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COMMUNION BÉTHANIE - Page 3

  • Pause méditation du 23 avril 2018

    Humilité – douceur du Christ
    Tel est le thème que nous propose notre sœur Loan pour les méditations du lundi.

    2018-04-23-Saint-Guilheim-le-désert.jpg« Confiance mon fils, tes péchés sont pardonnés... » (Mt 9,2)

    Humilité du pécheur repenti…
    Douceur, tendresse d’un Dieu de Miséricorde qui pardonne, relève et remet en marche…
    Pécheur, mais pécheur pardonné...Si je consens humblement, à travers une juste estime de soi, à accueillir ce pardon offert gratuitement.

    « Lève-toi et marche... » (Mt 9,5)

    « Un saint est un pécheur qui cherche à s’améliorer » (N. Mandela)

    Viens nous libérer Seigneur de tout ce qui entrave notre marche vers la sainteté...Oui, laissons Dieu arracher le « chiendent » de nos vies et en toute confiance marchons humblement avec ce Dieu de Tendresse.
    Et si ce « chiendent », cette « paralysie » à éradiquer, c’était une invitation plus spécialement pour nous personnes homos-sensibles ou transgenres à davantage d’humilité et de douceur.
    Un appel à accueillir et offrir fragilités et tendresse ?
    Un appel à nous laisser « Transfigurer »… à « Ressusciter d’entre les morts » ? (Mc 9, 2-10)
    Et ainsi devenir témoin du Christ ressuscité et du pardon des péchés offert à tou(te)s. (Mt 24,46-47)

    En Marche, va et deviens !

    Isabelle M. (La boiteuse !)

     

  • Pause prière - pause regard du 19 avril 2018

    La prière est une magnifique respiration…
    Celle d’un cœur qui aime.

    Voici, je me tiens à la porte et je frappe.
    Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte,
    j’entrerai chez lui et je prendrai la cène avec lui et lui avec moi.

    Apocalypse 3,20

    Les frères et sœurs de la Communion Béthanie
    _______________________________________

    2017-04-19-l'homme.jpgDieu nous a créés pour devenir des créateurs.
    Nous devons nous libérer de la pesanteur des déterminismes
    pour devenir le sanctuaire de la lumière et de l'amour.

    Telle est le mystère de la transfiguration chrétienne,
    qui est un mystère d'intériorisation,
    de personnalisation, de divinisation.

    Il s'agit de devenir véritablement un « homme »
    dont l'espace intérieur est devenu assez grand
    pour accueillir la vie même de Dieu.

    Et accueillir Dieu, c'est devenir un vivant qui possède en lui tout l'univers.
    L'immortalité n'est pas ce qui arrive après la mort,
    elle advient, aujourd'hui et maintenant,
    chaque fois que l'homme se dépasse pour aimer.

    C'est chaque jour que nous « immortalisons » notre vie.
    C'est chaque jour que nous ressuscitons un peu plus.

    P. Michel Hubaut, franciscain


    2017-00-09-Nous-prions.jpgSeigneur, nous te louons pour
    les sources et les fontaines,
    les ruisseaux et les grands fleuves,
    les lacs, les mers et les océans,
    la pluie, la neige...
    l'eau « si chaste et si disponible » comme le chante saint François d'Assise.

    Seigneur, devant toi W. dans son parcours de discernement, notre frère M.-S., en sa fête, sœur C., D., S., A., J., M., Frère Aloïs, nos frères de la communauté œcuménique de Taizé, la paix en Syrie, au Proche et au Moyen-Orient.

  • Artisans de Paix – Podcast dès le 13 avril 2018

    Chères amies, Chers amis,

    Vous souvenez-vous du message vidéo de Cyril du 18 janvier ?

    Artisans-de-Paix.jpgEh bien, oui  la collaboration entre Jean-Michel, notre prieur, et Cyril s’intensifie.
    Ils nous proposent chaque semaine un entretien audio. Vous pouvez écouter le premier épisode en cliquant sur Artisans de Paix - Podcast.
     
    Vous pourrez, ensuite, vous inscrire pour suivre les nouveaux épisodes.
    Un essai vaut la peine.
    Vous trouverez sur notre blog, dans l’entête - ci-dessus -  une nouvelle rubrique « Podcast » qui vous permettra d’accéder à cette information… et de la partager.
    Ce message s’adresse aux jeunes de 7 à 77 ans (et plus) !

