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Fêtes et temps

  • Deuxième dimanche de l’Avent 2018

    Évangile du jour : Luc 3,1-6 « Jean, le fils de Zacharie»

    L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode étant alors au pouvoir en Galilée, […] les grands prêtres étant Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie.
    Il parcourut toute la région du Jourdain en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés, comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.
    Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis ; et tout être vivant verra le salut de Dieu.

    2018-12-09-Avent-2-désert.jpg

    Coucher de soleil sur le désert du Namib à Walvis-bay


    Laetitia
    Et si je te demandais, comme ça, ce que ça t'évoque le « salut de Dieu » ?

    Valérie
    Le « salut de Dieu » ? Bah, je ne sais pas si je dois le dire mais écrit de cette façon, je visualise Dieu qui me dirait salut en me faisant un petit coucou de la main !

    Laetitia
    Comme s'il te faisait signe ?

    Valérie
    Oui, quelque chose de très familier...

    Laetitia
    Comme si Dieu s'adressait à toi personnellement ?

    Valérie
    Oui, mais dit comme ça, pour le coup, ça m’impressionne... Dieu s'adressant à... moi ?
    Rien qu'à imaginer son regard, soudain, tout s'efface autour de moi, tout et tous.
    Comme téléportée, me voilà seule, debout dans le désert.
    Je réalise que son regard a la puissance, le pouvoir de faire ça, effacer tout le reste et m'emmener loin. Et seule au milieu de nulle part (dans l'image que je visualise), je peux voir et entendre que c'est en effet à moi que Dieu adresse son salut. Il faut cette solitude-là.

    Laetitia
    Tu sais, c'est pour ça que régulièrement, j'aime bien faire l'expérience d'un temps de solitude, pour prendre un temps de cœur à cœur avec Dieu, pour me sentir vivante sous son regard. C'est ce que m'évoque le « salut de Dieu ».

    Valérie
    Voir le « salut de Dieu », mais aussi voir les « ravins comblés », les « montagnes et collines abaissées », les « chemins aplanis »... J'avais décidément une vision bien différente du temps de l'Avent...genre, la fête approche et voilà, c’est chouette !

    Laetitia
    Mais avant de voir tout ça, le chemin d’apprentissage continue. Tu te rappelles ? Dieu qui nous prend par la main..?
    Et là, je sens que Dieu m'invite à faire comme Jean et a partager autour de moi ce qu'Il nous promet par la venue de l'Enfant-Dieu dans nos vies.

    Valérie
    De mon côté, après le chaos des textes de dimanche dernier, j'ai juste envie de savourer un peu ce regard de Dieu posé sur moi, ce salut qu'il me tend, dans la solitude d'un désert où il n'y aurait plus que Lui et moi.

    Valérie et Laetitia
    Et vous ? Où en êtes-vous aujourd’hui ? Dans l'écoute de la « voix de celui qui crie dans le désert » ou dans l'élan de celui qui va de l'avant, et qui, au détour d'un sentier enfin devenu droit, pourrait bien être l'un de ces vivants qui « verra le salut de Dieu » ?


    Valérie et Laetitia

  • Premier dimanche de l’Avent 2018

    Évangile du jour : Luc 21,25-28.34-36 « Votre rédemption approche »

    En ce temps-là, Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots. Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire. Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche.
    Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste comme un filet ; il s’abattra, en effet, sur tous les habitants de la terre entière. Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »

    2018-12-02-Avent-1-ciel-brumeux.jpg



    Valérie
    Mince, je croyais que le temps de L'Avent était un temps joyeux, un temps de fête ! Dans cet Évangile, il n'est question que de désastre, de « nations affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots », d' « hommes [qui] mourront de peur dans l'attente de ce qui doit arriver », de mise en garde. C'est limite glauque. Certes, ça me fait penser à l'état du monde aujourd’hui, mais on est dans l'attente de quoi finalement ?

    Laetitia
    Moi je lis : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. »
    C'est comme si Dieu nous prenait par la main, de dimanche en dimanche, pour nous aider à comprendre ce qui se passe à Noël. Au premier dimanche, on n'est pas encore prêt.

    Valérie
    D'où l'idée de rester éveillé(e)s et de prier ? Mais pour être prêt à quoi ? C'est pas acquis que Noël est une fête !?

    Laetitia
    Dans ce texte du premier dimanche de l'Avent, il nous est déjà annoncé le retour du Christ à la fin des temps. C'est comme si on grillait toutes les étapes alors que Jésus n'est pas encore né, enfin, selon le calendrier liturgique.

