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Fêtes et temps

  • Message du frère prieur pour le début de l’été

    Chers sœurs, frères et ami(es) de notre Communion Béthanie,

    2017-06-31-Le-vent-souffle-où-il-veut.jpg« Le vent souffle où il veut, et tu entends sa voix ; mais tu ne sais ni d'où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l'Esprit. » Jean 3, 8

    Dans quelques jours, notre famille vivra sa retraite d'été, à la Communauté de La Roche d'Or, sur le thème : « Les surprises de l'Esprit-Saint ! »

    Un des trois fondateurs de cette communauté, le père Florin Callerand disait : « Dieu n'a pas d'habitude ! Il bouge tout le temps, et nous devons toujours être en avance sur notre propre devenir »

    Ensemble, nous désirons accueillir les surprises, les inattendus de l'Esprit-Saint.
    La première surprise ce sont, me semble-t-il, nos sœurs, nos frères, nos ami(es).
    En Communion Béthanie, nous ne nous choisissons pas.
    Il n'est pas toujours facile de reconnaître l'Esprit à l'œuvre dans l'autre.
    Il n'est pas toujours facile de se réjouir des dons de l'autre.
    Finalement, il est si difficile d'aimer l'autre, tout simplement parce qu'il est autre...!!

    2017-07-05-Communauté-de-La-Roche-d'Or.jpgNous allons prier ensemble pour sortir de nos habitudes, pour offrir un espace à ce Dieu qui bouge tout le temps.
    Nous allons écouter ensemble pour relancer notre course, pour être toujours en avance sur notre propre devenir.

    J'inscris notre fraternité dans cet élan que je résumais en quelques mots pour la fête de nos dix ans, il y a deux ans :

    - Intériorité, « monachisme intériorisé » : tel que je suis et non pas tel que je rêve d'être, tout mon être-cœur, corps, âme, esprit-donné à Jésus le Christ. « Consentir à toujours commencer. Traduire en patience le désir du Royaume... Savoir que toute chose est en Dieu précieuse et pure » Hymne pour la fête de saint Benoît.

    - Personnes transgenres : se laisser surprendre et déplacer intérieurement par l'inédit de ces personnes avec qui, Dieu nous donne de vivre, de partager le pain et la coupe...
    Une de nos sœurs m'offrait ces derniers jours cette perle de Sylvie Germain : « Moi je regarde le monde à cœur nu, je vois en grand la détresse des gens minuscules et infime la splendeur des puissants. Rien ne me normalisera la vue »

    - Œcuménisme : l'après-midi de sa mort, le 16 août 2005, Frère Roger de Taizé appela un frère et lui dit : "Note bien ces mots !" Un long silence puis il commença : "Dans la mesure où notre communauté crée dans la famille humaine des possibilités pour élargir..." Il s'arrêta là, la fatigue l'empêchant de terminer sa phrase.
    « Élargis l'espace de ta tente » Isaïe 54
    Là est notre appel, là est notre souhait.
    Élargir vers toutes et vers tous, élargir vers les personnes jeunes qui, je le souhaite, mettront la pagaille chez nous ! (cf. le pape François s'adressant aux jeunes: « Mettez la pagaille... »)

    « L'avenir s'ouvre beau...
    Continuez, continuez, tout est en avant »
    père Florin Callerand 1917-1998

    Avec vous, Jean-Michel+, votre frère prieur de la Communion Béthanie

     

  • Message de Pentecôte 2017

    « Une Église condamnée à renaître »

    2017-06-03-Pentecôte.jpgC'était le titre, un brin provocateur, d'un livre-entretien du frère André Gouzes avec Philippe Baud, en 2001.
    Je lui préfère l'intitulé : « Une Église appelée à renaître »
    C'était déjà vrai en 2001, c'est un appel pressant en 2017.

    Mon propos, ici, n'est pas d'énumérer les divers lieux où l'Église est à bout de souffle.
    Ce n'est pas non plus le moment d'analyser les profondes fractures qui paralysent l'Église.