    Je vous invite à prier pour nos deux amis et pour leurs témoignages.

    Avec mes amitiés fraternelles,
    Sacha

  • Pause méditation du 16 avril 2018

    Humilité – douceur du Christ
    Tel est le thème que nous propose notre sœur Loan pour les méditations du lundi.

    2018-04-16-St-Guilheim.jpgLe sacré, l'amour, la bienveillance

    « La vie nous appelle à être des gardiens du sacré dans la création.
    N'oublions pas le langage de l'âme.
    Le mystère, la beauté et le sacré font partie de ce qui est naturel, de ce qui est pleinement vivant.
    Revenons à ces simples valeurs humaines que sont l'amour et la bienveillance pour la terre, pour tout le vivant, pour nos sœurs et nos frères.
    Quand l'âme est présente les miracles peuvent se produire, les prières peuvent être exaucées.
    L'amour est la plus grande force de la création »

    Jésus ne cesse de nous le dire, les évangiles de nous le rappeler :
    « Aimons-nous les uns les autres, comme le Christ nous l'a montré. Aimons notre Père de tout notre cœur. »

    Texte tiré, inspiré, d'un article de la revue sources n° 39
    Elisabeth L.

     

     

  • Un livre : « Chrétiens homosexuels en couple, un chemin légitime d'espérance ».

    Chers toutes et tous,

    Je me permets de vous inviter à lire l'ouvrage de notre ami Michel Anquetil :

    Chrétiens-homosexuels-en-couple,-un-chemin-légitime-d'espérance.jpg« Chrétiens homosexuels en couple, un chemin légitime d'espérance »
    Edition : EDILIVRE

    Cet essai propose la vie de couple comme un choix possible, moralement légitime et exigeant, ouvert à la joie et à l'espérance chrétienne du salut.

    Merci à Michel pour ce remarquable et limpide travail.

    Nous prions pour la fécondité de ce livre.
    Nous prions pour son auteur et pour son compagnon, ami, lui aussi, de notre Communion Béthanie.

    Avec vous, dans l'humble quotidien. Là où résonne le mieux, me semble-t-il, l'alléluia pascal.

    Votre frère, Jean-Michel+, prieur de la Communion Béthanie


     

  • Communion en toute INTIMITE, au monastère de Chalais, du 16 au 18 mars.

    « Mais toi, tu étais plus intérieur que l’intime de moi, et plus haut que le sommet de moi-même » Saint Augustin


    Chères amies, Chers amis,

    2018-03-16-Chalaissous-la-neige.jpgLe printemps fait éclore ses bourgeons, et je suis bien en retard pour vous faire part de notre retraite d’hiver, qui a eu lieu il y a quelques semaines au monastère de Chalais, niché à flanc de montagne dans le massif de la Chartreuse. Sous la neige et le froid, nous étions bien, heureux de nous trouver ou de nous retrouver, frères, sœurs et amis-es transgenres (mais pas que !) de la Communion Béthanie. Nous avons ainsi pu accueillir avec joie Sophie, et Jérôme, qui nous rejoignaient pour la première fois.

    Le thème de ce weekend était l’intimité, thème autour duquel frère Grégoire a guidé notre réflexion et notre prière, avec Saint Augustin, Marthe et Marie, Marie-Madeleine, et le Cantique des Cantiques. Invitation à mieux comprendre le cœur de notre relation intime avec Dieu, à travers une théologie accessible et humaine. Mais aussi à mieux vivre l'intimité entre nous, grâce au temps d’accueil du vendredi soir préparé par Isabelle (la danseuse !) autour de la salutation à travers les cultures, et à l’activité corporelle proposée par Loan le samedi après-midi : marcher, se croiser, se regarder, se toucher, faire confiance et s’abandonner…

    Les sœurs dominicaines nous ont accueillis avec chaleur et simplicité, et ceux d’entre nous qui le souhaitaient ont pu partager avec elles la liturgie des heures, dans la magnifique église romane du monastère. Elles ont aussi partagé avec nous, en temps de groupe, un peu de leur vie et de la joie de vivre leur vocation. Comme toujours, la retraite est passée bien vite, et après la messe en musique, et le repas du dimanche, nous sommes repartis heureux de notre weekend, et tristes de nous quitter.

