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Fêtes et temps

  • Vœux 2019 : Pourquoi ?

    2019-01-01-Jean-Michel-180.jpgAu seuil de cette année nouvelle 2019, au risque de grandement vous surprendre, je souhaite, après avoir vécu une expérience singulière, vous partager une question qui me traverse de part en part.

    L'expérience singulière : un ami, prêtre âgé, décède il y a quelques mois. Je me retrouve pour prier près de son corps. C'est à peine si je le reconnais! Fond de teint sur le visage et sur les mains. Laque sur les cheveux… !

    La question qui me traverse de part en part : pourquoi maquiller la mort ? Et cette autre question qui lui est intimement liée : pourquoi maquiller la vie ?

    Pour-quoi ?

    Je nous souhaite de vivre sous le Regard de Dieu, tel que nous sommes.
    Je nous souhaite surtout d'accueillir le Regard de Dieu sur nous, de découvrir la douceur, la délicatesse, la patience... de Son Regard.
    Je nous souhaite de vivre et peut-être de prier ce vers de Jozsef Attila in -Tu m'as rendu enfant- :
    « Je t'aime beaucoup car tu m'as donné la possibilité de m'aimer moi-même ».
    Je nous souhaite, sans tomber dans le déballage impudique, de nous laisser voir par les autres, dans notre réalité toute simple.
    La vulnérabilité partagée est, me semble-t-il, le fondement de la fraternité véritable, de l'amitié profonde, de l'amour authentique.

    Et si en 2019,

    je quittais mon masque, mes masques -on respire si mal derrière un masque!-
    je refusais le maquillage excessif,
    je boycottais les photos retouchées,
    je m'engageais, graduellement mais résolument, sur la route de l'écologie intérieure et donc de l'écologie cohérente,
    je prenais du recul par rapport aux apparences souvent si superficielles,
    je vivais une transfusion de silence.
    Une transfusion de silence, pour ne plus être dans la seule réactivité, mais dans une réflexion qui conduit à l'action durable et juste.

    Alors…,
    j'accueillerai ce que notre frère Philippe avait écrit, il y a quelques années, sur son miroir :
    « Dieu sera ta seule beauté »

    Là, est mon souhait le plus intense pour vous, pour nous :
    Que Jésus le Christ soit notre vérité, notre liberté, notre… beauté!

    Jean-Michel+, frère prieur de la Communion Béthanie.

  • Noël 2018

    Évangile du jour : Luc 2, 1-14 « Aujourd’hui vous est né un Sauveur »
    Messe de la nuit de Noël


    En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre. Ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie.
    Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine.
    Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem.
    Il était en effet de la maison et de la lignée de David.
    Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte.

    Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli.
    Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune. Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux.
    L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière.
    Ils furent saisis d’une grande crainte.
    Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »
    Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »


    Valérie
    « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »
    Tu vois, cette phrase, je l'ai toujours trouvée superbe, vraiment !!! C'est comme des trompettes qui sonnent. C'est fort, c'est puissant, ça donne de l'élan.
    Mais figure-toi que je me suis toujours demandée s'il fallait entendre :


    « paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »
    ou bien
    « paix sur la terre aux hommes qui L'aiment. »


    Laetitia
    Ah bah ça alors ! Je n'avais jamais pensé qu'on pouvait l'entendre des ces deux façons-là !!!
    C'est incroyable, les deux formules fonctionnent et font sens l'une comme l'autre et même, l'une avec l'autre, dans les deux sens.

    Valérie
    La seconde « paix sur la terre aux hommes qui L'aiment » me parle de mes frères, de mes sœurs, de tous ces gens, les « hommes de bonne volonté » comme on dit, qui donnent d'eux-mêmes pour rendre ce monde meilleur, plus juste, plus fraternel ; qui le font, pour certains parce qu'ils aiment Dieu et s'efforcent de suivre ses commandements, pour d'autres simplement parce qu'ils sont des hommes bons, des hommes et des femmes de cœur.

    Laetitia
    La première, « paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. », c'est le chant de l'ange et de la troupe céleste aux bergers. C'est une phrase qui m'est familière, que nous chantons très souvent lors des célébrations.
    Dieu nous offre la Paix, c'est sa manière de nous aimer. C'est quand même incroyable que cette Paix nous vienne d'un petit bébé, qui plus est, né dans une mangeoire, dans une étable...
    Il faudra du temps à notre humanité pour accueillir cette Paix...

    Valérie
    Il faudra du temps... comme il faut du temps à nos petits d'hommes pour grandir, pour devenir eux-mêmes des hommes et des femmes.
    Cette vision me réconforte. La Paix est offerte, par amour, mais parce qu'elle prend la forme d'un nouveau-né, à Noël, il faut juste être patient, la voir grandir doucement...