    Avec vous, je voudrais pendant quelques instants regarder la beauté de l'Église.
    Beauté qui n'appartient pas à l'Église catholique, pas plus qu’à l'Église orthodoxe, ni aux Églises issues de la Réforme...
    Beauté souvent cachée qui est le fruit du Vent : il souffle où il veut, tu entends sa voix mais tu ne sais ni d'où il vient, ni où il va (Jean 3, 7-15)

    Beauté qui tient en quelques mots essentiels : amour, joie, paix, patience, bonté, bénignité, fidélité, douceur, tempérance (Galates 5, 22)
    Dans le cœur d'une multitude de personnes, au sein de très nombreuses petites communautés de base, ces mots prennent chair et donc visages.

    Pentecôte 2017, qui va se lever ?
    Qui veut participer à la renaissance de l'Église ?
    Qui veut rayonner la beauté de l'Évangile ?
    Pour cela, pas de grands discours, pas d'éclats de voix, pas de bannières, pas d'oripeaux...
    Écoute frère Roger de Taizé : « Vis le très peu de choses que tu as compris de l'Évangile »
    Prie avec lui : « Père, tu es celui qui, chaque matin, passes à mon doigt l'anneau du prodigue, l'anneau de fête »

    Dans le livre-entretien cité plus haut, le frère André Gouzes dit :
    " « Élargis l'espace de ta tente », dit le prophète Isaïe. Il faut savoir avec beaucoup de générosité et toujours plus de patience et d'humilité, élargir la tente de l'Église...
    Je crois en l'Esprit-Saint, qui est souffle d'innovation. Il peut susciter des femmes et des hommes d'invention qui, parce qu'ils seront au cœur même des choses, seront aussi des femmes et des hommes de grande tradition...
    J'espère une nouvelle génération de « fols en Christ », de ces prophètes et de ces saints capables de refonder chaque jour l'Église par le témoignage de leur foi et l'élan de leur jeunesse."

    Sœurs, frères, ami(es) de notre Communion Béthanie, je vous lance cet appel pressant :

    Voulez-vous, participer à la renaissance de l'Église ?
    Voulez-vous lui rendre sa beauté première, celle du matin de la Pentecôte ?
    Renoncez-vous aux vains bavardages, aux revendications stériles ?
    Renoncez-vous aux jugements rapides et sans nuances sur l'institution, sur la hiérarchie... ?

    Nous n'avons plus le temps...
    N'entendez-vous pas un bruit qui vient du ciel, comme un violent coup de vent ?
    Ne voyez-vous pas des langues de feu se poser sur chacun de vous ?
    Vous voici remplis de l'Esprit-Saint.
    Vous allez vous exprimer selon le don de l'Esprit...

    Je m'incline devant vous : vous êtes la beauté de l'Église, vous êtes un don de l'Esprit pour notre temps.

    Jean-Michel+, frère prieur de la Communion Béthanie.

    Dans cet Esprit, je vous offre, comme compagne de route, la nouvelle « prière officielle » de notre Communion :

     

    2017-Prière-CB-recto-400.jpgJésus le Christ,
    nous voici invités
    dans la maison de Béthanie.
    Tu es là, nous adorons ta présence.

    Voici Marthe, elle nous dit: « Le Maître est là, Il t'appelle ».
    Voici Marie, elle verse, en silence, sur tes pieds, une livre d'un parfum
    très pur et de très grande valeur. Avec ses cheveux elle essuie tes pieds
    et la maison est remplie par l'odeur du parfum.
    Voici Lazare. Sur lui, Tu cries d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! »
    À ses amis(es), Tu dis : « Déliez-le et laissez-le aller »
    Tu aimes Marthe, sa sœur Marie ainsi que Lazare.
    Dans cette famille, Tu nous accueilles comme tes ami(es).
    Ici Tu nous dis chaque jour : « Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »
    Marie, ta mère, est-elle aussi invitée dans cette maison de Béthanie ?
    L'Évangile ne nous le dit pas. Nous ne savons pas.
    Discrète, partout, elle nous dit : « Tout ce qu'il vous dira, faites-le. »

    Que nous dis-Tu ?