    Merci à toute la Communion d’être présente et vivante aussi pour nous, les personnes transgenres, merci pour votre accueil et pour votre prière !

    Isabelle N.

     

  • Pause prière - pause regard du 12 avril 2018

    La prière est une magnifique respiration…
    Celle d’un cœur qui aime.

    Ainsi donc, puisque les enfants [= tous les humains] ont en commun le sang et la chair, lui aussi [Jésus], pareillement, partagea la même condition, afin de réduire à l’impuissance, par sa mort, celui qui détenait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, et de délivrer ceux qui, par crainte de la mort, passaient toute leur vie dans une situation d’esclaves.
    Hébreux 2,14-15

    Les frères et sœurs de la Communion Béthanie
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    2018-04-12-Tu-me-ressuscites.jpgTu me ressuscites

    tu t'opposes fermement à mes enfermements
    aux postures rigides qui me laissent pour morte
    à toutes les fixations qui pourraient avoir ma peau

    Tu me ressuscites

    Tu me rends à moi-même quand je m'égare en mimétisme
    tu me rends à la vie quand je collabore avec la mort
    tu me rends le matin quand je m'enfonce
    dans une nuit sans retour

    Tu me ressuscites

    tu te rends au tombeau où j'ai réduit ma vie
    et tu l'ouvres à ton immensité
    En attendant de voir l'Incroyable de mes yeux
    le miracle est déjà là :
    j'irai vivante devant ma mort
    et elle ne réduira pas la part de toi en moi.

    Marion Muller-Colard

    2017-00-09-Nous-prions.jpgSeigneur, nous te louons pour l'appel à la sainteté offert à toutes et à tous, la joie pascale qui éclaire nos vies, le minuscule dans lequel, bien souvent, nous découvrons ta présence, nos vies, telles qu’elles sont, là tu nous invites à incarner ta Parole.

    Seigneur, devant toi C., A.-S. sur son chemin d'éternité, J., M., M., M.,J., A., la paix en Syrie, la paix au Soudan du Sud, les artisans du dialogue, les artisans de paix, les personnes homosensibles et transgenres au Maroc, la fécondité du nouveau livre de notre ami Michel Anquetil : « Chrétiens homosexuels en couple, un chemin légitime d'espérance ».

  • Appel aux dons

    Chers frères et sœurs, cher(e)s ami(e)s,

    2018-04-09-Dons.jpgC'est en qualité de trésorier de l'association des Amis de la Communion Béthanie que je prends le liberté de vous adresser ces quelques mots de sollicitation qui lancent un appel, en toute simplicité, à votre générosité ...

    Notre association a pour but d'assurer des gestes discrets mais nécessaires auprès des frères et sœurs qui auraient besoin d'un soutien financier, mais aussi de manifester concrètement notre accueil et notre gratitude lors de l'intervention des conférenciers qui animent nos retraites. Nos ressources s'épuisent vite ; nos moyens de subsistance exclusivement issus des dons et de la bienveillance des uns et des autres ... Que chacun(e) se sente libre et soit en paix à la lecture de ce message !

    Si vous le désirez, vous pouvez adresser un virement aux coordonnées bancaires suivantes :

    2018-04-09-Merci.jpgRIB : 30004 01543 00010046049 39
    IBAN : FR76 3000 4015 4300 0100 4604 939
    BIC : BNPAFRPPXXX

    D'avance, un grand merci,
    A chacun(e), un beau temps pascal,

    Fraternellement,
    Patrick

  • Pause méditation du 9 avril 2018

    Humilité – douceur du Christ
    Tel est le thème que nous propose notre sœur Loan pour les méditations du lundi.

    « Au long du jour, le Seigneur m'envoie son amour ;
    et la nuit, son chant est avec moi, prière au Dieu de ma vie. »
    Psaumes 41, 9

    2018-04-09-St-Guilheim.jpgTa présence, Seigneur, douce, discrète, dans ma vie.
    Je n’y suis pas toujours attentive. Parfois, je n’en ai pas conscience. Je suis comme l’aveugle sur le chemin. Tu attends que je recouvre la vue.
    Et pourtant, Tu es là. Tu te manifestes par des signes de toutes sortes. Tu es sans cesse à mes côtés. Le jour, au travers de mes rencontres, des êtres et des choses qui m’entourent, toute la création.
    La nuit, dans mes obscurités, mes ténèbres, Tu es là bienveillant. Quand je n’en peux plus, c’est Toi qui me portes.
    Tant d’amour Seigneur ! Je te remercie, Ô Dieu d’Amour, de tout mon cœur!