    2018-12-25-Noël.jpg

    Au pied de la crèche, avec douceur, je vous invite à nous rejoindre.
    Il y a foule déjà.
    Le sapin de Noël, c'est cette crèche, avec ses anges, son Étoile, la Lumière...
    Les paquets au pied du sapin, c'est cet enfant nouveau-né.
    Les enfants émerveillés, c'est nous, c'est toi, c'est moi.
    Le cadeau de Noël, c’est Dieu qui nous aime, c'est nous qui l'aimons, c'est cette Paix, promise, offerte, et déjà là.
    Il est né, et avec Lui l'Amour en nos cœurs, l'Amour parmi les hommes.
    L'accueillir serait-il aussi simple, mon Dieu, que de prendre un bébé dans ses bras ?

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    Joyeux Noël à toutes et à tous.

    Valérie et Laetitia

  • Quatrième dimanche de l’Avent 2018

    Évangile du jour : Luc 3,39-45 « D'où m'est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ? »

    En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
    Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
    Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle.
    Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte :
    « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
    D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
    Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles,
    l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
    Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

    2018-12-23-Arcabas.jpghttp://a51.idata.over-blog.com/0/14/86/55/images/Jubile-Arcabas.jpg

     

     

     

     

     


    Laetitia
    Tu te souviens, au 1er dimanche de l'Avent, j'avais relevé ce passage : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. »
    Aujourd'hui, le signe, c'est deux bébés dans le ventre de leur maman, qui se reconnaissent et se saluent. Ça t'évoque rien ?

    Valérie
    « En ces jours-là, Marie se mit en route [...] avec empressement »
    Avec empressement, oui, je me suis rendue chez mon aînée assister à la rencontre entre deux bébés. Ni Jean-Baptiste, l'enfant d’Élisabeth, ni Jésus, l'enfant de Marie, juste mes deux petites-filles : le bébé de ma fille aînée et celui de sa sœur cadette.

    Laetitia
    Je trouve extraordinaire cette rencontre entre Élisabeth et Marie : Salutations – Tressaillement – Bonheur de croire en l'accomplissement de la Parole de Dieu...

    Valérie
    Oui, voilà une promesse tenue. Une promesse de vie. Je peux imaginer la joie de ces deux femmes, parce qu'elle vient me rejoindre dans mon quotidien.
    Parce que j'ai connu des nuits, j'ai connu des jours ; une vie bien ordinaire avec son lot de deuils, de séparations, d'amours... de naissances et de re-naissances... Au bout de toutes ces années, la promesse de vie est tenue.

    Laetitia
    Et encore une fois cette promesse de vie, elle se partage, comme ici, avec Marie et Élisabeth. Elle se partage, elle est diffusée, portée par la parole des femmes, comme souvent dans la Bible.
    Dans mon existence, c'est avec ma famille, mes ami.e.s, mes sœurs et frères en Christ que je la partage, et j'aime à croire qu'elle se déploie bien au-delà.

    Valérie
    Relisant le texte, je suis touchée par la lucidité, la clairvoyance de ces deux femmes... des femmes. Il me semble qu'elles sentent, qu'elles ont une vision de l'histoire qui s'écrit-là et dans laquelle elles choisissent de prendre part. Elles savent déjà le destin si particulier des enfants qu'elles portent.
    La naissance du Christ, c'est LA Bonne Nouvelle pour le monde. La vision des femmes, c'est une bonne nouvelle pour l'humanité...
    Et puis, prendre sa part, en accepter la responsabilité, ça me semble d'une actualité si criante pour le monde d'aujourd'hui !

    Valérie et Laetitia
    Comme Élisabeth, nous arrive-t-il de voir en l'autre un être béni, porteur de bénédictions et de promesses de vie de la part de Dieu ?
    Ai-je le droit, comme Marie, de me sentir béni.e entre tous les enfants de Dieu ?
    Et vous, croyez-vous à l'accomplissement de la Parole dans votre vie ? Quelles promesses ont-été tenues, auxquelles vous avez pu prendre votre part ?

    Valérie et Laetitia

     

  • Troisième dimanche de l’Avent 2018

    Évangile du jour : Luc 3,10-18 « Que devons-nous faire ? »

    En ce temps-là, les foules qui venaient se faire baptiser par Jean lui demandaient : « Que devons-nous faire ? »
    Jean leur répondait : « Celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même ! »
    Des publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) vinrent aussi pour être baptisés ; ils lui dirent : « Maître, que devons-nous faire ? »
    Il leur répondit : « N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. »
    Des soldats lui demandèrent à leur tour : « Et nous, que devons-nous faire ? »
    Il leur répondit : « Ne faites violence à personne, n’accusez personne à tort ; et contentez-vous de votre solde. »
    Or le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ.
    Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »
    Par beaucoup d’autres exhortations encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.

     

    2018-12-16-Jean-Baptiste.jpg

    Valérie
    Des foules qui s'avancent et qui demandent :« Que devons-nous faire ? ». Nous voilà dans l'action !!! « Que devons-nous faire ? » … « Que devons-nous faire ? »
    Ça, ça me parle ; bien plus que cette parabole de la fin du texte où il est question de « pelle à vanner » et de « grain amassé ». En même temps, je ne vois pas pourquoi cette image me parlerait, à moi, citadine du XXIème siècle. D'ailleurs, il est dit que Jean utilise beaucoup d'autres exhortations. J'imagine qu'il en est qui m'auraient davantage parlé.