    « Comme Je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres.
    Vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns les autres.
    Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c'est
    l’amour que vous aurez les uns pour les autres. »
    En Communion Béthanie, nous désirons demeurer en ton Amour,
    être humble signe de la communion que Tu vis avec ton Père,
    dans l’Unité de l’Esprit.
    En ta Maison des cieux, Tu nous prépares une Demeure éternelle.
    Vers elle, ensemble, nous marchons.

    Amen

    Prière de la Communion Béthanie
    2017 Prière CB.pdf
    2017-Prière-CB-recto.jpg
    2017-Prière-CB-verso.jpg

     

  • Pâques 2017, 16 avril

    « Jésus, j’ai confiance en Toi ! »

    2017-04-16-Croix.jpg« Après le sabbat, le premier jour de la semaine » …

    « Soyez sans crainte … La paix soit avec vous … Pourquoi êtes-vous bouleversés ?… Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! … Comme votre cœur est lent à croire … Ne fallait-il pas que le Christ souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ? » …

    C’est donc vrai ! … Il ne nous a pas trompés… Il savait ce qu’il faisait … Il nous l’avait dit …

    Pierre, qui connaît maintenant sa faiblesse, peut lui redire à tout jamais : « Tu sais bien que je t’aime ! » …
    Marie-Madeleine, l’amoureuse, peut murmurer : « Rabbouni » …
    Thomas, le sceptique, se mettra bientôt à genoux : « Mon Seigneur et mon Dieu » …
    Jean, le bien-aimé, le reconnaît : « C’est le Seigneur ! » …
    Marie, sa Mère, comme à Noël, « garde toutes ces choses en son cœur » …

    Sa tombe est un berceau !
    Le chemin de Croix devient chemin d’Emmaüs !
    Tout renaît dans le jardin de la nouvelle Genèse !

    Jusqu’à la fin du monde, l’Évangile rayonne la force de la Résurrection. « Partout où Jésus passe, il guérit, relève, libère, redonne vie. Les sourds entendent, les muets parlent, les paralysés marchent, les morts ressuscitent. Des hommes et des femmes, abattus, désespérés, se lèvent sur son passage et retrouvent l’allégresse de la marche.

    2017-04-16-Lac-de-Galilée.jpgJésus n’a rien renié de son humanité. Il est toujours cet homme humble et proche que les disciples ont connu et suivi sur les routes... Il revient vers les siens avec la même simplicité et la même douceur. Et eux le retrouvent plus vivant et plus vrai que jamais dans leur cadre familier… Loin d’en faire un être distant et mythique, un être désincarné, sa Seigneurie, son exaltation auprès du Père le rendent encore plus proche de ses frères. Et les plaies qu’il porte aux mains, aux pieds et au côté, sont les marques de notre destin de faiblesse et de souffrance, d’humiliations et de mort. Ce destin, le Seigneur ressuscité ne l’a pas rejeté. Il l’a pris au cœur du sien pour le remplir de sa lumière ».
    Eloi Leclerc – Pâques en Galilée

    Avec Jésus et grâce à Lui, notre vie est belle ! Quoi qu’il en soit…

    « La mort et la vie s’affrontèrent en duel … Le Maître de la Vie mourut ; vivant, il règne ! »

    Parce qu’« Il sait tout, Il peut tout et Il nous aime » …
    Parce que « c’est la confiance, et rien que la confiance, qui doit nous conduire à l’Amour » …
    Parce que « Tout est grâce » …
    2017-04-16-Choisi-la-Vie.jpg« Choisis la vie ! » …

    « Jésus, j’ai confiance en Toi ! » Alléluia !

    Sylvain, ami de la Communion Béthanie

     

  • Carême 2017, 6ème dimanche, 9 avril

    « Je t’aime, Jésus » !

    La Semaine Sainte nous convie au silence intérieur de l’amour …

    « Au soir d’Amour », Le Christ est mort pour nous, pour nous tou(te)s.