    Valérie
    Donc avant d'avancer vers la fête, on prend d'abord la mesure de la gravité de ce qui va advenir. C'est ça ?

    Laetitia
    Oui ! On ne se précipite pas vers la fête, on y va lentement, dans une lente progression. Les dimanches suivant, les textes d’Évangile vont nous inviter à nous préparer intérieurement à nous émerveiller de la naissance d'un bébé qui n'est rien moins que le fils de Dieu.

    Valérie
    Ça me ramène à ce qu'a vécu ma fille cette année. Elle a eu à intégrer la mort de sa grand-mère – ma maman – tout en se préparant à donner la vie. D'une certaine façon, elle a fait l'expérience de cette vérité là : « Quand on donne la vie, on donne la mort. » Les deux sont intimement liés.
    C'est comme s'il fallait consentir à la fin, l'accepter, pour pouvoir s'émerveiller du début...

    Laetitia et Valérie
    Et vous, chacun, chacune, qu'auriez-vous à accepter aujourd’hui dans vos vies ?
    Quel poids, quelle lourdeur à déposer en Lui, avant de cheminer plus léger, légère, vers l'émerveillement ? Le temps serait-il à un peu plus de lenteur ?

    Laetitia et Valérie

  • Message du frère prieur pour la nativité de saint Jean le Baptiste, le 24 juin 2018

    En la fête de la Nativité de saint Jean le Baptiste 2018,

    Jésus vient nous déranger

    2018-06-24-Grand-Inquisiteur.jpgJe viens de relire avec plaisir le « Grand Inquisiteur » de Dostoïevski.
    En ce temps où l'Inquisition allumait des brasiers innombrables pour éteindre l'hérésie, le Christ revient.
    Non pas pour clôturer les temps, il revient humble parmi les humbles, et tous le reconnaissent.
    Quand il parvient sur la grande place de la cathédrale de Séville en Espagne, aussitôt l'Inquisiteur (vieillard voûté et gris, face au visage de lumière) le repère et fait procéder à son arrestation dans un silence général.
    Le Christ est conduit dans les prisons du Saint-Office, et, la nuit tombée, le vieil Inquisiteur lui adresse un discours qui constitue, par sa pensée politique, une provocation sidérante.
    Il l'accuse d'être venu « déranger », troubler un ordre, une tranquillité, une sécurité que l'Eglise s'était efforcée d'instaurer, de restaurer même dans les cœurs.
    Le Christ reste muet, jusqu'au bout, parce qu'il y a un silence grondant à opposer à ceux qui parlent au nom de Dieu, et qui prennent le pouvoir au nom de leur impuissance.

    Le Christ-Jésus nous dérange, nous déplace.
    Il nous a appelés des ténèbres à son admirable lumière cf. 1 Pierre 2, 9

    Cette année pastorale qui s'achève aura été pour moi, l'année des déplacements intérieurs.
    Après notre retraite de l'été dernier à la Communauté de La Roche d'Or qui avait pour thème « Les surprises de l'Esprit-Saint », j'ai été embarqué, comme malgré moi, dans des espaces, des passages.
    Je souhaite ici, vous partager quelques-uns de « ces dérangements » ...

    Suis-je davantage dans son admirable lumière aujourd'hui ?
    Suis-je un peu plus éloigné de mes ténèbres ?
    Je ne sais pas.
    A Jésus de juger.
    Ce qui est certain sur cette route de la conversion, c'est qu'il nous faut consentir à toujours commencer et à prier intensément les uns pour les autres.

    2018-06-24-Calendrier.jpg- En janvier dernier, quelques jours après avoir été fragilisé par une intervention chirurgicale (rien de grave !), me voici invité par les jeunes du Refuge pour un Facebook Live, sur le thème : homosexualité et religion.
    Calé dans mon fauteuil, je vais vivre une rencontre limpide avec des jeunes homos et trans, juifs, chrétiens, musulmans…
    Je garde en mémoire cette réaction d'un jeune musulman : « Comment être violent à partir de nos textes ? Nos textes sont si fragiles. Le Coran est si fragile »
    La fragilité de la Parole… Comme un souffle fragile...
    A méditer…

