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Message du prieur

  • Message du frère prieur pour le début de l’été

    Chers sœurs, frères et ami(es) de notre Communion Béthanie,

    2017-06-31-Le-vent-souffle-où-il-veut.jpg« Le vent souffle où il veut, et tu entends sa voix ; mais tu ne sais ni d'où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l'Esprit. » Jean 3, 8

    Dans quelques jours, notre famille vivra sa retraite d'été, à la Communauté de La Roche d'Or, sur le thème : « Les surprises de l'Esprit-Saint ! »

    Un des trois fondateurs de cette communauté, le père Florin Callerand disait : « Dieu n'a pas d'habitude ! Il bouge tout le temps, et nous devons toujours être en avance sur notre propre devenir »

    Ensemble, nous désirons accueillir les surprises, les inattendus de l'Esprit-Saint.
    La première surprise ce sont, me semble-t-il, nos sœurs, nos frères, nos ami(es).
    En Communion Béthanie, nous ne nous choisissons pas.
    Il n'est pas toujours facile de reconnaître l'Esprit à l'œuvre dans l'autre.
    Il n'est pas toujours facile de se réjouir des dons de l'autre.
    Finalement, il est si difficile d'aimer l'autre, tout simplement parce qu'il est autre...!!

    2017-07-05-Communauté-de-La-Roche-d'Or.jpgNous allons prier ensemble pour sortir de nos habitudes, pour offrir un espace à ce Dieu qui bouge tout le temps.
    Nous allons écouter ensemble pour relancer notre course, pour être toujours en avance sur notre propre devenir.

    J'inscris notre fraternité dans cet élan que je résumais en quelques mots pour la fête de nos dix ans, il y a deux ans :

    - Intériorité, « monachisme intériorisé » : tel que je suis et non pas tel que je rêve d'être, tout mon être-cœur, corps, âme, esprit-donné à Jésus le Christ. « Consentir à toujours commencer. Traduire en patience le désir du Royaume... Savoir que toute chose est en Dieu précieuse et pure » Hymne pour la fête de saint Benoît.

    - Personnes transgenres : se laisser surprendre et déplacer intérieurement par l'inédit de ces personnes avec qui, Dieu nous donne de vivre, de partager le pain et la coupe...
    Une de nos sœurs m'offrait ces derniers jours cette perle de Sylvie Germain : « Moi je regarde le monde à cœur nu, je vois en grand la détresse des gens minuscules et infime la splendeur des puissants. Rien ne me normalisera la vue »

    - Œcuménisme : l'après-midi de sa mort, le 16 août 2005, Frère Roger de Taizé appela un frère et lui dit : "Note bien ces mots !" Un long silence puis il commença : "Dans la mesure où notre communauté crée dans la famille humaine des possibilités pour élargir..." Il s'arrêta là, la fatigue l'empêchant de terminer sa phrase.
    « Élargis l'espace de ta tente » Isaïe 54
    Là est notre appel, là est notre souhait.
    Élargir vers toutes et vers tous, élargir vers les personnes jeunes qui, je le souhaite, mettront la pagaille chez nous ! (cf. le pape François s'adressant aux jeunes: « Mettez la pagaille... »)

    « L'avenir s'ouvre beau...
    Continuez, continuez, tout est en avant »
    père Florin Callerand 1917-1998

    Avec vous, Jean-Michel+, votre frère prieur de la Communion Béthanie

     

  • Message de Pentecôte 2017

    « Une Église condamnée à renaître »

    2017-06-03-Pentecôte.jpgC'était le titre, un brin provocateur, d'un livre-entretien du frère André Gouzes avec Philippe Baud, en 2001.
    Je lui préfère l'intitulé : « Une Église appelée à renaître »
    C'était déjà vrai en 2001, c'est un appel pressant en 2017.