    2017-04-09-mains.jpgEn février 1940, un prêtre accusé d’être homosexuel est envoyé au camp de Sachsenhausen. Un témoin raconte : « Le tourment qu’on lui infligea fut particulièrement douloureux … ruisselant de sang, le visage décomposé, il regardait au loin sans bien comprendre… Il murmura ces mots : "Et pourtant, l’homme est bon, c’est une créature de Dieu" … Il priait en silence, remuant simplement les lèvres … Les SS l’attachèrent à un banc et se mirent à le frapper … J’avais le sentiment d’assister à une version moderne de la Crucifixion. A la place des soldats romains, les brutes d’Hitler et un banc au lieu de la Croix. Le lendemain matin, au terrain de parade, nous devions porter le prêtre … Le SS se jeta sur lui avec furie s’apprêtant à le frapper de nouveau : "Sale porc, dis ce que tu es !" … Mais 2017-04-09-croix.jpgl’inimaginable se produisit subitement ... Du ciel assombri sortit un rayon de soleil qui vint soudain illuminer le visage tuméfié du prêtre. Il n’éclaira que lui au milieu des milliers de prisonniers assemblés ... Il régnait un silence impressionnant, et tous ceux qui étaient présents regardèrent fixement le ciel, stupéfaits de ce qui s’était passé. Le sergent lui-même interrogea quelques secondes les nuages, puis laissa retomber sa main levée et s’éloigna sans mot dire… Le prêtre baissa la tête et murmura d’une voix mourante : "Merci mon Dieu … je sais que mon heure est venue…" Le soir, à l’appel, nous le déposâmes au bout du rang avec les autres morts de la journée… »

    « Au soir d’Amour » !

    2017-04-09-paix.jpg« Jésus aussi a vécu en des temps de violence … Il a prêché inlassablement l’amour inconditionnel de Dieu qui accueille et pardonne, et il a enseigné à ses disciples à aimer ses ennemis … Jésus a tracé la voie de la non-violence, qu’il a parcourue jusqu’au bout, jusqu’à la croix, par laquelle il a réalisé la paix et détruit l’inimitié … C’est pourquoi, celui qui accueille la Bonne Nouvelle de Jésus sait reconnaître la violence qu’il porte en lui-même et se laisse guérir par la miséricorde de Dieu, en devenant ainsi à son tour, un instrument de réconciliation. Être aujourd’hui de vrais disciples de Jésus signifie adhérer également à sa proposition de non-violence. » Pape François.

    En silence, laissons descendre en nous cette parole adressée par Jésus à une amie : « Ce n’est ni le saint ni le pécheur que je préfère, c’est celui qui m’aime le plus »…


    « Je t’aime, Jésus » !

    Sylvain, ami de la Communion Béthanie

     

  • Carême 2017, 5ème dimanche, 2 avril

    « Nous montons à Jérusalem »
     
    Jésus monte vers « son Heure ».
    L’heure de la puissance des ténèbres.
    Mais aussi l’heure de l’universelle Rédemption par l’Amour…

    Ténèbres et Lumière…

    2017-04-02-Mains-et-bougie.jpgQuand je prie, j’aime allumer une bougie, surtout dans la nuit.
    Sa petite flamme est fragile mais elle brille et éclaire.
    Elle est le signe que l’amour, si pauvre soit-il, peut changer quelque chose dans ce monde…

    Ami(e)s du Christ, soyons un peu ces lumières dans la nuit de sa Passion.
    Nous accompagnons Jésus, le serviteur souffrant, l’Agneau de Dieu qui prend sur lui la malédiction du péché.
    Nous le consolons par le don renouvelé de notre amitié, « comme un supplément d’amour » car « L’Amour n’est pas aimé »…
    Comme Thérèse, avec elle, « Faisons de notre vie un sacrifice continuel, un martyre d’amour, pour consoler Jésus. Il ne veut qu’un regard, qu’un soupir, mais un regard et un soupir qui soient pour Lui seul ! »