    Des foules qui demandent : « Que devons-nous faire ? »... alors qu'aujourd'hui, les carrefours de nos villes, nos centres villes, s'emplissent de foules qui demandent : « Que faites-vous pour nous ? »

    Laetitia
    Ce qui me frappe, c'est la progression des sujets : « des foules », puis « des publicains », puis « des soldats ». Ils viennent jusqu'à Jean et à chacun de ces groupes, il répond à cette question : « Que devons-nous faire ? » Visiblement, la réponse de Jean ne leur suffit pas ou n'est peut-être pas celle qu'ils attendent. Ensuite le texte bascule « Or, le peuple était en attente », et Jean répond alors à TOUS, mais par des phrases très énigmatiques... J'ai beau venir d'une culture paysanne, je ne comprends pas plus que toi, sauf qu'il s'agit d'une question de séparation entre le grain de blé à garder et la paille à brûler. Tiens, ça me rappelle une histoire de « bon grain et d'ivraie ».
    Ce que je retiens aussi, c'est l'annonce de l'arrivée de quelqu'un de plus grand que Jean, qui a le pouvoir de baptiser dans l'Esprit Saint et le feu ; et c'est annoncé comme étant la Bonne Nouvelle.

    Valérie
    La Bonne Nouvelle... Bah, je me demande bien comment ça pouvait leur parler aux foules d'hier, celles qui venaient à Jean, et comment ça peut parler aux foules d'aujourd'hui, qui crient leur colère et leur désespoir dans la rue... Les unes venaient se faire baptiser, les autres sont en quête d'une vie plus digne...

    Laetitia
    Hier comme aujourd’hui, le peuple est en attente...
    Et si Dieu aussi était en attente ?

    Valérie
    Les foules attendent, Dieu attend... Moi aussi, souvent, j'attends de savoir ce que je dois faire...

    Laetitia
    Dans toutes ses réponses, Jean invite au partage, à la juste mesure, à la justice, à l'honnêteté... Il est toujours question de la relation à l'autre.
    Voilà ce que demande celui qui baptise dans l'eau. Que demandera Celui qui baptisera dans le feu de l'Esprit ?

    Valérie et Laetitia
    En ce 3ème dimanche de l'Avent, dimanche de la joie - Gaudete – où l'on s'approche de la fête de la nativité, voilà que s'invitent ces questions : Qu'y-a-t-il à faire ? Qu'y-a-t-il à attendre ? Qu'y-a-t-il à recevoir ?
    Et si, pour une fois, nous nous les posions, non comme un problème à résoudre, mais dans la Joie et l'espérance, dans la confiance de ce qui va advenir dans nos vies ?

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    Vous auriez envie de mettre quoi sur la banderole ?


    Valérie et Laetitia

  • Deuxième dimanche de l’Avent 2018

    Évangile du jour : Luc 3,1-6 « Jean, le fils de Zacharie»

    L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode étant alors au pouvoir en Galilée, […] les grands prêtres étant Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie.
    Il parcourut toute la région du Jourdain en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés, comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.
    Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis ; et tout être vivant verra le salut de Dieu.

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    Coucher de soleil sur le désert du Namib à Walvis-bay


    Laetitia
    Et si je te demandais, comme ça, ce que ça t'évoque le « salut de Dieu » ?

    Valérie
    Le « salut de Dieu » ? Bah, je ne sais pas si je dois le dire mais écrit de cette façon, je visualise Dieu qui me dirait salut en me faisant un petit coucou de la main !

    Laetitia
    Comme s'il te faisait signe ?

    Valérie
    Oui, quelque chose de très familier...

    Laetitia
    Comme si Dieu s'adressait à toi personnellement ?

    Valérie
    Oui, mais dit comme ça, pour le coup, ça m’impressionne... Dieu s'adressant à... moi ?
    Rien qu'à imaginer son regard, soudain, tout s'efface autour de moi, tout et tous.
    Comme téléportée, me voilà seule, debout dans le désert.
    Je réalise que son regard a la puissance, le pouvoir de faire ça, effacer tout le reste et m'emmener loin. Et seule au milieu de nulle part (dans l'image que je visualise), je peux voir et entendre que c'est en effet à moi que Dieu adresse son salut. Il faut cette solitude-là.

    Laetitia
    Tu sais, c'est pour ça que régulièrement, j'aime bien faire l'expérience d'un temps de solitude, pour prendre un temps de cœur à cœur avec Dieu, pour me sentir vivante sous son regard. C'est ce que m'évoque le « salut de Dieu ».

    Valérie
    Voir le « salut de Dieu », mais aussi voir les « ravins comblés », les « montagnes et collines abaissées », les « chemins aplanis »... J'avais décidément une vision bien différente du temps de l'Avent...genre, la fête approche et voilà, c’est chouette !