    Mon propos, ici, n'est pas d'énumérer les divers lieux où l'Église est à bout de souffle.
    Ce n'est pas non plus le moment d'analyser les profondes fractures qui paralysent l'Église.

    Avec vous, je voudrais pendant quelques instants regarder la beauté de l'Église.
    Beauté qui n'appartient pas à l'Église catholique, pas plus qu’à l'Église orthodoxe, ni aux Églises issues de la Réforme...
    Beauté souvent cachée qui est le fruit du Vent : il souffle où il veut, tu entends sa voix mais tu ne sais ni d'où il vient, ni où il va (Jean 3, 7-15)

    Beauté qui tient en quelques mots essentiels : amour, joie, paix, patience, bonté, bénignité, fidélité, douceur, tempérance (Galates 5, 22)
    Dans le cœur d'une multitude de personnes, au sein de très nombreuses petites communautés de base, ces mots prennent chair et donc visages.

    Pentecôte 2017, qui va se lever ?
    Qui veut participer à la renaissance de l'Église ?
    Qui veut rayonner la beauté de l'Évangile ?
    Pour cela, pas de grands discours, pas d'éclats de voix, pas de bannières, pas d'oripeaux...
    Écoute frère Roger de Taizé : « Vis le très peu de choses que tu as compris de l'Évangile »
    Prie avec lui : « Père, tu es celui qui, chaque matin, passes à mon doigt l'anneau du prodigue, l'anneau de fête »

    Dans le livre-entretien cité plus haut, le frère André Gouzes dit :
    " « Élargis l'espace de ta tente », dit le prophète Isaïe. Il faut savoir avec beaucoup de générosité et toujours plus de patience et d'humilité, élargir la tente de l'Église...
    Je crois en l'Esprit-Saint, qui est souffle d'innovation. Il peut susciter des femmes et des hommes d'invention qui, parce qu'ils seront au cœur même des choses, seront aussi des femmes et des hommes de grande tradition...
    J'espère une nouvelle génération de « fols en Christ », de ces prophètes et de ces saints capables de refonder chaque jour l'Église par le témoignage de leur foi et l'élan de leur jeunesse."

    Sœurs, frères, ami(es) de notre Communion Béthanie, je vous lance cet appel pressant :

    Voulez-vous, participer à la renaissance de l'Église ?
    Voulez-vous lui rendre sa beauté première, celle du matin de la Pentecôte ?
    Renoncez-vous aux vains bavardages, aux revendications stériles ?
    Renoncez-vous aux jugements rapides et sans nuances sur l'institution, sur la hiérarchie... ?

    Nous n'avons plus le temps...
    N'entendez-vous pas un bruit qui vient du ciel, comme un violent coup de vent ?
    Ne voyez-vous pas des langues de feu se poser sur chacun de vous ?
    Vous voici remplis de l'Esprit-Saint.
    Vous allez vous exprimer selon le don de l'Esprit...

    Je m'incline devant vous : vous êtes la beauté de l'Église, vous êtes un don de l'Esprit pour notre temps.

    Jean-Michel+, frère prieur de la Communion Béthanie.

    Dans cet Esprit, je vous offre, comme compagne de route, la nouvelle « prière officielle » de notre Communion :

     

    2017-Prière-CB-recto-400.jpgJésus le Christ,
    nous voici invités
    dans la maison de Béthanie.
    Tu es là, nous adorons ta présence.

    Voici Marthe, elle nous dit: « Le Maître est là, Il t'appelle ».
    Voici Marie, elle verse, en silence, sur tes pieds, une livre d'un parfum
    très pur et de très grande valeur. Avec ses cheveux elle essuie tes pieds
    et la maison est remplie par l'odeur du parfum.
    Voici Lazare. Sur lui, Tu cries d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! »
    À ses amis(es), Tu dis : « Déliez-le et laissez-le aller »
    Tu aimes Marthe, sa sœur Marie ainsi que Lazare.
    Dans cette famille, Tu nous accueilles comme tes ami(es).
    Ici Tu nous dis chaque jour : « Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »
    Marie, ta mère, est-elle aussi invitée dans cette maison de Béthanie ?
    L'Évangile ne nous le dit pas. Nous ne savons pas.
    Discrète, partout, elle nous dit : « Tout ce qu'il vous dira, faites-le. »

    Que nous dis-Tu ?