    Elisabeth S.

  • Pause prière - pause regard du 5 avril 2018

    La prière est une magnifique respiration…
    Celle d’un cœur qui aime.

    [Jésus répondit à Nicodème :] « … Le vent souffle où il veut, et tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l’Esprit. »
    Jean 3, 8

    Les frères et sœurs de la Communion Béthanie
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    2018-04-05-On-ne-possède-jamais.jpgOn ne possède jamais réellement les choses.
    On ne fait que les tenir un instant.
    Si l'on est incapable de les laisser aller,
    ce sont elles qui nous possèdent.
    Quel que soit ce que l'on chérit,
    il faut le tenir dans le creux de sa main
    comme on retient l'eau.
    Dès qu'on la saisit, elle n'est plus là.
    Si on se l'approprie,
    on la souille.
    Si on la libère,
    elle est à soi pour toujours.

    Anthony de Mello

    2017-00-09-Nous-prions.jpgSeigneur, nous te louons pour la grâce de ta vie livrée, la grâce du mystère pascal ici et maintenant, la grâce de l'Esprit-Saint à jamais donnée, le grâce de ta présence au milieu de nous et en nous, la grâce d'être en toi, par toi, des vivants.

    Seigneur, devant toi, le pape François, tous les pasteurs de toutes les Églises, frère Marcellin en sa fête, J., R., M. et sa santé, F., A., N., M., G., J., A., F., N., V., les communautés, et les fraternités qui souhaitent rayonner ta Miséricorde, les communautés juives en ces fêtes de Pessah, la paix et la réconciliation en Europe ainsi que dans notre monde.

     

     

  • Pâques 2018, dimanche 1er avril

    Pour ce Carême et Pâques 2018, ce sont des sœurs et des frères des Églises issues de la Réforme qui nous accompagnent.
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    Marie et Marthe
    (Jean 12,1-11 et Jean 11,20-27)

    2018-04-01-Marie-et-Marthe.jpgMarie de Béthanie est une disciple de Jésus, qui par son geste osé témoigne au Maître son amour et sa reconnaissance. Elle tient ici le premier rôle, alors qu’au chapitre précédent ce rôle était réservé à Marthe. Comme chez Marc et Matthieu, Jésus se fait l’interprète du geste de Marie en le liant à sa mort imminente.

    Le fait d’oindre ses pieds, et non sa tête comme le voulait la coutume, est surprenant. La quantité de parfum utilisée paraît excessive, comme dans les autres récits. Enfin, il est inconvenant pour une femme de dénouer ses cheveux en public pour essuyer les pieds d’un hôte. Cela dit, comme le relève Jean Zumstein dans son commentaire sur le quatrième évangile, « Marie oint les pieds de Jésus (v. 3) avant que Jésus ne lave ceux de ses disciples (13,2-11) ».

    Judas Iscariote tient ici le rôle de l’opposant. Il se voit doublement discrédité. Tout d’abord, son nom est clairement indiqué, ce n’est plus un groupe anonyme, et Judas est décrit comme « l’un de ses disciples, celui-là même qui allait le livrer ». Tout semble avoir été dit. Et pourtant, le récit insiste : c’est un voleur, qui ne mérite aucune confiance.

    Une opposition très forte se dessine : si Marie incarne ici l’amour de Jésus, Judas, pour sa part, incarne l’amour de l’argent.

    Deux autres personnages jouent un rôle important dans ce récit : Lazare et Jésus. Le début du récit précise que Jésus avait relevé Lazare d’entre les morts. Son retour à la vie est donc bien réel, et sans doute est-ce pour célébrer cet événement que les convives sont rassemblés.