    Laetitia
    Mais avant de voir tout ça, le chemin d’apprentissage continue. Tu te rappelles ? Dieu qui nous prend par la main..?
    Et là, je sens que Dieu m'invite à faire comme Jean et a partager autour de moi ce qu'Il nous promet par la venue de l'Enfant-Dieu dans nos vies.

    Valérie
    De mon côté, après le chaos des textes de dimanche dernier, j'ai juste envie de savourer un peu ce regard de Dieu posé sur moi, ce salut qu'il me tend, dans la solitude d'un désert où il n'y aurait plus que Lui et moi.

    Valérie et Laetitia
    Et vous ? Où en êtes-vous aujourd’hui ? Dans l'écoute de la « voix de celui qui crie dans le désert » ou dans l'élan de celui qui va de l'avant, et qui, au détour d'un sentier enfin devenu droit, pourrait bien être l'un de ces vivants qui « verra le salut de Dieu » ?


    Valérie et Laetitia

  • Premier dimanche de l’Avent 2018

    Évangile du jour : Luc 21,25-28.34-36 « Votre rédemption approche »

    En ce temps-là, Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots. Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire. Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche.
    Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste comme un filet ; il s’abattra, en effet, sur tous les habitants de la terre entière. Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »

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    Valérie
    Mince, je croyais que le temps de L'Avent était un temps joyeux, un temps de fête ! Dans cet Évangile, il n'est question que de désastre, de « nations affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots », d' « hommes [qui] mourront de peur dans l'attente de ce qui doit arriver », de mise en garde. C'est limite glauque. Certes, ça me fait penser à l'état du monde aujourd’hui, mais on est dans l'attente de quoi finalement ?

    Laetitia
    Moi je lis : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. »
    C'est comme si Dieu nous prenait par la main, de dimanche en dimanche, pour nous aider à comprendre ce qui se passe à Noël. Au premier dimanche, on n'est pas encore prêt.

    Valérie
    D'où l'idée de rester éveillé(e)s et de prier ? Mais pour être prêt à quoi ? C'est pas acquis que Noël est une fête !?

    Laetitia
    Dans ce texte du premier dimanche de l'Avent, il nous est déjà annoncé le retour du Christ à la fin des temps. C'est comme si on grillait toutes les étapes alors que Jésus n'est pas encore né, enfin, selon le calendrier liturgique.

    Valérie
    Donc avant d'avancer vers la fête, on prend d'abord la mesure de la gravité de ce qui va advenir. C'est ça ?

    Laetitia
    Oui ! On ne se précipite pas vers la fête, on y va lentement, dans une lente progression. Les dimanches suivant, les textes d’Évangile vont nous inviter à nous préparer intérieurement à nous émerveiller de la naissance d'un bébé qui n'est rien moins que le fils de Dieu.

    Valérie
    Ça me ramène à ce qu'a vécu ma fille cette année. Elle a eu à intégrer la mort de sa grand-mère – ma maman – tout en se préparant à donner la vie. D'une certaine façon, elle a fait l'expérience de cette vérité là : « Quand on donne la vie, on donne la mort. » Les deux sont intimement liés.
    C'est comme s'il fallait consentir à la fin, l'accepter, pour pouvoir s'émerveiller du début...

    Laetitia et Valérie
    Et vous, chacun, chacune, qu'auriez-vous à accepter aujourd’hui dans vos vies ?
    Quel poids, quelle lourdeur à déposer en Lui, avant de cheminer plus léger, légère, vers l'émerveillement ? Le temps serait-il à un peu plus de lenteur ?

    Laetitia et Valérie

  • Message du frère prieur pour la nativité de saint Jean le Baptiste, le 24 juin 2018

    En la fête de la Nativité de saint Jean le Baptiste 2018,

    Jésus vient nous déranger

    2018-06-24-Grand-Inquisiteur.jpgJe viens de relire avec plaisir le « Grand Inquisiteur » de Dostoïevski.
    En ce temps où l'Inquisition allumait des brasiers innombrables pour éteindre l'hérésie, le Christ revient.
    Non pas pour clôturer les temps, il revient humble parmi les humbles, et tous le reconnaissent.
    Quand il parvient sur la grande place de la cathédrale de Séville en Espagne, aussitôt l'Inquisiteur (vieillard voûté et gris, face au visage de lumière) le repère et fait procéder à son arrestation dans un silence général.
    Le Christ est conduit dans les prisons du Saint-Office, et, la nuit tombée, le vieil Inquisiteur lui adresse un discours qui constitue, par sa pensée politique, une provocation sidérante.
    Il l'accuse d'être venu « déranger », troubler un ordre, une tranquillité, une sécurité que l'Eglise s'était efforcée d'instaurer, de restaurer même dans les cœurs.
    Le Christ reste muet, jusqu'au bout, parce qu'il y a un silence grondant à opposer à ceux qui parlent au nom de Dieu, et qui prennent le pouvoir au nom de leur impuissance.