    - Début février, je rencontrais Monseigneur Michel Aupetit, archevêque de Paris.
    Dans les mois précédents et ceux qui suivirent, il m'a été donné de rencontrer la Pasteure Emmanuelle Seyboldt, présidente du conseil national de l'Eglise protestante unie de France, le Pasteur Antoine Nouis, écrivain et journaliste, Monseigneur Michel Santier, évêque de Créteil, le Cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, Monseigneur Jacques Blaquart, évêque d'Orléans, Monseigneur Pierre-Marie Carré, archevêque de Montpellier.
    A quoi bon toutes ces rencontres avec des responsables d'Église ?
    A quoi bon ce temps consacré à ce que certains pourrait juger comme de la diplomatie ecclésiale ?
    Je crois à la gratuité de la rencontre, une rencontre sans enjeu. Une rencontre où l'écoute, la parole jouent la partition d'une fraternité en actes.
    Réenchanter la rencontre…
    « En Eglise, personne n'est obligé d'être ami, mais nul n'est dispensé d'être frère » Cardinal Louis-Marie Billé
    A méditer…

    - Du 26 au 28 février, j'ai été invité par le groupe Pêcheurs d'hommes de David et Jonathan.
    Ce groupe est composé de prêtres, pasteurs, religieux homosexuels.
    Convié à participer à leur retraite, à « l'animer » d'une certaine manière, je ne suis pas sorti « indemne » de cette expérience !
    Très touché par l'accueil des religieuses du Cénacle de Versailles, accueil discret, délicat, bienveillant.
    C'est si beau une communauté qui vit à la fréquence de l'Evangile.
    On y respire à pleins poumons, sans masque. Tant il est vrai que l'on a du mal à respirer derrière un masque !
    Très touché aussi par les échanges authentiques, décapants de ces prêtres entre eux.
    Plus d'une fois, j'ai été déplacé dans ma carte de croyance, j'ai été amené plus loin...
    Ceux qui ont quittés le ministère depuis plusieurs années comme ceux qui sont en plein ministère ont témoignés de « leur être prêtre ». C'était juste bouleversant.
    Souvent durant ces heures me revenait au cœur ce verset de la Parole : « Les hommes regardent l'apparence, mais le Seigneur regarde le cœur » 1 Samuel 16,7.
    A méditer...
    Jésus me dérange : béni soit-il !
    « Qui a connu la pensée du Seigneur ? » Romains 11,34.

    L'Eglise me dérange : bénie soit-elle !
    « L'Eglise catholique est faite de cercles concentriques toujours plus grands » Jean XXIII à Frère Roger de Taizé lors de leur dernière rencontre.

    2018-06-21-Jean-Michel.jpgEt si ma vocation était de déranger, un peu, beaucoup.. ?!
    Et si l'appel de notre Communion Béthanie était de déranger, un peu, beaucoup... ?!
    Mon ministère d'adjoint en pastorale scolaire dans l'Enseignement Catholique, mon ministère de prieur de notre famille spirituel me donne de rencontrer un grand nombre de visages.
    Nous désirons vivre un monachisme intérieur. Un chemin très simple, très pauvre qui peut se résumer par cette phrase extraite de notre prière :
    « Que notre vie contemplative révèle à toute personne sa beauté !
    Tout être est beau puisqu'il vient du désir de Dieu »

    Jean-Michel+, votre frère
    prieur de la Communion Béthanie

  • Pâques 2018, dimanche 1er avril

    Pour ce Carême et Pâques 2018, ce sont des sœurs et des frères des Églises issues de la Réforme qui nous accompagnent.
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    Marie et Marthe
    (Jean 12,1-11 et Jean 11,20-27)

    2018-04-01-Marie-et-Marthe.jpgMarie de Béthanie est une disciple de Jésus, qui par son geste osé témoigne au Maître son amour et sa reconnaissance. Elle tient ici le premier rôle, alors qu’au chapitre précédent ce rôle était réservé à Marthe. Comme chez Marc et Matthieu, Jésus se fait l’interprète du geste de Marie en le liant à sa mort imminente.

    Le fait d’oindre ses pieds, et non sa tête comme le voulait la coutume, est surprenant. La quantité de parfum utilisée paraît excessive, comme dans les autres récits. Enfin, il est inconvenant pour une femme de dénouer ses cheveux en public pour essuyer les pieds d’un hôte. Cela dit, comme le relève Jean Zumstein dans son commentaire sur le quatrième évangile, « Marie oint les pieds de Jésus (v. 3) avant que Jésus ne lave ceux de ses disciples (13,2-11) ».

    Judas Iscariote tient ici le rôle de l’opposant. Il se voit doublement discrédité. Tout d’abord, son nom est clairement indiqué, ce n’est plus un groupe anonyme, et Judas est décrit comme « l’un de ses disciples, celui-là même qui allait le livrer ». Tout semble avoir été dit. Et pourtant, le récit insiste : c’est un voleur, qui ne mérite aucune confiance.