    À ce sujet, n’oublions pas que le retour à la vie de Lazare n’a aucune commune mesure avec la Résurrection du Christ. Lazare devra mourir un jour, alors que Jésus entrera dans la vie de Dieu. Néanmoins, le fait d’avoir rappelé son ami d’entre les morts va conduire Jésus vers la sienne, car les grands prêtres et les pharisiens l’ont décidé ainsi (Jean 11,46-53). Et dans notre passage, ils programment également la mort de Lazare, « puisque c’était à cause de lui qu’un grand nombre de Juifs les quittaient et croyaient en Jésus » (Jean 12,11).

    Un détail établit symboliquement le contraste entre Lazare et Jésus : le cadavre du premier dégageait une odeur putride, tandis que « Jésus, oint par Marie, diffuse une bonne odeur, une odeur de vie » (Jean Zumstein). Et l’auteur de cette belle formule donne une précision utile : « Ce rite d’ensevelissement anticipé ne vise pourtant pas à masquer l’odeur envahissante de la mort, mais à signaler que cette mort, désormais inéluctable, a une bonne odeur de vie ».

    2018-04-01-Marie-et-Jésus.jpgLe récit de Jean insiste sur l’inattendu. Le geste de Marie est inimaginable, inconvenant, hors de propos. Et pourtant c’est ce geste qui permet à Jésus d’attirer l’attention sur l’enjeu véritable : sa mort imminente. Ce qui paraissait hors de propos se révèle en fait au centre de la réalité vécue. L’excès, l’extravagance attire une réprobation immédiate, mais finalement injustifiée. Jésus accepte l’inimaginable et lui donne sens. La semaine qu’il doit vivre est aussi marquée par un excès – celui du mal qui veut sa mort. Judas n’apprécie pas la bonne odeur, l’odeur de vie. Les grands prêtres non plus.

    L’inattendu de Dieu avait déjà surpris Marthe, la sœur de Marie, au chapitre précédent. Un Jésus qui tarde, un Jésus absent. Lazare a le temps de mourir. Quand Marthe rencontre Jésus, elle est tournée vers le passé : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Alors Jésus évoque le retour à la vie de Lazare. Du coup, Marthe se tourne avec dépit vers ce lointain avenir (celui de la résurrection, au dernier jour). Avec dépit, car c’est une réalité lointaine. Et sa peine est immense, elle a envahi tout son présent. Jésus va donc recentrer son attention sur le présent : « C’est moi qui suis la résurrection et la vie. » Alors c’est la foi de Marthe qui ressuscite, qui reprend vie. Même si une résurrection qui se décline dans le présent dépasse l’imagination.

    « Quand le Christ s’établit au cœur même d’une situation, il amène avec lui la Puissance de la Résurrection. Dans son essence même, la résurrection est inattendue, imprévisible, surprenante. Nous ne sommes pas maîtres de la forme qu’elle prendra, ni du temps où elle se manifestera. Il arrive que nous ne la reconnaissions pas parce que nous attendions autre chose, et nous continuons à attendre, alors qu’elle est déjà là. Il s’agit ici de la résurrection dans notre quotidien » (Simone Pacot).

    Marthe est saisie par une parole incroyable, tout comme sa sœur Marie accomplira un geste inimaginable. C’est ainsi que se présente l’inattendu de Dieu.

    Yvan Bourquin
    Prédicateur laïc dans l’Église protestante du canton de Vaud (Suisse)

  • Carême 2018, Vendredi-Saint, le 30 mars

    Pour ce Carême 2018, ce sont des sœurs et des frères des Églises issues de la Réforme qui nous accompagnent.
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    Ombre et lumière dans la solitude du désert

    Moïse dit à l’Éternel : « Si tu ne marches pas en personne avec nous, ne nous fais pas partir d’ici ! » Il répondit : « Ce que tu viens de dire, je le ferai car tu as rencontré ma faveur et je te connais intimement. » Il dit : « Fais-moi donc voir ta gloire ! » Il répondit : « Je ferai passer toute ma bonté devant toi (…).
    Exode 33, 15.17-19

    Lorsque Judas fut sorti, Jésus dit: « Maintenant, le Fils de l'homme a été glorifié, et Dieu a été glorifié en lui. Si Dieu a été glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même, et il le glorifiera bientôt. »
    Jean 13, 31-32

    2018-03-30-Emerveillement.jpgNous sommes en plein désert, après le drame du Veau d’Or, un lieu plus que jamais caractérisé par la solitude sur fond de multiples abandons ou sentiments d’abandon. L’abandon d’un Dieu libérateur par son peuple a entraîné l’abandon de ce peuple par son Dieu. Tout cela parce que le peuple s’était cru lâché : son leader charismatique tardait à redescendre de la montagne où il bénéficiait d’entretiens intimes avec l’Éternel.