    Le Christ-Jésus nous dérange, nous déplace.
    Il nous a appelés des ténèbres à son admirable lumière cf. 1 Pierre 2, 9

    Cette année pastorale qui s'achève aura été pour moi, l'année des déplacements intérieurs.
    Après notre retraite de l'été dernier à la Communauté de La Roche d'Or qui avait pour thème « Les surprises de l'Esprit-Saint », j'ai été embarqué, comme malgré moi, dans des espaces, des passages.
    Je souhaite ici, vous partager quelques-uns de « ces dérangements » ...

    Suis-je davantage dans son admirable lumière aujourd'hui ?
    Suis-je un peu plus éloigné de mes ténèbres ?
    Je ne sais pas.
    A Jésus de juger.
    Ce qui est certain sur cette route de la conversion, c'est qu'il nous faut consentir à toujours commencer et à prier intensément les uns pour les autres.

    2018-06-24-Calendrier.jpg- En janvier dernier, quelques jours après avoir été fragilisé par une intervention chirurgicale (rien de grave !), me voici invité par les jeunes du Refuge pour un Facebook Live, sur le thème : homosexualité et religion.
    Calé dans mon fauteuil, je vais vivre une rencontre limpide avec des jeunes homos et trans, juifs, chrétiens, musulmans…
    Je garde en mémoire cette réaction d'un jeune musulman : « Comment être violent à partir de nos textes ? Nos textes sont si fragiles. Le Coran est si fragile »
    La fragilité de la Parole… Comme un souffle fragile...
    A méditer…

    - Début février, je rencontrais Monseigneur Michel Aupetit, archevêque de Paris.
    Dans les mois précédents et ceux qui suivirent, il m'a été donné de rencontrer la Pasteure Emmanuelle Seyboldt, présidente du conseil national de l'Eglise protestante unie de France, le Pasteur Antoine Nouis, écrivain et journaliste, Monseigneur Michel Santier, évêque de Créteil, le Cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, Monseigneur Jacques Blaquart, évêque d'Orléans, Monseigneur Pierre-Marie Carré, archevêque de Montpellier.
    A quoi bon toutes ces rencontres avec des responsables d'Église ?
    A quoi bon ce temps consacré à ce que certains pourrait juger comme de la diplomatie ecclésiale ?
    Je crois à la gratuité de la rencontre, une rencontre sans enjeu. Une rencontre où l'écoute, la parole jouent la partition d'une fraternité en actes.
    Réenchanter la rencontre…
    « En Eglise, personne n'est obligé d'être ami, mais nul n'est dispensé d'être frère » Cardinal Louis-Marie Billé
    A méditer…

    - Du 26 au 28 février, j'ai été invité par le groupe Pêcheurs d'hommes de David et Jonathan.
    Ce groupe est composé de prêtres, pasteurs, religieux homosexuels.
    Convié à participer à leur retraite, à « l'animer » d'une certaine manière, je ne suis pas sorti « indemne » de cette expérience !
    Très touché par l'accueil des religieuses du Cénacle de Versailles, accueil discret, délicat, bienveillant.
    C'est si beau une communauté qui vit à la fréquence de l'Evangile.
    On y respire à pleins poumons, sans masque. Tant il est vrai que l'on a du mal à respirer derrière un masque !
    Très touché aussi par les échanges authentiques, décapants de ces prêtres entre eux.
    Plus d'une fois, j'ai été déplacé dans ma carte de croyance, j'ai été amené plus loin...
    Ceux qui ont quittés le ministère depuis plusieurs années comme ceux qui sont en plein ministère ont témoignés de « leur être prêtre ». C'était juste bouleversant.
    Souvent durant ces heures me revenait au cœur ce verset de la Parole : « Les hommes regardent l'apparence, mais le Seigneur regarde le cœur » 1 Samuel 16,7.
    A méditer...
    Jésus me dérange : béni soit-il !
    « Qui a connu la pensée du Seigneur ? » Romains 11,34.

    L'Eglise me dérange : bénie soit-elle !
    « L'Eglise catholique est faite de cercles concentriques toujours plus grands » Jean XXIII à Frère Roger de Taizé lors de leur dernière rencontre.

    2018-06-21-Jean-Michel.jpgEt si ma vocation était de déranger, un peu, beaucoup.. ?!
    Et si l'appel de notre Communion Béthanie était de déranger, un peu, beaucoup... ?!
    Mon ministère d'adjoint en pastorale scolaire dans l'Enseignement Catholique, mon ministère de prieur de notre famille spirituel me donne de rencontrer un grand nombre de visages.
    Nous désirons vivre un monachisme intérieur. Un chemin très simple, très pauvre qui peut se résumer par cette phrase extraite de notre prière :
    « Que notre vie contemplative révèle à toute personne sa beauté !
    Tout être est beau puisqu'il vient du désir de Dieu »

    Jean-Michel+, votre frère
    prieur de la Communion Béthanie

  • Pâques 2018, dimanche 1er avril

    Pour ce Carême et Pâques 2018, ce sont des sœurs et des frères des Églises issues de la Réforme qui nous accompagnent.
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    Marie et Marthe
    (Jean 12,1-11 et Jean 11,20-27)

    2018-04-01-Marie-et-Marthe.jpgMarie de Béthanie est une disciple de Jésus, qui par son geste osé témoigne au Maître son amour et sa reconnaissance. Elle tient ici le premier rôle, alors qu’au chapitre précédent ce rôle était réservé à Marthe. Comme chez Marc et Matthieu, Jésus se fait l’interprète du geste de Marie en le liant à sa mort imminente.