    Une opposition très forte se dessine : si Marie incarne ici l’amour de Jésus, Judas, pour sa part, incarne l’amour de l’argent.

    Deux autres personnages jouent un rôle important dans ce récit : Lazare et Jésus. Le début du récit précise que Jésus avait relevé Lazare d’entre les morts. Son retour à la vie est donc bien réel, et sans doute est-ce pour célébrer cet événement que les convives sont rassemblés.

    À ce sujet, n’oublions pas que le retour à la vie de Lazare n’a aucune commune mesure avec la Résurrection du Christ. Lazare devra mourir un jour, alors que Jésus entrera dans la vie de Dieu. Néanmoins, le fait d’avoir rappelé son ami d’entre les morts va conduire Jésus vers la sienne, car les grands prêtres et les pharisiens l’ont décidé ainsi (Jean 11,46-53). Et dans notre passage, ils programment également la mort de Lazare, « puisque c’était à cause de lui qu’un grand nombre de Juifs les quittaient et croyaient en Jésus » (Jean 12,11).

    Un détail établit symboliquement le contraste entre Lazare et Jésus : le cadavre du premier dégageait une odeur putride, tandis que « Jésus, oint par Marie, diffuse une bonne odeur, une odeur de vie » (Jean Zumstein). Et l’auteur de cette belle formule donne une précision utile : « Ce rite d’ensevelissement anticipé ne vise pourtant pas à masquer l’odeur envahissante de la mort, mais à signaler que cette mort, désormais inéluctable, a une bonne odeur de vie ».

    2018-04-01-Marie-et-Jésus.jpgLe récit de Jean insiste sur l’inattendu. Le geste de Marie est inimaginable, inconvenant, hors de propos. Et pourtant c’est ce geste qui permet à Jésus d’attirer l’attention sur l’enjeu véritable : sa mort imminente. Ce qui paraissait hors de propos se révèle en fait au centre de la réalité vécue. L’excès, l’extravagance attire une réprobation immédiate, mais finalement injustifiée. Jésus accepte l’inimaginable et lui donne sens. La semaine qu’il doit vivre est aussi marquée par un excès – celui du mal qui veut sa mort. Judas n’apprécie pas la bonne odeur, l’odeur de vie. Les grands prêtres non plus.

    L’inattendu de Dieu avait déjà surpris Marthe, la sœur de Marie, au chapitre précédent. Un Jésus qui tarde, un Jésus absent. Lazare a le temps de mourir. Quand Marthe rencontre Jésus, elle est tournée vers le passé : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Alors Jésus évoque le retour à la vie de Lazare. Du coup, Marthe se tourne avec dépit vers ce lointain avenir (celui de la résurrection, au dernier jour). Avec dépit, car c’est une réalité lointaine. Et sa peine est immense, elle a envahi tout son présent. Jésus va donc recentrer son attention sur le présent : « C’est moi qui suis la résurrection et la vie. » Alors c’est la foi de Marthe qui ressuscite, qui reprend vie. Même si une résurrection qui se décline dans le présent dépasse l’imagination.

    « Quand le Christ s’établit au cœur même d’une situation, il amène avec lui la Puissance de la Résurrection. Dans son essence même, la résurrection est inattendue, imprévisible, surprenante. Nous ne sommes pas maîtres de la forme qu’elle prendra, ni du temps où elle se manifestera. Il arrive que nous ne la reconnaissions pas parce que nous attendions autre chose, et nous continuons à attendre, alors qu’elle est déjà là. Il s’agit ici de la résurrection dans notre quotidien » (Simone Pacot).

    Marthe est saisie par une parole incroyable, tout comme sa sœur Marie accomplira un geste inimaginable. C’est ainsi que se présente l’inattendu de Dieu.

    Yvan Bourquin
    Prédicateur laïc dans l’Église protestante du canton de Vaud (Suisse)

  • Carême 2018, Vendredi-Saint, le 30 mars

    Pour ce Carême 2018, ce sont des sœurs et des frères des Églises issues de la Réforme qui nous accompagnent.
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    Ombre et lumière dans la solitude du désert

    Moïse dit à l’Éternel : « Si tu ne marches pas en personne avec nous, ne nous fais pas partir d’ici ! » Il répondit : « Ce que tu viens de dire, je le ferai car tu as rencontré ma faveur et je te connais intimement. » Il dit : « Fais-moi donc voir ta gloire ! » Il répondit : « Je ferai passer toute ma bonté devant toi (…).
    Exode 33, 15.17-19