    « Comme Je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres.
    Vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns les autres.
    Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c'est
    l’amour que vous aurez les uns pour les autres. »
    En Communion Béthanie, nous désirons demeurer en ton Amour,
    être humble signe de la communion que Tu vis avec ton Père,
    dans l’Unité de l’Esprit.
    En ta Maison des cieux, Tu nous prépares une Demeure éternelle.
    Vers elle, ensemble, nous marchons.

    Amen

    Prière de la Communion Béthanie
    2017 Prière CB.pdf
    2017-Prière-CB-recto.jpg
    2017-Prière-CB-verso.jpg

     

  • Message spécial de Jean-Michel+, frère prieur du 29 avril 2017

    Chers sœurs, frères, ami(es) de notre Communion Béthanie,

    Notre fraternité priante n'a pas pour vocation de prendre position lors des débats de société, ni lors des élections.
    À titre d'exemple, nous sommes restés dans un silence priant lors des débats pour le « mariage pour tous » (2012-2013) en France.
    Ce n'est pas pour nous une « évasion » des joies, des espoirs, des douleurs... de notre monde, c'est très simplement notre appel, c'est la note que nous souhaitons jouer !
    « Donne ta note juste..., juste ta note ! »
    « Rien n'est plus responsable que de prier » frère Roger de Taizé

    2017-04-29-élection.jpgCeci-dit, je me permets de proposer à votre méditation « trois paroles » : une de votre serviteur, une de Monseigneur Marc Stenger, évêque de Troyes et une de la liturgie de la Pentecôte :


    1.      La liberté et l'égalité sont de l'ordre de la grâce, la fraternité est de l'ordre du devoir.
    Pour les ami(e)s de Jésus, elle est de l'ordre de la grâce.


    2.      « Le 7 mai : quel bulletin de vote?
    Pas celui de la peur, de la haine, du rejet, du mensonge, de l'exclusion, du repli : c'est l'opposé de l'Évangile. »


    3.      « Viens Esprit-Saint, en nos cœurs,
    Et envoie du haut du ciel
    Un rayon de ta Lumière...

    Sans ta puissance divine,
    Il n'est rien en aucun homme,
    Rien qui ne soit perverti.

    Lave ce qui est souillé,
    Baigne ce qui est aride,
    Guéris ce qui est blessé.

    Assouplis ce qui est raide,
    Réchauffe ce qui est froid,
    Rends droit ce qui est faussé... »


    Comme tout le monde, je suis peuplé d'ombres (cf. mon dernier message suite à la mort violente de Xavier). Cependant, en ces jours, je redis avec force et conviction ma foi en la fraternité. Je réaffirme l'engagement de notre Communion Béthanie à servir les plus petits, les plus fragiles, dans la douceur et le respect. Sans cesse, je me rappelle que le destin de l'humanité repose au cœur des contemplatifs et..., que « ma vie est mon seul enseignement » Gandhi.

    Jean-Michel+, frère prieur de la Communion Béthanie

  • Xavier, victime de la haine le 20 avril 2017

    A-Dieu Xavier

    2017-04-21-hommage.jpgXavier, victime de la haine, sur les Champs-Élysées, notre Communion Béthanie se fait toute proche de vous.
    Toute proche aussi de votre compagnon si cruellement frappé, de vos familles respectives et de vos proches.

    Notre prière exprime notre proximité avec toutes les victimes de la violence partout dans le monde.
    Notre prière exprime notre désir d'entrer dans l'Espérance.
    « L'Espérance c'est le désespoir surmonté » Bernanos.