    Ténèbres et Lumière…

    2017-04-02-Jésus-1.jpgThérèse "de l’Enfant-Jésus de la Sainte Face" aime contempler le visage douloureux de son époux. « Jésus brûle d’amour pour nous. Regarde sa Face adorable ! Regarde ces yeux éteints et baissés ! Regarde ces plaies ! Regarde Jésus dans sa Face… Là tu verras comme il nous aime ».
    En retour, elle veut « toujours sourire » … « Jésus aime les cœurs joyeux, il aime une âme toujours souriante » …
    Sourire avec les lèvres, avec le cœur, même dans la tristesse. « Je souris en versant des pleurs »…


     Ténèbres et Lumière…

    2017-04-02-Coeur-de-crayons.jpgAmi(e)s du Christ, nous croyons que Jésus vit en toute personne, surtout si elle n’est pas aimée.
    Il est toujours du côté des plus petits, frère de tous les exclus, de tous les humiliés, de toutes les victimes de la haine et de la méchanceté.
    Par notre prière, par des petits "rien", par ce que nous pouvons oser et risquer parfois, soyons des lumières dans la nuit ! Soyons le Visage du Christ Consolateur !

    « La miséricorde de Dieu n’est pas une idée abstraite, mais une réalité concrète à travers laquelle Il révèle son amour … Il est juste de parler d’un amour «viscéral». Il vient du cœur comme un sentiment profond, naturel, fait de tendresse et de compassion, d’indulgence et de pardon. (…) D’ailleurs, l’amour ne peut jamais être un mot abstrait. Par nature, il est vie concrète : intentions, attitudes, comportements qui se vérifient dans l’agir quotidien. (…) En bref, là où il y a des chrétiens, quiconque doit pouvoir trouver une oasis de miséricorde. » (pape François)

    Sylvain, ami de la Communion Béthanie

  • Carême 2017, 4ème dimanche, 26 mars

    « Confiants jusqu’à l’audace » !

    2017-03-26-Jonquilles.jpgC'est la mi-Carême ! C’est le printemps ! Pâques approche !

    Le chemin à travers le désert mène à la Terre Promise ! Le chemin du Carême mène à la liberté !

    Car « notre liberté, c’est notre libération » (Maurice Zundel)

    Thérèse nous accompagne. Elle est devenue une femme libre parce que libérée par Jésus.

    Libérée de son hypersensibilité maladive. Lâchant prise pour enfin avancer « à pleine voile sur les flots de la confiance et de l’amour ». Surmontant ses peurs. Transfigurant en actes de Foi ses tentations de doute et de désespoir … 

    C’est le chemin d’une vie, avec ses grâces sensibles et ses luttes. « Je veux T’aimer comme un petit enfant ; je veux lutter comme un guerrier vaillant ! » … « J’ai beaucoup souffert ici-bas : il faudra le faire savoir aux âmes… »

    Elle nous confie le secret qu’elle a appris de Jésus : « J’imite la conduite de Madeleine, son étonnante ou plutôt son amoureuse audace qui charme le Cœur de Jésus, séduit le mien. Oui je le sens, quand même j’aurais sur la conscience tous les péchés qui se peuvent commettre, j’irais, le cœur brisé de repentir, me jeter dans les bras de Jésus, car je sais combien Il chérit l’enfant prodigue qui revient à Lui. Ce n’est pas parce que le bon Dieu, dans sa prévenante miséricorde, a préservé mon âme du péché mortel que je m’élève à Lui par la confiance et l’amour ».

    2017-03-26-Thérèse.jpgConsciente de sa faiblesse, elle ose croire jusqu’au bout : « On n’a jamais trop de confiance dans le Bon Dieu si puissant et si miséricordieux. On obtient de Lui autant qu’on en espère » !