    Lorsque Judas fut sorti, Jésus dit: « Maintenant, le Fils de l'homme a été glorifié, et Dieu a été glorifié en lui. Si Dieu a été glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même, et il le glorifiera bientôt. »
    Jean 13, 31-32

    2018-03-30-Emerveillement.jpgNous sommes en plein désert, après le drame du Veau d’Or, un lieu plus que jamais caractérisé par la solitude sur fond de multiples abandons ou sentiments d’abandon. L’abandon d’un Dieu libérateur par son peuple a entraîné l’abandon de ce peuple par son Dieu. Tout cela parce que le peuple s’était cru lâché : son leader charismatique tardait à redescendre de la montagne où il bénéficiait d’entretiens intimes avec l’Éternel.

    Abandonné par son peuple, Dieu n’est pas lâché par Moïse, mais c’est uniquement parce que ce dernier cherche à le convaincre de revenir sur sa décision. Or malgré sa réponse favorable, une preuve de la bonne foi divine (si j’ose dire) est demandée : « Montre-moi ta Gloire ! » (pour que je sois sûr que tu m’as exaucé). Accordé. Et Moïse verra, lui dit l’Éternel, quelque chose qu’on peut traduire comme sa bonté, sa beauté ou sa splendeur. En hébreu, c’est le mot tov, que l’on trouve au début de la Genèse, quand il est dit que Dieu vit que ce qu’il avait créé était beau, ou bon. Ce mot désigne aussi des richesses, des biens matériels donnés en témoignage de bienveillance, ou de respect.

    Comment ne pas associer cette beauté divine à des cadeaux de la vie reçus en des circonstances très diverses : dans la nature, à l’occasion de telle ou telle manifestation artistique ? Et que dire du privilège de voir un visage illuminé, transfiguré par cette expérience ?

    La compréhension de la gloire divine a changé avec la venue de Jésus. Pour l’auteur de l’évangile de Jean, celles et ceux qui ont connu Jésus ont vu en lui, dans ses paroles et ses actes, dans le destin qu’il assume jusqu’à la mort sur la Croix et la Résurrection, une manifestation de la gloire du Père qui est amour et justice.

    Ce qui n’empêche pas que parfois, souvent, toujours peut-être, une voix en nous exprime un sentiment d’abandon dans ce monde qui nous apparaît être un lieu de laideur, d’horreur et de désolation. Or, ma conviction, c’est qu’il existe, également à l’intérieur de notre être, une autre voix, que l’on peut faire correspondre avec le personnage de Moïse. Laissons-lui une chance de répondre : J’entends tes plaintes, je comprends ta peur du vide : nous sommes des vivants, marqués par la finitude, par notre condition mortelle, par le mal et l’injustice. Malgré tout, je peux témoigner que Celui qui nous donne la vie laisse des traces de sa beauté et de sa bonté partout. Autour de nous et en nous. Ton désir de le connaître, le souvenir ou la nostalgie des moments de grâce, la souffrance de ce qui t’apparaît comme une absence, c’est aussi une marque de Lui en toi.
    Amen

    Jean-Paul Guisan
    Prédication donnée initialement au temple de Champel à Genève le 11 mars 2018 (adaptation)

  • Carême 2018, 6ème dimanche, 25 mars

    Pour ce Carême 2018, ce sont des sœurs et des frères des Églises issues de la Réforme qui nous accompagnent.
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    Un brin de fierté

    Lorsqu’ils approchent de Jérusalem, près de Bethphagé et de Béthanie, vers le mont des Oliviers, Jésus envoie deux de ses disciples et leur dit : « Allez au village qui est devant vous : dès que vous y entrerez, vous trouverez un ânon attaché que personne n’a encore monté. Détachez-le et amenez-le. Et si quelqu’un vous dit : “Pourquoi faites-vous cela ?” répondez : “Le Seigneur en a besoin et il le renvoie ici tout de suite.” » Ils sont partis et ont trouvé un ânon attaché dehors près d’une porte, dans la rue. Ils le détachent. Quelques-uns de ceux qui se trouvaient là leur dirent : « Qu’avez-vous à détacher cet ânon ? » Eux leur répondirent comme Jésus l’avait dit et on les laissa faire. Ils amènent l’ânon à Jésus ; ils mettent sur lui leurs vêtements et Jésus s’assit dessus. Beaucoup de gens étendirent leurs vêtements sur la route et d’autres des feuillages qu’ils coupaient dans la campagne. Ceux qui marchaient devant et ceux qui suivaient criaient : « Hosanna ! Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient ! Béni soit le règne qui vient, le règne de David notre père ! Hosanna au plus haut des cieux ! » Et il entra à Jérusalem dans le temple. Après avoir tout regardé autour de lui, comme c’était déjà le soir, il sortit pour se rendre à Béthanie avec les Douze.
    Marc 11, 1-11 (TOB)