    Dans mon esprit et dans mon cœur, cette parole de la première lettre de Pierre, chapître 3, versets 15 et 16 :
    « Soyez toujours prêts à tout moment à rendre compte devant quiconque de l'espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect »
    Je médite cette parole en ces heures...

    2017-04-21-Jean-Michel.jpgAlors, mes ami(es), je vais être pleinement honnête avec vous, autant que faire se peut.
    De quelle manière, je rends compte de cette espérance qui est moi ?
    En moi, même si cela ne se voit pas toujours à l'extérieur - oh ! L’hypocrisie qui fait dire au pape François : « Un athée vaut mieux qu'un catholique hypocrite » - , en moi, je ne perçois ni « douceur », ni « respect » ou si peu...
    En moi, arrogance, manque d'écoute, volonté agressive d'imposer une façon de voir, de penser et parfois un sentiment abusif de posséder la vérité.
    Autrement dit, le combat, la lutte contre la violence débute et se poursuit au-dedans de moi.
    Vous me direz : « Tu exagères » ...
    Non, aucune exagération.
    Accueillir Jésus dans mes ténèbres intérieures, c'est découvrir qu'il contredit l'instinct le plus répandu : celui qui consiste à s'affirmer en dominant les autres.
    La vérité de Jésus n'est pas quelque chose que l'on possède mais plus modestement quelque chose que l'on essaye de vivre!

    2017-04-21-plus-d'armes.jpgJe prie : « Kyrie eleison ». J'ai soif d'authenticité intérieure, de réelle fraternité.
    « Je cherche la terre pacifiée où dire Notre Père sans oublier personne » frère Christophe, moine de Tibhirine.
    J'entends l'appel des évêques de France en janvier 2015... ! : « Enracinés dans l'Évangile, portés par l'Espérance, nous devons nous interroger sur notre projet de société. Quelle société voulons-nous bâtir ensemble ?... C'est ensemble que nous construirons la société de demain. Non les uns contre les autres mais les uns avec les autres ».

    Xavier, père Jacques Hamel, toutes les victimes de la violence priez avec moi et pour moi, priez avec nous et pour nous.
    Il est grand temps de vivre l'Évangile !

    Jean-Michel+, frère prieur de la Communion Béthanie

     

  • Vœux 2017 : une communion colibris...!!

    Conte du colibri

    2017-01-01-Colibri.jpgCela se passe dans la forêt amazonienne. Dans cette forêt, l’on voit des arbres à perte de vue, mais en regardant un peu mieux, on aperçoit un arbre plus grand et plus haut que tous les autres.

    Cet arbre, il a des branches qui disent : « Venez à moi, peuple des oiseaux ! Venez à moi, je vous accueille ».

    Et tout ce petit monde piaille, joue, discute … vie en harmonie.

    Mais un jour, arrive un grand malheur, l’arbre prend feu, les oiseaux impuissants s’élèvent dans le ciel contemplant leur arbre partir en fumée.

    À travers la fumée, ils distinguent un petit oiseau qui va à la rivière prendre une goutte d’eau dans son bec et la déposer sur l’arbre. Il retourne à la rivière prendre une goutte d’eau dans son bec et la jette sur l’arbre et retourne encore à la rivière inlassablement, prend une goutte d’eau dans son bec et la dépose sur l’arbre.

    Et ce petit oiseau, c’est colibri. Vous savez, ce petit oiseau multicolore avec un long bec pour sucer le nectar des fleurs.

    « Mais colibri, que fais-tu ? Viens ! Cela ne sert à rien, viens rejoins-nous ! »

    « Je fais ma part, je fais ma part, je fais ma part de travail pour éteindre le feu ! »

    « Et vous aussi, vous aussi venez faire votre part, faire votre part ! Votre part de travail pour éteindre le feu. »

    Les oiseaux se regardent, perplexes. Et dans un même élan, ils s’élancent vers la rivière, prennent une goutte d’eau dans leur bec et la déposent sur l’arbre, puis retournent à la rivière prendre une goutte d’eau dans leur bec et la jettent sur l’arbre et retourne encore à la rivière, inlassablement prennent une goutte d’eau dans leur bec et la déposent sur l’arbre.