    Abandonné par son peuple, Dieu n’est pas lâché par Moïse, mais c’est uniquement parce que ce dernier cherche à le convaincre de revenir sur sa décision. Or malgré sa réponse favorable, une preuve de la bonne foi divine (si j’ose dire) est demandée : « Montre-moi ta Gloire ! » (pour que je sois sûr que tu m’as exaucé). Accordé. Et Moïse verra, lui dit l’Éternel, quelque chose qu’on peut traduire comme sa bonté, sa beauté ou sa splendeur. En hébreu, c’est le mot tov, que l’on trouve au début de la Genèse, quand il est dit que Dieu vit que ce qu’il avait créé était beau, ou bon. Ce mot désigne aussi des richesses, des biens matériels donnés en témoignage de bienveillance, ou de respect.

    Comment ne pas associer cette beauté divine à des cadeaux de la vie reçus en des circonstances très diverses : dans la nature, à l’occasion de telle ou telle manifestation artistique ? Et que dire du privilège de voir un visage illuminé, transfiguré par cette expérience ?

    La compréhension de la gloire divine a changé avec la venue de Jésus. Pour l’auteur de l’évangile de Jean, celles et ceux qui ont connu Jésus ont vu en lui, dans ses paroles et ses actes, dans le destin qu’il assume jusqu’à la mort sur la Croix et la Résurrection, une manifestation de la gloire du Père qui est amour et justice.

    Ce qui n’empêche pas que parfois, souvent, toujours peut-être, une voix en nous exprime un sentiment d’abandon dans ce monde qui nous apparaît être un lieu de laideur, d’horreur et de désolation. Or, ma conviction, c’est qu’il existe, également à l’intérieur de notre être, une autre voix, que l’on peut faire correspondre avec le personnage de Moïse. Laissons-lui une chance de répondre : J’entends tes plaintes, je comprends ta peur du vide : nous sommes des vivants, marqués par la finitude, par notre condition mortelle, par le mal et l’injustice. Malgré tout, je peux témoigner que Celui qui nous donne la vie laisse des traces de sa beauté et de sa bonté partout. Autour de nous et en nous. Ton désir de le connaître, le souvenir ou la nostalgie des moments de grâce, la souffrance de ce qui t’apparaît comme une absence, c’est aussi une marque de Lui en toi.
    Amen

    Jean-Paul Guisan
    Prédication donnée initialement au temple de Champel à Genève le 11 mars 2018 (adaptation)

  • Pause prière - pause regard du 29 mars 2018

    La prière est une magnifique respiration…
    Celle d’un cœur qui aime.

    Au cours d’un repas, alors que déjà le diable avait jeté au cœur de Judas Iscariote, fils de Simon, la pensée de le livrer, sachant que le Père a remis toutes choses entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il va vers Dieu, Jésus se lève de table, dépose son vêtement et prend un linge dont il se ceint. Il verse ensuite de l’eau dans un bassin et commence à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge dont il était ceint.
    Jean 13, 2-5

    Les frères et sœurs de la Communion Béthanie
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    2018-03-29-lavement-des-pieds.jpgCe soir-là,
    quand le Christ brise le pain,
    verse le vin et se met à genoux
    pour laver les pieds des apôtres,
    il accomplit des gestes prophétiques :
    il ouvre sur une réalité nouvelle,
    il livre le sens de sa vie
    et il la mène jusqu'au bout de la fidélité.

    Il se met à genoux
    afin d'inverser les fondements
    et l'ordre du monde.
    Il donne sa vie
    pour que la Bonne Nouvelle annoncée depuis le commencement,
    continue de résonner dans le cœur des hommes.