    Le lendemain, la grande foule venue à la fête apprit que Jésus arrivait à Jérusalem ; ils prirent des branches de palmiers et sortirent à sa rencontre. Ils criaient : « Hosanna ! Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient, le roi d’Israël. » Trouvant un ânon, Jésus s’assit dessus selon qu’il est écrit : Ne crains pas, fille de Sion : voici ton roi qui vient, il est monté sur le petit d’une ânesse. Au premier moment, ses disciples ne comprirent pas ce qui arrivait, mais lorsque Jésus eut été glorifié, ils se souvinrent que cela avait été écrit à son sujet, et que c’était cela même qu’on avait fait pour lui. Cependant la foule de ceux qui étaient avec lui lorsqu’il avait appelé Lazare hors du tombeau et qu’il l’avait relevé d’entre les morts, lui rendait témoignage. C’était bien, en effet, parce qu’elle avait appris qu’il avait opéré ce signe qu’elle se portait à sa rencontre. Les Pharisiens se dirent alors les uns aux autres : « Vous le voyez, vous n’arriverez à rien : voilà que le monde se met à sa suite ! »
    Jean 12, 12-19


    2018-03-25-anon.jpgLes temps de la honte sont révolus, voilà me semble-t-il le grand enseignement de ce texte.

    Dans une perspective queer, nous ne devons pas seulement lire le texte en cherchant des excuses à ce que nous sommes. Tant que nous sommes dans un monde où dominent l’hétéropatriarcat, la misogynie, l’homophobie, la transphobie, nous, personnes LGBTQI et alliées, pouvons-nous considérer comme destinataires principales de ce texte et des bonnes nouvelles qu’il contient.

    Quelles bonnes nouvelles ?

    1ère bonne nouvelle : Jésus connaît notre chemin : signe que Dieu nous accompagne.
    « Vous trouverez… » « Si l’on vous dit… » prédit-il.
    Jésus sait combien la pression sociale vise à maintenir l’aliénation. Il n’y a qu’à voir l’ânon dont on dit qu’il est « attaché » / « dehors » / « dans la rue ». On pourrait penser que cet ânon n’a aucune importance. Pourtant, la réaction de l’extérieur est surprenante : « qu’avez-vous à détacher cet ânon ? » (sous-entendu : « cet ânon qui pourrait rester tranquillement là »).

    2ème bonne nouvelle : On peut décourager les Pharisiens à force de persévérance.
    Dans la traduction de Bayard, Jn 12, 19 est ainsi traduit : « vous voyez bien qu’on est perdants, ils s’en vont tous derrière lui ». La fierté des disciples désarme les Pharisiens.
    Cette persévérance doit être nourrie d’amitié comme Jésus qui après son entrée à Jérusalem va à l’écart, à Béthanie, chez ses amis Marthe, Marie et Lazare.

    3ème bonne nouvelle : Nous pouvons entrer dans la fierté révélée par Jésus.
    Les disciples entrent dans Jérusalem aussi. Ils sont fiers. Ils suivent Celui qui donne toute légitimité.
    Plus important encore, cette fierté n’est pas réservée aux Douze. On peut voir en Jn que tous les témoins de la sortie du tombeau (du placard ?) de Lazare savent quelle force de vie se dégage de Jésus.

    4ème bonne nouvelle… question : que devient l’ânon ?
    Jésus a volé l’ânon pour recevoir l’honneur qui lui était dû, et avec lui, dû à celles et ceux qui le suivent. C’est, je crois, un exemple d’auto-organisation pour nos mouvements qui balancent généralement entre deux options. Première option : la fin est dans les moyens. Deuxième option : la fin (recevoir ce qu’on mérite, la fierté) justifie les moyens (voler un âne).

    Jésus a choisi.

    Vous voyez bien qu’on est gagnantes, gagnants.
    Allons-nous-en toutes, tous derrière Jésus.

    Amen.

    François Thollon-Choquet
    Prédication donnée initialement au rendez-vous « Open Kulte » du 18 mars 2018 à Bruxelles.