    Et ces millions de gouttes d’eau forment une pluie si fine et si dense que le feu finit par s’éteindre.

    Depuis ce jour, l’arbre reverdi, l’harmonie est revenue en son sein et chacun a gardé en mémoire qu’il doit faire sa part.

    Conté par Claire Dumesnil (Tarn).



    2017-01-01-Jean-Michel.jpgLe feu de la haine, de la violence, de la guerre...
    Le feu des jugements sans appel, du mépris...
    Le feu des paroles dures, des paroles de condamnation...
    Le feu du non-respect des personnes de « notre peuple homosensibles, transgenres » sur le continent africain, dans les ex-pays de l'Europe de l'Est...
    Le feu des chemins sans horizon de tant de femmes, d'hommes, de jeunes, d'enfants jetés sur les routes...
    Le feu de la traite des humains, des enfants...

    Et notre petite Communion Béthanie?
    Frère Roger de Taizé a beau nous redire depuis le balcon du Ciel : « Rien n'est plus responsable que de prier »
    Que faisons-nous ? Que pouvons-nous faire ?

    « Je fais ma part, je fais ma part de travail pour éteindre le feu »
    Une Communion colibris, envoyée les mains vides, le cœur ouvert à la vulnérabilité de la rencontre.
    Une Communion qui accueille, chaque jour davantage la fragilité, la petitesse de notre Dieu.
    Sans doute, faut-il se détacher de cette idée de la toute-puissance malsaine de Dieu.
    Sans doute faut-il prier avec Maître Eckhart : « Seigneur-Jésus, débarrasse-moi de Dieu » Autrement-dit, débarrasse-moi des fausses images de Dieu, des caricatures de Dieu.
    Découvrir en Jésus le Christ, un Dieu pleinement solidaire de l'histoire humaine, jeté sur les chemins ardus de l'humanité.
    « Jésus-Christ nous a délivré de Dieu » disait Maurice Zundel.
    Jésus le Christ nous donne à contempler un Dieu colibris.
    Un colibri qui, par sa croix, a éteint le feu de la haine, un colibri qui, au matin de Pâques, a répandu le doux feu de l'Amour qui ne meurt jamais.

    Il nous murmure : « Je fais ma part... Et toi ? »

    Appel et engagement de notre Communion Béthanie, de ses ami(es) au seuil de cette année nouvelle 2017.
    Appel à vivre la charité en actes et en vérité.
    « L'évangile est pétri de ce soin du minuscule, car le minuscule n'est jamais dérisoire » sœur Véronique Margron op.
    Un jeune ami musulman me disait ces jours derniers : « La charité c'est le regard de Dieu vers les hommes au travers du regard des hommes »

    À vous petits colibris !, paisible année 2017, car comme l'écrit le poète : « On peut écraser une fleur, on ne peut empêcher le printemps de refleurir »

    Jean-Michel+, frère prieur de la Communion Béthanie.

  • Alep, meurtre de l'ambassadeur russe en Turquie, attentat à Berlin...

    A quelques jours de Noël, des enfants, des jeunes, des femmes, des hommes vivent dans une violence sans nom dans la ville d'Alep,
    A quelques jours de Noël, un ambassadeur assassiné,
    A quelques jours de Noël, un attentat vient de frapper la capitale de l'Allemagne,
    A quelques jours de Noël, haine, pleurs, cris, larmes, tant de souffrances... Tant de visages ravagés par la douleur, partout dans notre monde.