    Le fait d’oindre ses pieds, et non sa tête comme le voulait la coutume, est surprenant. La quantité de parfum utilisée paraît excessive, comme dans les autres récits. Enfin, il est inconvenant pour une femme de dénouer ses cheveux en public pour essuyer les pieds d’un hôte. Cela dit, comme le relève Jean Zumstein dans son commentaire sur le quatrième évangile, « Marie oint les pieds de Jésus (v. 3) avant que Jésus ne lave ceux de ses disciples (13,2-11) ».

    Judas Iscariote tient ici le rôle de l’opposant. Il se voit doublement discrédité. Tout d’abord, son nom est clairement indiqué, ce n’est plus un groupe anonyme, et Judas est décrit comme « l’un de ses disciples, celui-là même qui allait le livrer ». Tout semble avoir été dit. Et pourtant, le récit insiste : c’est un voleur, qui ne mérite aucune confiance.

    Une opposition très forte se dessine : si Marie incarne ici l’amour de Jésus, Judas, pour sa part, incarne l’amour de l’argent.

    Deux autres personnages jouent un rôle important dans ce récit : Lazare et Jésus. Le début du récit précise que Jésus avait relevé Lazare d’entre les morts. Son retour à la vie est donc bien réel, et sans doute est-ce pour célébrer cet événement que les convives sont rassemblés.

    À ce sujet, n’oublions pas que le retour à la vie de Lazare n’a aucune commune mesure avec la Résurrection du Christ. Lazare devra mourir un jour, alors que Jésus entrera dans la vie de Dieu. Néanmoins, le fait d’avoir rappelé son ami d’entre les morts va conduire Jésus vers la sienne, car les grands prêtres et les pharisiens l’ont décidé ainsi (Jean 11,46-53). Et dans notre passage, ils programment également la mort de Lazare, « puisque c’était à cause de lui qu’un grand nombre de Juifs les quittaient et croyaient en Jésus » (Jean 12,11).

    Un détail établit symboliquement le contraste entre Lazare et Jésus : le cadavre du premier dégageait une odeur putride, tandis que « Jésus, oint par Marie, diffuse une bonne odeur, une odeur de vie » (Jean Zumstein). Et l’auteur de cette belle formule donne une précision utile : « Ce rite d’ensevelissement anticipé ne vise pourtant pas à masquer l’odeur envahissante de la mort, mais à signaler que cette mort, désormais inéluctable, a une bonne odeur de vie ».

    2018-04-01-Marie-et-Jésus.jpgLe récit de Jean insiste sur l’inattendu. Le geste de Marie est inimaginable, inconvenant, hors de propos. Et pourtant c’est ce geste qui permet à Jésus d’attirer l’attention sur l’enjeu véritable : sa mort imminente. Ce qui paraissait hors de propos se révèle en fait au centre de la réalité vécue. L’excès, l’extravagance attire une réprobation immédiate, mais finalement injustifiée. Jésus accepte l’inimaginable et lui donne sens. La semaine qu’il doit vivre est aussi marquée par un excès – celui du mal qui veut sa mort. Judas n’apprécie pas la bonne odeur, l’odeur de vie. Les grands prêtres non plus.

    L’inattendu de Dieu avait déjà surpris Marthe, la sœur de Marie, au chapitre précédent. Un Jésus qui tarde, un Jésus absent. Lazare a le temps de mourir. Quand Marthe rencontre Jésus, elle est tournée vers le passé : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Alors Jésus évoque le retour à la vie de Lazare. Du coup, Marthe se tourne avec dépit vers ce lointain avenir (celui de la résurrection, au dernier jour). Avec dépit, car c’est une réalité lointaine. Et sa peine est immense, elle a envahi tout son présent. Jésus va donc recentrer son attention sur le présent : « C’est moi qui suis la résurrection et la vie. » Alors c’est la foi de Marthe qui ressuscite, qui reprend vie. Même si une résurrection qui se décline dans le présent dépasse l’imagination.

    « Quand le Christ s’établit au cœur même d’une situation, il amène avec lui la Puissance de la Résurrection. Dans son essence même, la résurrection est inattendue, imprévisible, surprenante. Nous ne sommes pas maîtres de la forme qu’elle prendra, ni du temps où elle se manifestera. Il arrive que nous ne la reconnaissions pas parce que nous attendions autre chose, et nous continuons à attendre, alors qu’elle est déjà là. Il s’agit ici de la résurrection dans notre quotidien » (Simone Pacot).