  • Carême 2018, 5ème dimanche, 18 mars

    Pour ce Carême 2018, ce sont des sœurs et des frères des Églises issues de la Réforme qui nous accompagnent.
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    2018-03-18-Parole-au-Cœur.jpgDes jours viennent – oracle du SEIGNEUR – où je conclurai avec la communauté d’Israël – et la communauté de Juda – une nouvelle alliance. Elle sera différente de l’alliance que j’ai conclue avec leurs pères quand je les ai pris par la main pour les faire sortir du pays d’Egypte. Eux, ils ont rompu mon alliance ; mais moi, je reste le maître chez eux – oracle du SEIGNEUR. Voici donc l’alliance que je conclurai avec la communauté d’Israël après ces jours-là – oracle du SEIGNEUR : je déposerai mes directives au fond d’eux-mêmes, les inscrivant dans leur être ; je deviendrai Dieu pour eux, et eux, ils deviendront un peuple pour moi. Ils ne s’instruiront plus entre compagnons, entre frères, répétant : « Apprenez à connaître le SEIGNEUR », car ils me connaîtront tous, petits et grands – oracle du SEIGNEUR. Je pardonne leur crime ; leur faute, je n’en parle plus.

    Jérémie 31, 31-34.

    « Et si la Loi menait à la Parole.. et la Parole au Cœur.. là où le Bien-Aimé nous rafraichit de sa Présence.
    Là où nous sommes rencontrés à l'intime de l'intime,
    au plus risqué de nous-même,
    nous pouvons entendre un Eternel "tu es aimé-e, qui que tu sois, quoi que tu traverses" !

    Oser habiter le cœur, là où est le trésor ! Y demeurer, c'est prêter l'oreille d'abord à ce qui s'y dit,
    plutôt qu'à toute autre autorité aussi sage et "reconnue" soit-elle.

    Car, dans ce cœur à cœur,
    la Parole qui relève est là,
    Dans l'accueil du plus vulnérable est la force,

    La Parole qui enfante est là,
    Dans l'accueil du minuscule nous grandissons,

    La Parole qui donne vie aux textes est là,
    Dans l'accueil de ce qui nous déplace est notre justesse,

    La Parole qui est embrasse tout ce que nous sommes est là,
    dans le silence du cœur.

    "Ils ne s'instruiront plus entre compagnons, entre frères, répétant : "Apprenez à connaitre le Seigneur", car ils me connaîtront tous, petits et grands. »

    Brigitte

     

  • Carême 2018, 4ème dimanche, 11 mars

    Pour ce Carême 2018, ce sont des sœurs et des frères des Églises issues de la Réforme qui nous accompagnent.
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    Frères, Dieu est riche en miséricorde ; à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions des morts par suite de nos fautes, il nous a donné la vie avec le Christ : c’est bien par grâce que vous êtes sauvés. Avec lui, il nous a ressuscités et il nous a fait siéger aux cieux, dans le Christ Jésus. Il a voulu ainsi montrer, au long des âges futurs, la richesse surabondante de sa grâce, par sa bonté pour nous dans le Christ Jésus. C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, et par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Cela ne vient pas des actes : personne ne peut en tirer orgueil. C’est Dieu qui nous a faits, il nous a créés dans le Christ Jésus, en vue de la réalisation d’œuvres bonnes qu’il a préparées d’avance pour que nous les pratiquions.
    Ep 2, 4-10

    2018-03-11-Disciples-arc-en-ciel.jpgOn peut l'écrire plus grand, mais pas plus clair : nous sommes aimé-e-s d'un excessif grand amour, nous sommes des vivant-e-s, des gracié-e-s, des sauvé-e-s, des ressuscité-e-s, des hommes et femmes créé-e-s dans le Christ. Quelqu'un me disait l'autre jour que Carême est un temps propice pour entrer dans notre profondeur ; c'est donc un temps propice pour trouver tous ces aspects qui font partie de notre être le plus intime.

    Nous pouvons recevoir de cette manière une invitation constante à accueillir ce don en nous et à consentir à l'agir de Dieu, et de ce fait Lui dire en toute humilité : « Je te loue de ce que je suis, une créature si merveilleuse » Ps 139 [138], 14. Si en ce Carême nous entrons dans cette louange et cette action de grâce pour le don et l'action de Dieu, nous pouvons alors vivre cette résurrection. Elle nous est donnée et nous sommes appelé-e-s à en être témoins et à répandre ainsi la vie autour de nous.
    Et chaque jour sera une Pâque, un « passage du Seigneur ».