    Notre Communion Béthanie est là, dans une pauvre mais fidèle prière.
    Je vais, pour ma part, me rendre dans « une maison de prière » en ces heures où nous allons fêter la Nativité de Jésus le Christ.
    Je pars « me cacher » quelques jours, non pas pour fuir notre monde, mais pour essayer de l'écouter en profondeur...

    Sur la route vers mon lieu de retraite spirituelle, je médite ces paroles de notre frère Roger de Taizé :
    « Quand la confiance de la foi devient parfois peu accessible, nous pouvons dire à Dieu : Ne regarde pas ma petite foi, mais donne-moi de m'appuyer sur la foi de toute l'Eglise, sur celle de tant d'humbles témoins qui ont vécu de toi incomparablement »

    Avec vous, au service de la paix, en actes et en vérité,
    Frère Jean-Michel+ Dunand, prieur de la Communion Béthanie

     

  • Lettre ouverte au pape François


    2016-10-07-Pape-François.jpgPère bien-aimé François,

    En mon nom personnel et au nom de notre Communion Béthanie, je me permets de venir vers vous.

    Souvent, vous nous demandez de prier pour vous.
    Votre ministère doit être si complexe, si subtil.
    Soyez certain que je prie pour vous, que nous prions pour vous et pour tous nos pasteurs.

    Dans cette complexité, qui est sans doute votre quotidien, merci de garder votre sourire, de mettre toujours le curseur vers la bonté, vers la miséricorde, vers l'audace évangélique.

    Je ne reviendrai pas sur la « théorie du genre »... Je n'ai aucune compétence dans ce domaine.
    Je regrette que ce sujet que vous avez abordé le dimanche 2 octobre au soir est, en partie, occulté vos « paroles révolutionnaires » concernant les personnes homosexuelles et les personnes transgenres.
    Vous dites :

    « Avant tout, moi j'ai accompagné dans ma vie de prêtre, d'évêque - aussi de pape - j'ai accompagné des personnes avec une tendance et aussi des pratiques homosexuelles. Je les ai accompagnées, je les ai rapprochées du Seigneur, certains ne pouvaient pas, mais je les ai accompagnées et jamais je n'ai abandonné personne. C'est ce que j'ai fait. Les personnes doivent être accompagnées comme les accompagne Jésus. Quand une personne qui est dans cette condition arrive devant Jésus, Jésus ne lui dira certainement pas : « Va-t’en parce que tu es homosexuel ! » Non. »

    Ensuite vous parlez de votre accueil au Vatican d'une personne transgenre avec son mari :

    « La vie est la vie, et les choses doivent se prendre comme elles viennent. Le péché est le péché. Les tendances ou les déséquilibres hormonaux créent tant de problèmes... Mais chaque cas, l'accueillir, l'accompagner, l'étudier, discerner et l'intégrer. Cela, c'est ce que ferait Jésus aujourd'hui... Toujours avec la Miséricorde de Dieu, avec la vérité..., toujours comme ça, toujours avec le cœur ouvert. »


    Depuis plusieurs années, ces paroles, je les entends dans le secret des « bureaux épiscopaux » ! Que de belles, authentiques, priantes rencontres avec nos évêques, avec des responsables de l'Eglise !
    Mais vous, Père, vous opérez une révolution ! Vous dites très haut, très clairement ce que beaucoup n'ont jamais osés exprimer en public.
    Ainsi vous nous permettez de respirer à nouveau, vous ouvrez des chemins possibles. Pas des chemins idylliques, mais la « vraie vie » !! La vie dans sa complexité, la vie qui est si souvent un chemin bien ardu... loin des théories, loin des idéologies, tout proche du vécu des personnes, tout proche du vécu des personnes transgenres et homosensibles.

    Pour cela, pour votre communication verbale et encore plus, pour votre communication non verbale, le fils de l'Eglise que j'essaye d'être, vous dit : MERCI.