    Son audace est celle de l’amour ! « J’ai ton Cœur, ta Face adorée, ton doux regard qui m’a blessée ; j’ai le baiser de ta bouche sacrée. Je t’aime et ne veux rien de plus, Jésus »

    Pendant son pèlerinage à Rome, elle ose parler au pape, franchir les barrières du Colisée, passer la clôture d’un monastère, toucher le clou de la Passion : « J’étais vraiment par trop audacieuse !… Heureusement le Bon Dieu qui voit le fond des choses sait que mon intention était pure et que pour rien au monde je n’aurais voulu lui déplaire ».

    Au carmel, elle ose avancer sur un chemin spirituel "douteux". Entrée dans la Vie, elle reviendra le dire : « Ma voie est sûre. Je ne me suis pas trompée en la suivant »...

    S’il y a plusieurs chemins, Thérèse choisit celui de la confiance jusqu’au bout. Parce que c’est un chemin vrai. Parce que Dieu nous aime.

    Le dernier jour de sa vie sur terre, elle nous confie : « Il me semble que je n’ai jamais cherché que la vérité ; oui j’ai compris l’humilité du cœur… Il me semble que je suis humble »

    Dans nos vies - uniques et précieuses aux yeux du Seigneur ! - osons la vérité de la confiance ! Pas à pas…

    2017-03-26-La-cycliste.jpgLà est notre joie : «La Parole de Dieu n’est pas un fax descendu du ciel, mais une Parole Vivante, une Personne, le Christ … dont l’art est de faire exploser la lettre de la loi, pour engendrer de nouveaux chemins et faire éclater la vie ! » (Père Joël Pralong)

    Sylvain, ami de la Communion Béthanie


  • Carême 2017, 3ème dimanche, 19 mars

    « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : "donne-moi à boire" »…

    2017-03-19-Samaritaine-1.jpg« En demandant à la Samaritaine de lui donner à boire, Jésus avait un si grand désir d’éveiller la foi dans son cœur, qu’il fit naître en elle l’amour même de Dieu ». (Liturgie du 3e dimanche de Carême)

    Thérèse chante cette rencontre :

    « Rappelle-toi qu'au bord de la fontaine
    Un Voyageur fatigué du chemin
    Fit déborder sur la Samaritaine
    Les flots d'amour que renfermait son sein ».

    « L’Évangile m’apprend et mon cœur me révèle » … Elle lit l’Évangile avec le cœur

    « Ah ! je connais Celui qui demandait à boire
    Il est Le Don de Dieu, la source de la gloire,
    C'est Lui, L'Eau qui jaillit
    C'est Lui qui nous a dit :
    « Venez à moi. »

    Elle va ainsi au cœur de la Révélation. Elle comprend Dieu, et le chemin par lequel on va sûrement à Lui : « par la confiance et l’amour »… Le chemin par lequel Il vient en nous…

    2017-03-19-Samaritaine-2.jpg« Il me semblait entendre Jésus me dire comme à la Samaritaine: "Donne-moi à boire !" … En disant "donne-moi à boire", c’était l’amour de sa pauvre créature que le Créateur de l’univers réclamait. Il avait soif d’amour »…

    Notre conversion est là. « La sainteté n’est pas dans telle ou telle pratique, elle consiste en une disposition du cœur qui nous rend humbles et petits entre les bras de Dieu, conscients de notre faiblesse, et confiants jusqu’à l’audace en sa bonté de Père »… Avec Jésus et grâce à Lui.

    « J’ai besoin d’un cœur brûlant de tendresse,
    Restant mon appui sans aucun retour,
    Aimant tout en moi même ma faiblesse…
    Ne me quittant pas, la nuit et le jour ».