    Manuel, frère de la Communion Béthanie

     

  • Carême 2018, 3ème dimanche, 4 mars

    Pour ce Carême 2018, ce sont des sœurs et des frères des Églises issues de la Réforme qui nous accompagnent.
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    Prière de midi

    Un appel qui ne faiblit pas
    Dieu de bonté,
    toi qui sèmes une terre nouvelle,
    par ta grâce, nos yeux aperçoivent de nouveaux horizons
    où les opprimés connaissent la libération,
    les affligés, la joie
    et le monde divisé, l'unité.

    En ce milieu du jour,
    que l'utopie de ton royaume reste allumée dans mon coeur
    comme un appel qui ne faiblit pas,
    jusqu'à ce qu'il trouve son sens ultime.

    Que mes pas soient d'espérance,
    que mes bras oeuvrent pour la paix,
    et que mes lèvres proclament avec amour
    une litanie passionnée pour la vie.

    Luciano José de lima dans Livre des Prières de la Société luthérienne. (Ed. Olivetan)

    Jésus lui dit : « Quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas fait pour le Royaume de Dieu. »
    Luc 9,62

    2018-03-04-charrue.jpgJésus veut nous dire que le Royaume de Dieu est constitué d’hommes et de femmes qui regardent en avant, comme le laboureur regarde droit devant lui pour tracer des sillons bien alignés.
    Celui qui met la main à la charrue de l’Evangile est invité à ne pas regarder en arrière. Notre inclination naturelle est de toujours vouloir regarder en arrière mais aussi à droite et à gauche. Les remords qui pointent le bout de leur nez sont multiples et parfois ils viennent des mauvais choix que nous avons pu faire dans le passé et des occasions manqués. « Hier c’était mieux, plus facile ». Et il y a la terrible comparaison aux autres qui nous fait parfois regretter ce à quoi nous avons renoncé pour suivre le Christ.

    Vivre l’Evangile fait de nous des hommes nouveaux qui ne sont pas sans cesse ballottés entre hier et aujourd’hui. Suivre le Christ c’est résolument regarder vers un futur nouveau, comme Paul qui s’est écrié : « oubliant le chemin parcouru et tout tendu en avant, je m’élance vers le but ». Phil 3,13-14
    Puissions-nous nous laisser entraîner par ces paroles en ce temps de Carême pour nous recentrer sur l’essentiel et pour être plus proche de notre Seigneur.

    Jean

  • Carême 2018, 2ème dimanche, 25 février

    Pour ce Carême 2018, ce sont des sœurs et des frères des Églises issues de la Réforme qui nous accompagnent.
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    2018-02-25 Transfiguration.jpgSix jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean et les emmène seuls à l’écart sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux, et ses vêtements devinrent éblouissants, si blancs qu’aucun foulon sur terre ne saurait blanchir ainsi. Elie leur apparut avec Moïse ; ils s’entretenaient avec Jésus. Intervenant, Pierre dit à Jésus : « Rabbi, il est bon que nous soyons ici ; dressons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, une pour Elie. » Il ne savait que dire car ils étaient saisis de crainte. Une nuée vint les recouvrir et il y eut une voix venant de la nuée : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le ! » Aussitôt, regardant autour d’eux, ils ne virent plus personne d’autre que Jésus, seul avec eux. Comme ils descendaient de la montagne, il leur recommanda de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu, jusqu’à ce que le Fils de l’homme ressuscite d’entre les morts. Ils observèrent cet ordre, tout en se demandant entre eux ce qu’il entendait par « ressusciter d’entre les morts ».

    Marc 9, 2-10


    Ce texte de la transfiguration m’interroge toujours. Je me retrouve si souvent dans la peau de Pierre.

    Si souvent, nous nous trouvons confrontés à des événements inattendus et beaux qui nous réjouissent et nous ne savons pas comment réagir.

    Que ce soit un paysage de rêve, des nuages aux couleurs flamboyantes, une rencontre avec des ami-e-s, des frères, des sœurs, une musique qui nous transporte d’allégresse ou un tableau qui nous tire les larmes. Tout comme Pierre nous aimerions retenir le temps, nous aimerions nous installer dans ces moments de bonheur… Et puis il nous faut redescendre de la montagne, retrouver les réalités. Comme les disciples nous avons envie de crier notre joie. Parfois cela nous est possible et parfois il nous faut attendre, attendre…

    2018-02-25-Johann-Strauss.jpgCes moments extraordinaires sont là pour embellir notre vie, pour enraciner des souvenirs que nous pourrons ressortir aux heures sombres. Alors, ne nous étonnons pas de voir un aîné ou une aînée avoir sa larme à l’œil, un moment de transfiguration a resurgi de sa mémoire.

    Sacha