    Mon ministère, mon service d'écoute, au sein de notre Communion Béthanie est encouragé et confirmé par votre personne. N'est-ce pas le ministère de Pierre de confirmer ses frères et sœurs dans la foi, dans la vie avec Jésus le Christ?
    Si je devais trouver des lignes qui expriment ce service d'écoute, je citerais sans hésitation T. Châtel in « Accompagnement éthique de la personne en grande vulnérabilité » :

    « À ce niveau de profondeur, à ce niveau de lâcher-prise, l'accompagnement devient une authentique affaire d'amitié, de philia, reposant sur une relation pleinement fraternelle...
    Et c'est l'autre qui, accablé par sa vulnérabilité, nous invite à le rejoindre à ce niveau plus profond de l'expérience humaine. Le soulagement de la souffrance vient alors de l'apaisement que procure le sentiment d'être ainsi rejoint dans son désarroi, son dénuement et d'y être reconnu et rencontré. »


    Dans une respectueuse proximité, Père bien-aimé François, je vous exprime ma réelle et tendre gratitude.
    Merci de prier avec nous et pour nous...

    2016-09-01-Jean-Michel.jpgVotre frère Jean-Michel+, prieur de la Communion Béthanie

     

  • [Prieur] Je vous donne un cœur de chair

    Aujourd'hui : « Je vous donne un cœur de chair » Ézéchiel 36, 26

    2016-09-01-Jean-Michel.jpgSur le ton de la confidence à une amie, à un ami :

    Une douce soirée d'été, au bord du lac d'Annecy, en Haute-Savoie.
    Avec Marie, une amie, je parle du développement de notre Communion Béthanie.
    « Ne te regarde pas trop, regarde Jésus qui console, qui appelle à Béthanie » me dit-elle spontanément.
    Cette parole amicale fait son chemin en moi. Véritable appel à la conversion.
    « Il faut refaire l'homme du dedans. C’est ce que l'évangile appelle conversion, métanoïa » Paul VI

    Ne pas trop se regarder, le regarder lui.
    Ou plutôt se regarder à la lumière de son regard.
    En parlant, lors de notre dernière retraite au carmel de la paix à Mazille, du monachisme intériorisé, je ne pensais pas qu'il creuserait, en moi, un tel sillon.
    En effet, un moine, une moniale fait vœu de conversion. Il s'engage à la conversion, rien que pour aujourd'hui... Car Jésus appelle toujours plus loin à tous les instants.

    Les événements que nous vivons en ce moment, dans notre monde, nous invitent à ne pas nous mentir à nous-mêmes.
    Nous mentir à nous-mêmes nous éloigne de notre propre vérité et blesse le corps et l'âme.
    Lorsque je me regarde, je vois en moi, mes dons, mes qualités, ma générosité, mes limites aussi, de la peur, de la colère, de la violence, une grande difficulté à aimer l'autre différent, de l'orgueil...
    Là, dans la vérité de mon être, Jésus me regarde.
    Là, dans la vérité, de mon être, je me laisse regarder, non par un regard de jugement, de condamnation mais par un regard d'exigeante miséricorde.

    2016-09-01-Ecrire.jpgA la toute fin de mes vacances, je passais pour l'eucharistie dominicale, dans une abbaye.
    Vers la porte de l'église, un cahier où l'on pouvait s'exprimer...
    Je me sens pousser à écrire : « Jésus, merci de me sauver. Tu es mon unique Sauveur »

    Oui, merci de sauver en moi mes dons, mes qualités, ma générosité, mon humilité...
    Qu'ils fleurissent là où je vis, je travaille, j'essaye d'aimer ! Rien que pour aujourd'hui.
    Oui, merci de me sauver de la peur, de la colère, de la violence, de mon orgueil...
    « Désarme-moi, désarme-nous, désarme les » frère Christian de Tibhirine

