracher le chiendent,
    Ne t'en crois pas capable.
    L'héroïsme est vain.
    Préfère l'abandon...

    Jean-Michel+, frère prieur de la Communion Béthanie

  • Lettre de soutien au père James Martin, SJ

    2017-09-25-James-Martin.jpgCher père James Martin,

    Je me permets de vous rejoindre par ces quelques lignes.

    Au début de l'été dernier, vous avez eu la gentillesse de me faire parvenir votre livre « Building a bridge - How the catholic church and the LGBT community can enter into relationship of respect, compassion, and sensitivity ».

    Je tiens à vous remercier vivement pour cet ouvrage profond, juste, délicat et pastoralement intelligent.

    Ces derniers jours, j'apprends que vous êtes la cible « des catholiques conservateurs » américains.
    Vous dites garder la paix du cœur au milieu de cette tempête d'insultes...
    Je tiens à vous assurer de notre soutien, de notre prière en cette épreuve.

    Vous souhaitez construire un pont, notre Communion Béthanie souhaite être une passerelle de réconciliation.
    Nous vivons donc une réelle proximité dans la vigne du Seigneur.
    Nous vivons donc une réelle proximité dans les périphéries, sur le parvis.

    Nous voulons rester sur le parvis, et être ainsi un lien visible entre les maisons des hommes et la maison de Dieu.
    N'est-ce pas après tout sur le parvis que commence toute vie chrétienne ?
    C'est là qu'est allumé le feu de Pâques, c'est là encore que le futur baptisé est présenté, là encore qu'est accueilli celui qui s'est endormi dans la mort.
    Le parvis est plus qu'un lieu symbolique pour nous, il est notre lieu de naissance, il résume notre vocation, il est finalement notre vraie demeure. Il signifie que nous ne sommes pas installés, que nous n'avons pas de doctrine à proposer, ni d'influence à imposer.

    Aux États-Unis d'Amérique, en France, en Espagne, en Italie..., des chrétiens se radicalisent de plus en plus, s'éloignant ainsi, me semble-t-il, des racines de l'Évangile.
    De la même manière que l'apôtre Paul parle des ennemis de la croix du Christ, nous rencontrons aujourd'hui des ennemis de la tendresse de Dieu, manifestée en Jésus le Christ.
    Dans l'Eglise catholique romaine, ils deviennent même maintenant des ennemis du pape François...! Comment peuvent-ils ?
    Et si Ernest Renan avait vu juste en écrivant : « La bêtise humaine est la seule chose qui donne une idée de l'infini » ?

    Je suis, nous sommes avec vous dans ce désir de rejoindre chacun en Dieu. Avec vous nous voulons manifester que c'est bien Lui qui connaît la vérité des êtres et le chemin de lumière de chacun.
    Merci d'être vous, merci d'être là, cher père James Martin.

    Respect, estime, affection fraternelle.

    Chaleureusement vôtre,
    Jean-Michel+, frère prieur de la Communion Béthanie

  • [Prieur] Barcelone, solidarité et prière confiantes plus fortes que la folie meurtrière

    En ces heures estivales où nous parvient l'écho d'une nouvelle folie meurtrière sur Les Ramblas à Barcelone, c'est en communion que je vous rejoins suite à ce nouvel attentat.

    Je prie intensément en communion avec et pour ces victimes innocentes et leurs familles. Pour toutes les personnes présentes sur La Rambla, qui en quelques secondes ont vu défiler devant leurs yeux des images d'horreur absolue, de peur panique, déjà vécues ailleurs.

    Comment en cet instant ne pas être aussi, humbles et pauvres, en communion avec notre sœur Montserrat, notre sœur en alliance, quand sa terre est meurtrie de la sorte.

    « Bénissez ceux qui vous persécutent, bénissez et ne maudissez pas. Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent; Pleurez avec ceux qui pleurent. »  Épitres de saint Paul aux Romains 12:14-15.

    icone essai.JPGDans ma prière, je fais miennes ces paroles difficiles et douces à la fois. Aussi, je pleure avec toutes celles et tous ceux qui pleurent. Barcelone, Ouagadougou au Burkina Faso, Nice, Paris, Londres, et tant d'autres.

    Aucun de nos frères et sœurs en humanité blessés ou qui nous sont soustraits n'est oublié. Jésus de Nazareth je te présente chacun de leur visage.

    Dans le silence de notre prière en Communion Béthanie germe un vacarme d'Espérance, le désespoir surmonté selon Bernanos.
    En el silencio de nuestra oración en Comunión Betania germina un estruendo de Esperanza, la desesperación superada según Bernanos.


    Avec vous, au service de la paix,
    Frère Jean-Michel+ Dunand, prieur de la Communion Béthanie

  • [Prieur] C'est dans le silence et la confiance que sera votre force

    « C'est dans le silence et la confiance que sera votre force »
    Isaïe 30 ; 15.