    « Dieu est l’Amour, c’est-à-dire le don de soi. Il est la plénitude jaillissante qui a besoin de se verser dans notre néant ... Se donner est donc son être, sa vie, sa joie. Plus nous sommes faibles et vides, impuissants et inachevés, plus il trouve en nous de capacité à le recevoir. Ainsi notre amour à nous consiste surtout à accueillir son effusion de vie, comme son Amour à Lui consiste à la répandre ». (Dom Guillerand – Silence cartusien)

    C’est un chemin de vérité, qui prend du temps, toute une vie...
    Donc c’est aussi un chemin de lutte et d’intranquillité…

    « Tu cherches Dieu mais il est là,
    À t’attendre où tu ne viens pas,
    Dans la profondeur de ton moi… »
    (Marie Beaudouin-Croix – Lignes d’oraison)

    Mais il est là… Jésus n’est pas au bout du chemin ; il est sur le chemin… Il est LE chemin…
    Saint Augustin a dit un jour : « La Parole s’est exprimée comme elle a pu ; le reste c’est au cœur de le comprendre. »

    Sylvain, ami de la Communion Béthanie

     

  • Carême 2017, 2ème dimanche, 12 mars

    « Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il les emmena à l’écart » …


    2017-03-12-A-l'écart.jpgNous continuons notre chemin de Carême, à l’écart, chacun(e) et tous ensemble.
    À l’écart, pour un retour en soi, pour un cœur à cœur avec Dieu.
    À l’écart, par la prière, le jeûne et le partage.
    À l’écart, pour bientôt « monter à Jérusalem » et y accompagner Jésus.
    À l’écart, pour "re-venir" à l’essentiel : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu … et ton prochain comme toi-même ». 

     

    2017-03-12-Thérèse-1.jpgNotre sœur Thérèse l’a compris : « Il n'y a que l'amour qui puisse nous rendre agréables au Bon Dieu ... cet amour est le seul bien que j'ambitionne ».
    « Vivre d’Amour », c’est notre vocation. Car Dieu, qui n’est qu’Amour, nous a créés par amour, et pour aimer.
    « Je ne puis craindre un Dieu qui s’est fait pour moi si petit. Je l’aime ! Car il n’est qu’Amour et Miséricorde !... » Aimer, c’est accepter d'être aimé… Infiniment. Sans condition. Pour toujours.

    Aimer, c’est croire que Dieu est bon "quand même". « Je chante ce que je veux croire » dans la nuit de la foi, dans la tentation du doute, du désespoir et du blasphème.

    Aimer, c’est croire que Dieu a soif de mon amour, si pauvre soit-il par lui-même. « Voilà donc tout ce que Jésus réclame de nous, il n'a point besoin de nos œuvres, mais seulement de notre amour ... Ah ! je le sens … il trouve, hélas ! peu de cœurs … qui comprennent toute la tendresse de son Amour infini ».

    Aimer, c’est s’aimer soi-même. « Il est plus facile que l'on croit de se haïr. La grâce est de s'oublier. Mais si tout orgueil était mort en nous, la grâce des grâces serait de s'aimer humblement soi-même, comme n'importe lequel des membres souffrants de Jésus Christ » (Bernanos - Journal d'un curé de campagne).

    Aimer, c’est essayer d’aimer… C’est aimer "quand même", « semant la paix, la joie dans tous les cœurs » … "Aimer quand rien n’est aimable" ! (Bienheureux Maurice Tornay - martyr au Tibet 1910-1949).
    « Vivre d'Amour, c'est essuyer ta Face, c'est obtenir des pécheurs le pardon » ...

    Aimer, c’est demander la grâce d’aimer ...

    « Divin Jésus, écoute ma prière, par mon amour je veux te réjouir.
    Tu le sais bien, à toi seul je veux plaire. Daigne exaucer mon plus ardent désir.
    Du triste exil j'accepte les épreuves, pour te charmer et consoler ton cœur.
    Mais en amour change toutes mes œuvres, Ô mon Époux, mon Bien-Aimé Sauveur …
    Divin Sauveur, à la fin de ma vie, viens me chercher, sans l'ombre d'un retard.Ah ! montre-moi ta tendresse infinie et la douceur de ton divin regard.

    2017-03-12-Thérèse-2.jpg

    Avec amour, oh ! que ta voix m'appelle, en me disant : Viens, tout est pardonné.
    Repose-toi, mon épouse fidèle, viens sur mon cœur, tu m'as beaucoup aimé ».