    Marthe est saisie par une parole incroyable, tout comme sa sœur Marie accomplira un geste inimaginable. C’est ainsi que se présente l’inattendu de Dieu.

    Yvan Bourquin
    Prédicateur laïc dans l’Église protestante du canton de Vaud (Suisse)

  • Carême 2018, Vendredi-Saint, le 30 mars

    Pour ce Carême 2018, ce sont des sœurs et des frères des Églises issues de la Réforme qui nous accompagnent.
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    Ombre et lumière dans la solitude du désert

    Moïse dit à l’Éternel : « Si tu ne marches pas en personne avec nous, ne nous fais pas partir d’ici ! » Il répondit : « Ce que tu viens de dire, je le ferai car tu as rencontré ma faveur et je te connais intimement. » Il dit : « Fais-moi donc voir ta gloire ! » Il répondit : « Je ferai passer toute ma bonté devant toi (…).
    Exode 33, 15.17-19

    Lorsque Judas fut sorti, Jésus dit: « Maintenant, le Fils de l'homme a été glorifié, et Dieu a été glorifié en lui. Si Dieu a été glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même, et il le glorifiera bientôt. »
    Jean 13, 31-32

    2018-03-30-Emerveillement.jpgNous sommes en plein désert, après le drame du Veau d’Or, un lieu plus que jamais caractérisé par la solitude sur fond de multiples abandons ou sentiments d’abandon. L’abandon d’un Dieu libérateur par son peuple a entraîné l’abandon de ce peuple par son Dieu. Tout cela parce que le peuple s’était cru lâché : son leader charismatique tardait à redescendre de la montagne où il bénéficiait d’entretiens intimes avec l’Éternel.

    Abandonné par son peuple, Dieu n’est pas lâché par Moïse, mais c’est uniquement parce que ce dernier cherche à le convaincre de revenir sur sa décision. Or malgré sa réponse favorable, une preuve de la bonne foi divine (si j’ose dire) est demandée : « Montre-moi ta Gloire ! » (pour que je sois sûr que tu m’as exaucé). Accordé. Et Moïse verra, lui dit l’Éternel, quelque chose qu’on peut traduire comme sa bonté, sa beauté ou sa splendeur. En hébreu, c’est le mot tov, que l’on trouve au début de la Genèse, quand il est dit que Dieu vit que ce qu’il avait créé était beau, ou bon. Ce mot désigne aussi des richesses, des biens matériels donnés en témoignage de bienveillance, ou de respect.

    Comment ne pas associer cette beauté divine à des cadeaux de la vie reçus en des circonstances très diverses : dans la nature, à l’occasion de telle ou telle manifestation artistique ? Et que dire du privilège de voir un visage illuminé, transfiguré par cette expérience ?

    La compréhension de la gloire divine a changé avec la venue de Jésus. Pour l’auteur de l’évangile de Jean, celles et ceux qui ont connu Jésus ont vu en lui, dans ses paroles et ses actes, dans le destin qu’il assume jusqu’à la mort sur la Croix et la Résurrection, une manifestation de la gloire du Père qui est amour et justice.

    Ce qui n’empêche pas que parfois, souvent, toujours peut-être, une voix en nous exprime un sentiment d’abandon dans ce monde qui nous apparaît être un lieu de laideur, d’horreur et de désolation. Or, ma conviction, c’est qu’il existe, également à l’intérieur de notre être, une autre voix, que l’on peut faire correspondre avec le personnage de Moïse. Laissons-lui une chance de répondre : J’entends tes plaintes, je comprends ta peur du vide : nous sommes des vivants, marqués par la finitude, par notre condition mortelle, par le mal et l’injustice. Malgré tout, je peux témoigner que Celui qui nous donne la vie laisse des traces de sa beauté et de sa bonté partout. Autour de nous et en nous. Ton désir de le connaître, le souvenir ou la nostalgie des moments de grâce, la souffrance de ce qui t’apparaît comme une absence, c’est aussi une marque de Lui en toi.
    Amen

    Jean-Paul Guisan
    Prédication donnée initialement au temple de Champel à Genève le 11 mars 2018 (adaptation)

  • Carême 2018, 6ème dimanche, 25 mars

    Pour ce Carême 2018, ce sont des sœurs et des frères des Églises issues de la Réforme qui nous accompagnent.
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    Un brin de fierté