    Cette Bonne Nouvelle dit :
    que Dieu ne contrôle pas les hommes,
    mais leur ouvre les bras,
    comme un Père et une Mère,
    que les choses importantes
    se passent dans le secret,
    à l'intérieur, que l'homme
    est plus important que la Loi,
    qu'aucune Loi ne mérite
    qu'on sacrifie un homme,
    que le pardon finit par vaincre toute violence,
    que la miséricorde est la clé du bonheur,
    que la douceur est une béatitude,
    qu'aucun péché ne souille définitivement,
    qu'aucune exclusion n'est justifiée,
    que la grandeur consiste à se courber
    pour être à la hauteur des plus petits,
    que le service est l'unique façon
    d'être grand devant Dieu,
    que Dieu ne demeure
    dans aucune église ni cathédrale
    mais qu'il marche sur la terre des hommes,
    qu'il n'y a pas de pain ni de richesses
    qui ne doivent être partagés !

    Charles Singer


    2017-00-09-Nous-prions.jpgSeigneur, nous te louons pour les artisans de paix, de réconciliation, les femmes, les hommes qui travaillent pour plus de justice, les associations, les communautés qui favorisent le lien social, toutes les personnes qui vivent avec et auprès des plus pauvres, des plus fragiles, le mystère pascal qui brille là où les ténèbres semblent triompher.

    Seigneur, devant toi Mireille Knoll - victime de l'antisémitisme - sur son chemin d'éternité, le Colonel Arnaud Beltrame sur son chemin d'éternité, son épouse et sa famille, Jean Mazières, Christian Mevdes, Hervé Sosna, les victimes de la haine, de la violence partout dans notre monde, les proches, les familles en deuil, T., M., K., S., B., C., C., A., sœur N., sœur N., nos ami(es) du Liban, J., M., nos ami(es) du Canada, les communautés juives qui célèbrent Pessah, les communautés chrétiennes qui célèbrent les fêtes pascales.

  • Carême 2018, 6ème dimanche, 25 mars

    Pour ce Carême 2018, ce sont des sœurs et des frères des Églises issues de la Réforme qui nous accompagnent.
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    Un brin de fierté

    Lorsqu’ils approchent de Jérusalem, près de Bethphagé et de Béthanie, vers le mont des Oliviers, Jésus envoie deux de ses disciples et leur dit : « Allez au village qui est devant vous : dès que vous y entrerez, vous trouverez un ânon attaché que personne n’a encore monté. Détachez-le et amenez-le. Et si quelqu’un vous dit : “Pourquoi faites-vous cela ?” répondez : “Le Seigneur en a besoin et il le renvoie ici tout de suite.” » Ils sont partis et ont trouvé un ânon attaché dehors près d’une porte, dans la rue. Ils le détachent. Quelques-uns de ceux qui se trouvaient là leur dirent : « Qu’avez-vous à détacher cet ânon ? » Eux leur répondirent comme Jésus l’avait dit et on les laissa faire. Ils amènent l’ânon à Jésus ; ils mettent sur lui leurs vêtements et Jésus s’assit dessus. Beaucoup de gens étendirent leurs vêtements sur la route et d’autres des feuillages qu’ils coupaient dans la campagne. Ceux qui marchaient devant et ceux qui suivaient criaient : « Hosanna ! Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient ! Béni soit le règne qui vient, le règne de David notre père ! Hosanna au plus haut des cieux ! » Et il entra à Jérusalem dans le temple. Après avoir tout regardé autour de lui, comme c’était déjà le soir, il sortit pour se rendre à Béthanie avec les Douze.
    Marc 11, 1-11 (TOB)

    Le lendemain, la grande foule venue à la fête apprit que Jésus arrivait à Jérusalem ; ils prirent des branches de palmiers et sortirent à sa rencontre. Ils criaient : « Hosanna ! Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient, le roi d’Israël. » Trouvant un ânon, Jésus s’assit dessus selon qu’il est écrit : Ne crains pas, fille de Sion : voici ton roi qui vient, il est monté sur le petit d’une ânesse. Au premier moment, ses disciples ne comprirent pas ce qui arrivait, mais lorsque Jésus eut été glorifié, ils se souvinrent que cela avait été écrit à son sujet, et que c’était cela même qu’on avait fait pour lui. Cependant la foule de ceux qui étaient avec lui lorsqu’il avait appelé Lazare hors du tombeau et qu’il l’avait relevé d’entre les morts, lui rendait témoignage. C’était bien, en effet, parce qu’elle avait appris qu’il avait opéré ce signe qu’elle se portait à sa rencontre. Les Pharisiens se dirent alors les uns aux autres : « Vous le voyez, vous n’arriverez à rien : voilà que le monde se met à sa suite ! »
    Jean 12, 12-19


    2018-03-25-anon.jpgLes temps de la honte sont révolus, voilà me semble-t-il le grand enseignement de ce texte.