    Ami(es), sœurs, frères,

    2017-07-28-la-famille-de-Béthanie.jpgAu cœur de l'été, nous fêtons la famille de Béthanie, Marthe, Marie, Lazare, nos sœurs et notre frère.
    C'est ce jour que j'ai choisi pour vous offrir « mon message de rentrée » !!!
    En fait, je suis sur la route pour rejoindre un ermitage où, près de nos sœurs diaconesses de Reuilly, je vais essayer d'écouter...
    Avant ce temps de silence, j'essaye de parler, « je balbutie ! » quelques mots pour vous, pour nous.

    La liturgie monastique prie ainsi en ce jour de fête :
    « Pour la maison de Béthanie où tu as trouvé le repos,
    Pour toutes les communautés dont la vie s'inspire de ce mystère,
    Béni sois-tu, Seigneur, notre frère et notre Dieu »

    Nous sommes une de ces communautés...
    Une communauté, une Communion qui se situe sur une ligne de crête bien étroite, « un charisme très fin » comme me le disait une amie moniale, fille de saint Bruno, au jour de la Pentecôte 2017.

    « C'est tellement complexe un homme et, jusqu'au dernier instant, tellement inachevé ! »
    Abbé Pierre

    Procréation médicalement assistée, gestation pour autrui, mariage pour tous, personnes transgenres, sexualités homosexuelles, dimension œcuménique, liens fraternels avec des ami(es) juifs, musulmans, bouddhistes...
    « Du dehors et du dedans » de notre famille : dialogues, partages, questions, interrogations, troubles, rumeurs, « ragots »…
    Il me semble bon aujourd'hui de redonner quelques grands fondamentaux de notre charisme au service de l'Église de ce temps.
    Pour clarifier, pour rendre grâce : la Communion Béthanie est un don qui vient de plus loin que nous...

    Elle est par vocation une Communion contemplative.
    Elle souhaite donc demeurer dans cet « ailleurs » qui n'est pas fuite du réel, mais au contraire une façon plus vaste, plus mûre et plus silencieuse de le porter.
    C'est dans cet espace que tous les chemins peuvent se dire dans leur singularité, même si le but poursuivi échappe encore au marcheur.

    « Le paysage est si vaste à l'intérieur d'un seul homme, que toutes les contradictions y veulent vivre et y ont leur place »
    Christiane Singer

    Pour autant, si la Communion Béthanie se porte toujours caution pour les personnes, elle ne se substituera jamais à la responsabilité des actes qu'elles posent et s'arrête au seuil du sanctuaire de leur conscience (cf. saint Jean-Paul II). Le seul combat que la Communion Béthanie entend mener est celui de l'accueil inconditionnel de chacune et de chacun, en aucun cas de porter le flambeau de leurs choix de vie, car ils appartiennent définitivement à la discrétion de celles et ceux qui les ont émis.

    Rendant grâce, toujours, pour le don de la vie que rien n'arrête, notre Communion la confie au Seigneur de la Vie qui la suscite et l'élève pour qu'elle donne son fruit au temps voulu.

    Je voudrais ici citer un extrait de notre Dossier de Presse que vous pouvez retrouver, dans son intégralité, en document téléchargeable sur notre blog.
    « …ni lobby gay, ni structure d'Église, la Communion Béthanie est indépendante dans son propos et dans ses choix. Elle n'estime donc n'avoir de compte à rendre ni sur l'efficacité de son action, ni sur la vie privée de ses membres. De même qu'elle n'a pas vocation à avoir réponses à toutes les questions ou solutions à toutes les problématiques.
    Ouverte aux autres confessions de foi, elle ne souhaite donc pas être récupérée par une Église plutôt qu'une autre et revendique la liberté de l'Évangile. Elle espère ainsi contribuer à faire croître l'unité et la paix ».

    Comme en écho, j'entends les paroles de Monseigneur Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, le 26 juillet dernier à Saint Etienne-du-Rouvray :
    « Une tentation pour les chrétiens : juger les autres, condamner de notre petite hauteur en sachant tout »

    Aujourd'hui, la liturgie monastique prie encore :
    « Seigneur, donne-nous la sagesse silencieuse de Lazare,
    le dévouement de Marthe
    et l'écoute attentive de Marie.
    Donne aux errants de la terre de trouver la maison amicale où ils seront accueillis »

    Sur notre « flyer », notre tract, vous pouvez lire cette parole de saint Jean XXIII qui dit notre amour de l'Église, notre appel singulier en son sein :
    « L'Église est une immense bergerie avec du foin à hauteur de tous les museaux »

    Bel été à vous pour une belle et féconde rentrée !

    2017-07-28-Jean-Michel-et-frère-Aloïs.jpg« Il faut si peu de mots pour dire les quelques grandes choses qui comptent dans la vie. Si j'écris un jour, je voudrais tracer ainsi quelques mots au pinceau, sur un grand fond de silence »
    Etty Hillesum


    Notre frère prieur avec Frère Aloïs, prieur de la communauté œcuménique de Taizé

    En route vers l'ermitage...

    Avec vous de tout mon cœur de frère.

    Jean-Michel+, prieur de la Communion Béthanie