    Je ne veux pas sombrer dans un quelconque repli identitaire fut-il « chrétien » !
    Je ne veux pas me radicaliser. Cela ne guette pas que les autres !
    Je souhaite vivre le radicalisme, c'est-à-dire la racine de l'Évangile.
    Le Dieu de l'Évangile à qui j'offre ma foi est un Dieu désarmé qui invite à se désarmer pour pouvoir désarmer l'autre...
    Je désire vivre en sauvé.
    Vulnérable, fragile à l'extrême, je serai plus libre et plus crédible dans mon vœu d'aimer.
    Au seuil de cette rentrée scolaire, pastorale..., au seuil de cette nouvelle étape, j'entendrai, avec mes sœurs, frères, ami(es) en Communion Béthanie :
    « Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J'enlèverai votre cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair » Ézéchiel 36, 26

    Encore un fécond souvenir de cet été :

    2016-09-01-Maison-du-Grand-Pré.jpgCe matin-là, je priais avec des religieuses amies, les sœurs de la croix de Chavanod.
    Sœur Monica nous offre cette prière de contemplation :

    Seigneur, tu m'as toujours donné le pain du lendemain, et bien que je sois pauvre, aujourd'hui, je crois.
    Seigneur, tu m'as toujours tracé la route du lendemain, et bien qu'elle soit cachée, aujourd'hui, je crois.
    Seigneur, tu m'as toujours donnée la paix du lendemain, et malgré mon angoisse, aujourd'hui, je crois.
    Seigneur, tu m'as toujours donné la force du lendemain, et bien que je sois faible, aujourd'hui, je crois.
    Seigneur, tu m'as toujours donné la lumière du lendemain, et malgré mes ténèbres, aujourd'hui, je crois.
    Seigneur, tu m'as toujours parlé quand j'étais dans le doute, et malgré ton silence, aujourd'hui, je crois.
    Seigneur, tu es ma vie, tu es ma joie éternelle, jusque dans la mort, pour toujours, je crois.

    Bonne route... Aujourd'hui, si tu le veux, accueille un cœur de chair, un cœur vulnérable, un cœur qui fait vœu d'aimer.

    Ton frère, Jean-Michel+ prieur de la Communion Béthanie

  • Attentat à Saint-Étienne-du-Rouvray du 26 juillet 2016

    Chers sœurs, frères, ami(es),

    Dans une église du diocèse de Rouen, vient de se vivre un acte de violence sans nom. Notre Communion Béthanie prie et offre cet espace de fraternité, comme nous y invite Monseigneur Dominique Lebrun, archevêque de Rouen.

     2016-07-26-Saint-Etienne-du-Rouvray.jpgNon, nous ne répondrons pas à la haine par la haine. Jamais! C'est là notre chemin escarpé à la suite de Jésus le Christ.

    Profitant de quelques jours de repos, je suis en train de lire un ouvrage du père Christian Salenson : « Christian de Chergé, une théologie de l'espérance ». Ce matin, je méditais à nouveau sur la prière ultime des moines de Tibhirine : Seigneur, désarme-moi, désarme-les. Prions...

    Votre frère, Jean-Michel+ prieur de la Communion Béthanie

     

  • Attentat à Nice le 14 juillet 2016

    Lorsque le non-sens semble l'emporter, lorsque la violence semble dominer.
    Jésus est là, à Nice et ailleurs...

    2016-07-10-Mazille---Silence.jpgPourquoi ce silence de Dieu?
    Il n'explique pas la souffrance, Il ne dit rien.
    Sa présence silencieuse est paix.

    À l'aube de jour où je viens d'apprendre la nuit d'horreur qui vient de se vivre à Nice, je priais cette hymne de la liturgie des heures :
    « Dieu vaincu, tu n'as plus d'autre Parole...
    Tu dis seulement : Je suis l'innocent à qui tous les bourreaux font violence »

    Notre Communion Béthanie prie.
    C'est là notre appel et notre responsabilité.
    C'est là le signe réel de notre solidarité.

    Votre frère, Jean-Michel+ prieur de la Communion Béthanie