    Sylvain, ami de la Communion Béthanie

  • Carême 2017, 1er dimanche, 5 mars

    2017-03-05-Désert.jpg« Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable »…

    Le Temps du Carême est un appel du Seigneur. Il nous invite à l’accompagner au désert. Pour cheminer vers Pâques… comme jadis le Peuple de Dieu en marche vers sa liberté.
    Il s’agit de se "re-mettre" en route… Se "re-mettre" à son écoute car « l’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » !

    Pour "re-découvrir" son projet d’amour, de bienveillance et de miséricorde… Et en vivre ! Personnellement. Librement.
    Car « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la pleine connaissance de la vérité. Il n’y a qu’un seul Dieu. Il n’y a aussi qu’un seul médiateur entre Dieu et les hommes : un homme, le Christ Jésus, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous » (I Timothée 2, 4-6).

    Voilà "pour-quoi" Jésus commence sa mission en affrontant Satan au désert. Pour le vaincre par la Parole de Vérité et nous donner de participer à sa victoire.
    N’ayons pas peur du désert, quel qu’il soit... C’est le lieu de la rencontre avec Dieu ! Et donc du salut !

    « Celui qui fait la vérité vient à la lumière »… Doucement. Avec Lui, sous son regard… En paix… En "re-mettant" tout en Lui… Avec patience et confiance. Car « il faut se "re-donner" sans cesse » et « c’est la confiance, et rien que la confiance, qui doit nous conduire à l’amour » comme le proclame Thérèse de Lisieux, notre petite sœur universelle !

    Grâce à Lui, tout "re-devient" chemin ! « Le désert et la terre de la soif, qu’ils se "ré-jouissent" ! Le pays aride, qu’il se couvre de fleurs des champs, qu’il exulte et crie de joie ! »… (Isaïe 35,1)

    Quelle que soit notre manière personnelle - et en même temps tous ensemble - d’aller au désert pendant ces 40 jours, que ce soit pour y "re-trouver" Jésus. Pour nous "re-tourner" vers Lui. Pour nous "re-poser" sur son Cœur ! Pour laisser la source de vie "re-jaillir" en nous. Pour "re-devenir" qui nous sommes et "re-vivre" grâce à Lui !

    Ce sera aussi et surtout pour sa joie à Lui… Car sa joie, c’est de se donner ! C’est de sauver ! C’est de faire vivre ! Il est vainqueur ! « Je suis venu pour qu’ils aient la vie … en abondance » !

    2017-03-05-Jésus-et-l'enfant.jpgUne seule condition, indispensable : consentir à se "re-tirer" dans le désert intérieur de notre être profond. Pour l’y rencontrer, le laisser faire et se laisser faire.

    Un chartreux a écrit : « Tout le monde, bien sûr, ne peut ni ne doit vivre en moine ou en ermite. Mais il n’est pas de chrétien qui puisse se passer d’un ermitage intérieur où il puisse rencontrer Dieu. »

    Sylvain, ami de la Communion Béthanie.

  • Carême dans la Ville 2017, la retraite en ligne des Dominicains

    La Communion Béthanie vous recommande Carême dans la ville 2017, à partir de ce mercredi des Cendres, 1er mars.

    Vivez un carême dynamique grâce à cette retraite en ligne, qui cette année s'adapte aussi à tous les formats et à tous les écrans. Découvrez la parole de Dieu proche de vous, grâce à un frère ou une sœur dominicaine.

    careme2017.jpgCette année, le thème sera « Ceci est mon corps », Évangile selon saint Matthieu, chapitre 26, verset 26.

    Le corps. Auparavant mortifié, méprisé ou ignoré, il est maintenant soigné, adulé et librement exposé au risque d'être réduit à un simple objet et de susciter convoitise et violence.

    Pour vous inscrire et rejoindre des milliers de retraitants, vous pouvez vous rendre sur le site Carême dans la Ville 2017.

    Chaque dimanche du Carême, Sylvain, un ami de la Communion Béthanie, vous proposera un texte de méditation jusqu'à Pâques 2017, le 16 avril.