    Dans une perspective queer, nous ne devons pas seulement lire le texte en cherchant des excuses à ce que nous sommes. Tant que nous sommes dans un monde où dominent l’hétéropatriarcat, la misogynie, l’homophobie, la transphobie, nous, personnes LGBTQI et alliées, pouvons-nous considérer comme destinataires principales de ce texte et des bonnes nouvelles qu’il contient.

    Quelles bonnes nouvelles ?

    1ère bonne nouvelle : Jésus connaît notre chemin : signe que Dieu nous accompagne.
    « Vous trouverez… » « Si l’on vous dit… » prédit-il.
    Jésus sait combien la pression sociale vise à maintenir l’aliénation. Il n’y a qu’à voir l’ânon dont on dit qu’il est « attaché » / « dehors » / « dans la rue ». On pourrait penser que cet ânon n’a aucune importance. Pourtant, la réaction de l’extérieur est surprenante : « qu’avez-vous à détacher cet ânon ? » (sous-entendu : « cet ânon qui pourrait rester tranquillement là »).

    2ème bonne nouvelle : On peut décourager les Pharisiens à force de persévérance.
    Dans la traduction de Bayard, Jn 12, 19 est ainsi traduit : « vous voyez bien qu’on est perdants, ils s’en vont tous derrière lui ». La fierté des disciples désarme les Pharisiens.
    Cette persévérance doit être nourrie d’amitié comme Jésus qui après son entrée à Jérusalem va à l’écart, à Béthanie, chez ses amis Marthe, Marie et Lazare.

    3ème bonne nouvelle : Nous pouvons entrer dans la fierté révélée par Jésus.
    Les disciples entrent dans Jérusalem aussi. Ils sont fiers. Ils suivent Celui qui donne toute légitimité.
    Plus important encore, cette fierté n’est pas réservée aux Douze. On peut voir en Jn que tous les témoins de la sortie du tombeau (du placard ?) de Lazare savent quelle force de vie se dégage de Jésus.

    4ème bonne nouvelle… question : que devient l’ânon ?
    Jésus a volé l’ânon pour recevoir l’honneur qui lui était dû, et avec lui, dû à celles et ceux qui le suivent. C’est, je crois, un exemple d’auto-organisation pour nos mouvements qui balancent généralement entre deux options. Première option : la fin est dans les moyens. Deuxième option : la fin (recevoir ce qu’on mérite, la fierté) justifie les moyens (voler un âne).

    Jésus a choisi.

    Vous voyez bien qu’on est gagnantes, gagnants.
    Allons-nous-en toutes, tous derrière Jésus.

    Amen.

    François Thollon-Choquet
    Prédication donnée initialement au rendez-vous « Open Kulte » du 18 mars 2018 à Bruxelles.

  • Attentat à Trèbes dans l'Aude du 23 mars 2018

    « Le désarmement extérieur passe par le désarmement intérieur. Le seul vrai garant de la paix est en soi »
    Sa Sainteté le Dalaï Lama

     

    2018-03-23-Croix.jpgNotre prière se fait toute proche des victimes, des familles, des proches de l'attentat qui vient de survenir à Trèbes dans l'Aude.

    Notre Communion Béthanie réaffirme son désir de travailler à la paix sociale dans notre pays, la France et bien au-delà.

    Ce matin, Quentin, un lycéen, me disait croire au dialogue du cœur, à la non-violence comme force intérieure.
    Avec lui, avec vous, je fais mienne cette parole du pasteur Martin Luther-King dont nous célébrons cette année le 50ème anniversaire de la mort.
    « La non-violence est la réponse aux cruciales questions politiques et morales de notre temps »

    En entrant dans la grande et Sainte Semaine, accueillons ensemble, la paix de Jésus le Christ.

    « Heureux les artisans de paix... »
    Matthieu 5, 9

    Jean-Michel+, frère prieur de la Communion Béthanie