    Lorsqu’ils approchent de Jérusalem, près de Bethphagé et de Béthanie, vers le mont des Oliviers, Jésus envoie deux de ses disciples et leur dit : « Allez au village qui est devant vous : dès que vous y entrerez, vous trouverez un ânon attaché que personne n’a encore monté. Détachez-le et amenez-le. Et si quelqu’un vous dit : “Pourquoi faites-vous cela ?” répondez : “Le Seigneur en a besoin et il le renvoie ici tout de suite.” » Ils sont partis et ont trouvé un ânon attaché dehors près d’une porte, dans la rue. Ils le détachent. Quelques-uns de ceux qui se trouvaient là leur dirent : « Qu’avez-vous à détacher cet ânon ? » Eux leur répondirent comme Jésus l’avait dit et on les laissa faire. Ils amènent l’ânon à Jésus ; ils mettent sur lui leurs vêtements et Jésus s’assit dessus. Beaucoup de gens étendirent leurs vêtements sur la route et d’autres des feuillages qu’ils coupaient dans la campagne. Ceux qui marchaient devant et ceux qui suivaient criaient : « Hosanna ! Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient ! Béni soit le règne qui vient, le règne de David notre père ! Hosanna au plus haut des cieux ! » Et il entra à Jérusalem dans le temple. Après avoir tout regardé autour de lui, comme c’était déjà le soir, il sortit pour se rendre à Béthanie avec les Douze.
    Marc 11, 1-11 (TOB)

    Le lendemain, la grande foule venue à la fête apprit que Jésus arrivait à Jérusalem ; ils prirent des branches de palmiers et sortirent à sa rencontre. Ils criaient : « Hosanna ! Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient, le roi d’Israël. » Trouvant un ânon, Jésus s’assit dessus selon qu’il est écrit : Ne crains pas, fille de Sion : voici ton roi qui vient, il est monté sur le petit d’une ânesse. Au premier moment, ses disciples ne comprirent pas ce qui arrivait, mais lorsque Jésus eut été glorifié, ils se souvinrent que cela avait été écrit à son sujet, et que c’était cela même qu’on avait fait pour lui. Cependant la foule de ceux qui étaient avec lui lorsqu’il avait appelé Lazare hors du tombeau et qu’il l’avait relevé d’entre les morts, lui rendait témoignage. C’était bien, en effet, parce qu’elle avait appris qu’il avait opéré ce signe qu’elle se portait à sa rencontre. Les Pharisiens se dirent alors les uns aux autres : « Vous le voyez, vous n’arriverez à rien : voilà que le monde se met à sa suite ! »
    Jean 12, 12-19


    2018-03-25-anon.jpgLes temps de la honte sont révolus, voilà me semble-t-il le grand enseignement de ce texte.

    Dans une perspective queer, nous ne devons pas seulement lire le texte en cherchant des excuses à ce que nous sommes. Tant que nous sommes dans un monde où dominent l’hétéropatriarcat, la misogynie, l’homophobie, la transphobie, nous, personnes LGBTQI et alliées, pouvons-nous considérer comme destinataires principales de ce texte et des bonnes nouvelles qu’il contient.

    Quelles bonnes nouvelles ?

    1ère bonne nouvelle : Jésus connaît notre chemin : signe que Dieu nous accompagne.
    « Vous trouverez… » « Si l’on vous dit… » prédit-il.
    Jésus sait combien la pression sociale vise à maintenir l’aliénation. Il n’y a qu’à voir l’ânon dont on dit qu’il est « attaché » / « dehors » / « dans la rue ». On pourrait penser que cet ânon n’a aucune importance. Pourtant, la réaction de l’extérieur est surprenante : « qu’avez-vous à détacher cet ânon ? » (sous-entendu : « cet ânon qui pourrait rester tranquillement là »).

    2ème bonne nouvelle : On peut décourager les Pharisiens à force de persévérance.
    Dans la traduction de Bayard, Jn 12, 19 est ainsi traduit : « vous voyez bien qu’on est perdants, ils s’en vont tous derrière lui ». La fierté des disciples désarme les Pharisiens.
    Cette persévérance doit être nourrie d’amitié comme Jésus qui après son entrée à Jérusalem va à l’écart, à Béthanie, chez ses amis Marthe, Marie et Lazare.

    3ème bonne nouvelle : Nous pouvons entrer dans la fierté révélée par Jésus.
    Les disciples entrent dans Jérusalem aussi. Ils sont fiers. Ils suivent Celui qui donne toute légitimité.
    Plus important encore, cette fierté n’est pas réservée aux Douze. On peut voir en Jn que tous les témoins de la sortie du tombeau (du placard ?) de Lazare savent quelle force de vie se dégage de Jésus.

    4ème bonne nouvelle… question : que devient l’ânon ?
    Jésus a volé l’ânon pour recevoir l’honneur qui lui était dû, et avec lui, dû à celles et ceux qui le suivent. C’est, je crois, un exemple d’auto-organisation pour nos mouvements qui balancent généralement entre deux options. Première option : la fin est dans les moyens. Deuxième option : la fin (recevoir ce qu’on mérite, la fierté) justifie les moyens (voler un âne).

    Jésus a choisi.

    Vous voyez bien qu’on est gagnantes, gagnants.
    Allons-nous-en toutes, tous derrière Jésus.

    Amen.

    François Thollon-Choquet
    Prédication donnée initialement au rendez-vous « Open Kulte » du 18 mars 2018 à Bruxelles.